Le succès de toute entreprise familiale multigénérationnelle est habituellement directement lié à la qualité des relations qui existent entre les membres des différentes générations engagées dans l’entreprise à un moment donné.
À mesure que ces relations se transmettent de la génération fondatrice à la G2, puis de la G2 à la G3 et ainsi de suite au fil des décennies, la société continue d’évoluer, avec des normes différentes qui changent avec le temps en « arrière-plan ».
Ce préambule de mise en contexte étant fait, je veux parler de la façon dont l’évolution de la société a modifié la manière dont les membres d’une famille interagissent aujourd’hui, comparativement aux normes qui existaient dans un passé pas si lointain.
John A. Davis comme source d’inspiration, encore une fois
L’idée de ce billet vient d’une série de publications sur LinkedIn sur lesquelles je suis tombé récemment, signées nul autre que le professeur John A. Davis, maintenant au MIT.
Pour ceux qui découvrent le domaine de l’entreprise familiale, permettez-moi de vous présenter l’un de nos plus grands penseurs, depuis qu’il a cocréé le modèle des trois cercles il y a plus de 40 ans.
Sa récente série, intitulée « Leading the Family Business System : It Takes a Village » pourrait bien devenir un autre classique, et je suggère aux étudiants et aux praticiens sérieux du domaine de consulter les quatre parties de la série.
Ce billet portera sur une seule citation tirée de la série qui a attiré mon attention, pour des raisons que nous allons voir.
« Inspiré d’une histoire vraie »
Davis cite un dirigeant de « G4 » d’une entreprise familiale bien connue :
« Avant, je demandais à mon père la permission de lui poser une question.
Maintenant, je demande à mes enfants la permission de leur donner des conseils. »
L’une des premières choses qui m’ont frappé en lisant ces lignes, c’est : « Hmmm, ça me ressemble! »
Alors, qu’est-ce qui explique cela? Est-ce une prise de conscience sociétale, des parents qui s’en remettent trop à leurs enfants, un « progrès » à mesure qu’une famille s’habitue à la richesse, ou simplement une coïncidence?
Ou une combinaison de tout cela?
Je ne peux pas l’affirmer avec certitude; je laisserai donc les lecteurs réfléchir à leur propre version de cette situation, et je passerai à une discussion connexe.
Les avantages de la courtoisie et de la politesse
J’aime la courtoisie et la politesse autant que n’importe qui, et en tant que Canadien, j’ai l’impression que ça fait partie de mon ADN.
Je sais aussi avec certitude que lorsque vous voulez quelque chose de quelqu’un, vos chances de l’obtenir sont habituellement beaucoup plus élevées quand vous le demandez que lorsque vous dites simplement aux gens de faire quelque chose.
En a-t-il toujours été ainsi? Je ne saurais le dire avec certitude, et cela varie sûrement d’une culture à l’autre, surtout quand on parle de situations entre parents et enfants.
De façon générale, toutefois, je dirais que la citation du texte de Davis ci-dessus ne me surprend pas tellement, compte tenu de là où nous en sommes rendus comme culture.
Et les inconvénients?
Tout progrès dans la société s’accompagne souvent de conséquences imprévues.
Une famille avec laquelle je travaille est en train de découvrir certains de ces éléments au moment où j’écris ces lignes.
Disons simplement que lorsque les parents font extrêmement attention de ne mettre aucune pression sur leurs enfants pour qu’ils se joignent à l’entreprise familiale ou qu’ils revendiquent des rôles de direction importants au sein de l’entreprise, ils peuvent parfois finir par déplorer que ces mêmes enfants ne semblent pas intéressés.
La conséquence imprévue peut aussi être que les enfants ne se rendent pas compte à quel point les parents aimeraient en fait que davantage de membres de la famille soient engagés aux échelons clés de l’entreprise afin d’en assurer la continuité.
Il y a plus d’une « demande »
En rédigeant ce texte, ma réflexion a en fait évolué et s’est précisée. Franchement, c’est l’une des raisons pour lesquelles j’écris mon blogue chaque semaine : ça m’oblige à réfléchir. Toutes les personnes qui le lisent et le partagent ensuite, c’est un simple bonus, mais je m’égare.
Alors oui, demander la permission, c’est bien, ça fonctionne dans les deux sens (entre parents et enfants, dans un sens comme dans l’autre) et c’est certainement mieux que de simplement donner des ordres.
Mais il est tout aussi important de demander ce que vous voulez voir se produire.
Si cela se fait sous forme de demande plutôt que d’ordre, la ou les personnes comprendront au moins ce que vous aimeriez.
Lorsque cela mène à une discussion sur ce que chaque partie veut, la clarté qui en découle profitera à tout le monde.
https://cfeg.com/insights_research/leading-the-family-business-system-part-1/
