Écrire ce blogue chaque fin de semaine est vraiment cathartique pour moi, et j’adore le faire, mais cela comporte aussi son lot de défis.
Le billet de la semaine dernière s’est terminé un peu trop abruptement à mon goût : j’essayais de compléter mon propos voulant que le consensus soit impossible sans consentement, mais je me suis rendu compte que je laissais trop de choses importantes de côté.
Être mon propre rédacteur et éditeur a toutefois ses avantages, et ajouter simplement une « partie 2 de 2 » est une solution facile.
Nous nous étions arrêtés sur le fait qu’obtenir le consentement nécessaire au consensus familial peut être délicat et long, mais si ce sujet vous intéresse le moindrement, vous le savez probablement déjà.
Cette semaine, je veux ajouter trois aspects clés aux idées déjà avancées. Les voici : offrir un choix éclairé, Nous > Moi, et le progrès > la perfection.
Un choix éclairé
Si je vous demande votre consentement pour faire quelque chose de mineur, et que vous me faites déjà confiance en raison d’une expérience ou d’une interaction commune antérieure, il y a de bonnes chances que vous acceptiez rapidement.
Si l’on passe de quelque chose de mineur à quelque chose de majeur, il est plus probable que vous preniez votre temps avant de consentir.
Si l’on ajoute maintenant de la complexité à l’équation, votre hésitation augmentera sûrement encore davantage.
Comme je l’écrivais en 2014 dans « L’importance d’offrir un choix éclairé », très souvent les familles demandent à leurs avocats de rédiger de volumineux documents pour officialiser les structures familiales, mais les familles ne les signent jamais. La raison la plus souvent invoquée est le désaccord, mais celui-ci masque habituellement un manque de véritable compréhension.
Si vous voulez que je signe une entente, vous avez intérêt à vous assurer que je suis à l’aise de le faire, et cela signifie, d’abord et avant tout, que je comprends réellement ce à quoi je consens.
Si je ne me sens pas informé ou si j’ai l’impression de ne pas avoir eu le choix, ma réticence montera en flèche.
Nous > Moi
Nous entrons maintenant dans un tout autre domaine, mais tout un morceau malgré tout.
Comme je l’ai expliqué l’an dernier dans « Une planification réussie : qui devrait y participer? », il est important que toutes les parties prenantes aient leur mot à dire.
Idéalement, la famille détermine ce qu’ELLE veut (eux, au pluriel!), puis « une fois qu’ils savent ce qu’ils veulent accomplir, ils font ENSUITE appel aux conseillers pour peaufiner les détails de la FAÇON dont ils vont le mettre par écrit.
À un moment donné, tout le monde doit se rendre compte qu’il n’y a pas de « moi, je » dans la continuité familiale : tout est une question de nous.
Si vous ne surmontez pas celle-là, eh bien, bonne chance pour bâtir un consensus.
Le progrès > la perfection
Ce point est étroitement lié à la conclusion du texte de la semaine dernière, en ce sens que toutes les questions liées à la construction d’un consensus pour une continuité familiale intergénérationnelle durable exigent de la patience, des attentes réalistes et du temps.
Tant que c’est davantage « deux pas en avant, un pas en arrière » que « un pas en avant, deux pas en arrière », considérez que c’est du progrès. Si vous vous attendez à la perfection ET à ce que ce soit fait rapidement, vous vous préparez à être déçu.
Ce n’est pas parce que vos conseillers sont mauvais ou qu’ils ne font pas assez d’efforts : ces questions sont complexes ET importantes, et nous traitons de sujets chargés d’émotion.
Maintenant, si vous avez l’impression d’être bloqué, il est grand temps de faire appel à quelqu’un de l’extérieur pour apporter une certaine perspective et un point de vue impartial, ou pour relancer les choses.
L’automne dernier, comme je l’écrivais dans « Compréhension ET accord », il faut que tout le monde comprenne les choses ET y consente. Si l’un ou l’autre manque, il y aura un problème.
Récapitulation
Obtenir un consensus n’est pas facile et cela prend du temps. Les gens doivent être pleinement informés de ce qui est en jeu pour eux, et il doit y avoir une compréhension générale que le NOUS de la famille est plus important que l’intérêt de n’importe quelle personne.
Enfin, si vous espérez tout boucler rapidement, vous vous faites sûrement des illusions. Ce n’est pas un processus simple, ça ne l’est jamais. Mais vous pouvez y arriver, et cela en vaut la peine au bout du compte.

