Qui peut travailler dans l’entreprise, et quand
Il y a un certain nombre de sujets qui reviennent sans cesse dans le merveilleux monde de l’entreprise familiale, et j’ai parfois l’impression d’avoir déjà écrit ici sur la plupart d’entre eux.
Quand même, lorsqu’un concours de circonstances sur une courte période remet l’un d’eux sur le radar de mon blogue, j’aime y revenir.
C’est le cas cette semaine, puisque le sujet des règles pour travailler dans une entreprise familiale est revenu à quelques reprises, de différentes directions, dans mes échanges des dernières semaines.
Alors jetons un regard neuf sur le sujet des « règles d’engagement » dans l’entreprise familiale.
Commençons par un retour en arrière
Ce n’est pas comme si j’avais écrit là-dessus récemment non plus. À l’été 2018, j’ai écrit Forced into the FamBiz, qui portait sur le fait que je crois qu’il est logique de « forcer » ses enfants à travailler dans l’entreprise familiale quand ils sont jeunes, comme emploi d’été ou à temps partiel.
J’y affirme aussi clairement que je suis partisan d’établir une règle selon laquelle les familles ne devraient pas embaucher leurs enfants pour des postes à temps plein dans l’entreprise tant qu’ils n’ont pas réussi à obtenir et à conserver un emploi semblable ailleurs, pendant un certain nombre d’années.
C’était une idée dont mon père avait entendu parler, mais dont il avait décidé unilatéralement qu’elle ne s’appliquait pas à sa famille (et donc à moi).
J’ai raconté cette histoire à maintes reprises depuis que j’ai commencé à travailler avec d’autres familles en affaires.
J’étais étudiant au baccalauréat en administration à McGill, et mon père m’a raconté qu’il avait écouté des consultants expliquer pourquoi il y avait de nombreuses raisons d’interdire l’embauche de membres de la famille tant qu’ils n’avaient pas démontré leur capacité à décrocher un emploi par eux-mêmes, sans se servir de leur nom de famille comme levier.
« Mais on ne fera pas ça »
Après que je l’ai regardé avec un peu d’espoir dans les yeux (c’est du moins comme ça que je m’en souviens), il a déclaré : « Mais on ne fera pas ça ».
Ne pas avoir eu à vivre avec une telle règle est aujourd’hui l’une des principales raisons pour lesquelles je la préconise maintenant.
Mais passons aux occasions où le sujet est revenu récemment. La première a été lors d’un webinaire de FEX où des dirigeants d’entreprises familiales racontaient comment ils avaient traversé le pire de la pandémie.
Une dirigeante d’entreprise de l’Ouest canadien a raconté que son fils s’était joint récemment à leur entreprise, et que cela allait à l’encontre de la règle familiale qui interdisait aux membres de la famille d’entrer dans l’entreprise avant d’avoir travaillé ailleurs pendant 10 ans. (10 ans, cela semble excessif, mais enfin, c’était leur règle.)
Il s’est avéré que tous les services de l’entreprise se battaient maintenant pour l’avoir dans leur équipe, signe qu’il avait fait ses preuves malgré la période raccourcie pendant laquelle il avait travaillé ailleurs.
Family Business Collaboration
Je me suis récemment joint à un groupe naissant qui réunit des membres d’entreprises familiales et des consultants qui travaillent avec elles. Family Business Collaboration
Lors d’un appel Zoom récent, quelqu’un a mentionné que son entreprise familiale avait une règle exigeant de travailler ailleurs pendant 3 ans.
J’ai demandé depuis combien de temps cette règle existait dans son entreprise de troisième génération, et j’ai trouvé sa réponse intéressante.
Il a fait remarquer qu’il était la première personne à être « le bénéficiaire de cette règle », puisque son grand-père ne l’avait pas appliquée à son père à l’époque.
N’est-il pas intéressant qu’un père qui n’a pas eu à vivre avec une règle ait fini par la mettre en place, et que son fils, qui y était assujetti, ait constaté qu’il en était le bénéficiaire? Je comprends.
Une vidéo sur les « leçons apprises »
Alors, quand une collègue et amie respectée (et mentore) m’a demandé si je pouvais lui transmettre une courte vidéo de moi pour une conférence sur l’entreprise familiale qu’elle donnera bientôt, tout cela m’a été bien utile.
Elle demande maintenant à plusieurs personnes actives dans le milieu de l’entreprise familiale quelles sont les leçons qu’elles ont apprises en cours de route.
Seriez-vous le moindrement surpris d’apprendre que la leçon que j’ai partagée portait entièrement sur l’idée qu’il y a de nombreuses raisons pour lesquelles exiger que les jeunes adultes travaillent ailleurs avant de se joindre à l’entreprise de leur famille est très logique, et que j’aurais aimé que mon père instaure une telle règle?
J’espère que non.
J’ai peu de « règles strictes », voire aucune, que je recommande à mes clients familiaux, mais si j’en avais une, ce serait celle-là.
