La famille et l’argent avec Steve Legler, guide en héritage familial
Tout parent s’efforce d’inculquer à ses enfants les bonnes valeurs à l’égard de l’argent pour qu’ils deviennent des personnes responsables et soient en mesure d’assurer leur avenir.
Mais comment commencer à avoir ces conversations avec vos enfants? Comment les garder les pieds sur terre quand ils ont grandi dans l’aisance? Quand devriez-vous commencer à leur parler de la transition de votre patrimoine?
Que vous soyez propriétaire d’entreprise, professionnel ou cadre, le meilleur moment pour commencer à planifier en fonction de votre famille et de votre patrimoine, c’est maintenant. L’auteur Steve Legler se joint à nous pour partager son expertise sur la dynamique familiale, le patrimoine et les transitions intergénérationnelles réussies.
Steve Legler est un guide et conseiller en héritage familial qui aide les familles à transformer leurs rêves en un plan réalisable, en utilisant une méthode étape par étape pour que tout le monde soit sur la même longueur d’onde et pour que la transition du patrimoine se déroule harmonieusement et que l’héritage se perpétue.
Sujets clés
Sujets clés :
- Présentation de Steve Legler (1:01)
- Pourquoi nous avons créé cet épisode pour les investisseurs canadiens (2:13)
- Comment Steve aide les familles en tant que guide en héritage familial (5:45)
- Le parcours de Steve dans l’entreprise familiale (6:53)
- Comment fonctionne un bureau familial (family office) (8:59)
- Préparer un groupe familial de la relève à reprendre une entreprise familiale (11:43)
- Ce que Steve pense de la série Succession (14:13)
- Travailler avec un groupe familial de la relève pour liquider une entreprise familiale (16:09)
- Comment Steve a réalisé qu’il voulait travailler avec des familles en affaires (18:46)
- Comment Steve a complété ses compétences de conseiller en entreprise familiale (20:48)
- La valeur de l’expérience personnelle (22:41)
- Comment envisager l’éducation financière de vos enfants (25:12)
- Faire de l’argent un sujet de conversation acceptable (26:49)
- Inculquer de bonnes valeurs financières à vos enfants (28:00)
- Laisser à vos enfants autant d’argent qu’ils peuvent en gérer (31:09)
- Le problème de retenir le patrimoine (32:14)
- Les discussions à long terme sur la transition du patrimoine (35:29)
- Quand parler de votre testament à vos enfants (37:38)
- Pourquoi l’égalité n’est pas toujours la meilleure façon de partager votre patrimoine (39:19)
- Pourquoi une communication claire est essentielle (40:14)
- Comment planifier une réunion de famille (42:38)
- Les éléments essentiels des discussions sur la transition intergénérationnelle du patrimoine (45:43)
- Ce qu’il faut considérer en choisissant vos liquidateurs testamentaires (48:29)
- La clé d’une bonne gouvernance familiale (50:46)
- Bâtir votre héritage (52:34)
- Pourquoi le respect est au cœur d’une transition du patrimoine réussie (54:36)
Transcription
0:04
Bienvenue au balado Empowered investor. Vous êtes-vous déjà senti dépassé par le nombre de choix et de voix qui vous disent comment planifier ou investir pour votre avenir? Avec une approche simple et directe, l’animateur Keith Matthews, de Matthews and Associates, fait le tri dans tout ce bruit pour vous aider à créer un plan d’action gagnant pour vous et votre famille. Le cadre décisionnel présenté dans cette émission transformera votre expérience de l’investissement et augmentera vos chances d’atteindre la sécurité financière. Apprenez-en plus et abonnez-vous dès aujourd’hui à TMA dash invest.com.
0:38
Bienvenue à Empowered investor. Je m’appelle Keith Matthews et je suis accompagné de mon coanimateur Ruben Antoine. Ruben, comment allez-vous aujourd’hui?
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Très bien. Et vous, Keith?
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Fantastique, et très enthousiaste à propos de l’émission d’aujourd’hui. Nous recevons Steve Legler. Ruben, parlez-nous de Steve. Oui,
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certainement. Steve Legler est un coach et conseiller familial. Quand on pense à un conseiller, on pense à quelqu’un qu’on embauche pour s’occuper de nos actifs financiers, de notre portefeuille, si on a une entreprise, ou pour conseiller l’entreprise sur les économies d’impôt. Steve ne fait pas, ne fait pas ça, même s’il le pourrait. Il a une formation technique qui lui permet de s’y retrouver dans ces questions. Il se concentre surtout sur le volet familial. Donc Steve aide les familles ayant un certain niveau de patrimoine à travailler, vous savez, sur la résolution de conflits, sur le côté humain. Des choses, les relations et tout ça, pour que la transition du patrimoine se déroule harmonieusement et que l’héritage se perpétue.
1:36
Vous avez tout à fait raison. Steve travaille sur le côté humain. Il travaille sur les relations familiales et, historiquement, il a travaillé avec des familles qui possédaient des entreprises, de grandes entreprises prospères, et qui cherchaient à faire la transition vers la génération suivante. Et ce qu’il a acquis dans ce domaine, c’est cette capacité à comprendre comment les familles pensent, comment les familles fonctionnent, la dynamique qui entoure tout ça, et donc ce que nous lui avons demandé de faire aujourd’hui, c’est de vraiment se concentrer sur quelques sections clés qui, selon nous, plairaient beaucoup à nos auditeurs. Et donc deux éléments clés, Ruben, dont nous l’avons fait parler, et j’ai adoré, c’était comment parler d’argent à vos enfants. C’était définitivement un des sujets. Quand commence-t-on à parler d’argent? C’était un excellent sujet. Et puis l’autre partie, c’était quand commencer à parler de la transition de votre patrimoine, que vous soyez propriétaire d’entreprise, professionnel ou cadre, un Canadien travaillant qui a épargné. Quand commence-t-on à parler de transition? Alors j’ai trouvé que ces deux sujets étaient vraiment très humains, très, très chaleureux et très à propos pour nos auditeurs
2:39
Exactement. Et c’est ce que j’ai trouvé très intéressant aussi, parce qu’avec cette conversation, tout le monde peut s’y reconnaître, parce que tous les parents, peu importe leur niveau de patrimoine, se demandent comment transmettre les bonnes valeurs, de façon générale sur la vie, mais aussi sur l’argent, à leurs enfants. Vous savez, comment s’assurer d’élever un ou des enfants qui deviendront des personnes responsables et travaillantes et qui seront capables de bâtir leur propre avenir, leur propre patrimoine; donc la conversation s’applique à n’importe quelle famille et à toutes les familles.
3:12
Tout à fait, Ruben. Steve est aussi un expert et l’auteur de deux livres. Le premier livre qu’il a écrit s’appelle Shift your Family Business. Et le deuxième livre qu’il a écrit est Interdependent Wealth. Et donc, de toute évidence, il est passionné par ce domaine et nous sommes ravis de le recevoir.
3:31
Exactement. J’ai lu les deux livres et ils sont vraiment bons. Si quelqu’un est intéressé, on peut facilement les trouver sur Amazon, et quant à Steve lui-même, si les auditeurs veulent en savoir plus sur lui, on peut facilement le trouver en cherchant son nom, Steve Legler, dans Google. Il a aussi un blogue, Steve legler.com. Et bien sûr, on peut le trouver sur LinkedIn et aussi sur Twitter.
3:53
Excellent, Ruben. J’ai hâte à notre discussion. Chers auditeurs, profitez bien de l’émission d’aujourd’hui sur la famille, le patrimoine et la joie. Bienvenue à Empowered investor, Steve.
4:06
Merci de me recevoir, Keith. Content de te revoir. Ruben aussi.
4:10
Ravi de vous avoir.
4:11
C’est incroyable. Steve, toi et moi, on se connaît depuis 30 ans, quand on a fait notre MBA ensemble à Western; qui aurait cru, à l’époque, qu’en 2021 on ferait un balado ensemble?
4:23
Eh bien, on ne savait pas ce qu’était un balado parce que ça n’existait pas, mais je me souviens d’avoir bien ri à ton appartement que tu partageais avec un de nos amis qui était dans le même groupe d’étude que moi, et c’est pour ça qu’on passait beaucoup de temps ensemble même si on n’était pas dans la même classe. Et c’est là que j’ai appris à te connaître, même si je te connaissais déjà avant, je pense, de John Abbott et peut-être quand tu travaillais dans un dépanneur et que tu vendais de la bière à des gens comme moi qui n’avaient peut-être pas tout à fait l’âge d’en acheter, mais c’était il y a cinq ans, alors on va dire que le passé est le passé.
4:57
Tout un souvenir. Ce dépanneur s’appelait Apollo.
5:00
Oui, Apollo shop, juste à côté de la Banque Royale. Oui, oui, excellente mémoire.
5:05
Alors écoute, Steve, on a une émission formidable aujourd’hui. Pourquoi ne pas commencer par te demander d’expliquer à notre auditoire exactement ce que tu fais?
5:14
D’accord, pas de problème. Ma réponse n’est pas aussi simple que ce que la plupart des gens répondraient, parce que je travaille dans une niche d’une niche. Je travaille avec des familles en affaires, des entreprises familiales et des familles fortunées. Et j’ai varié mon titre au fil des ans, de consultant en entreprise familiale à coach en héritage familial, et maintenant je me présente comme guide en héritage familial. Parce que j’aime travailler avec les familles et les membres des familles, et parfois c’est avec une seule personne et parfois avec toute la famille, mais dans la transition de leur patrimoine ou de leur entreprise (ou des deux) d’une génération à la suivante. Ce que ça implique, c’est beaucoup de facilitation. Beaucoup de coaching, beaucoup d’aide pour organiser des réunions et pour définir ce qu’on appelle leur gouvernance familiale, qui est un terme vraiment effrayant pour bien des familles, mais on verra un peu plus tard pourquoi ce n’est pas vraiment si effrayant.
6:14
Alors Steve, pourquoi faites-vous ça? Pouvez-vous nous parler un peu du parcours personnel qui vous a amené à devenir conseiller familial ou guide familial?
6:24
Oui, écoutez, si vous m’aviez demandé il y a 10 ans si je ferais ça, je n’aurais même pas su que ça existait. Alors j’ai grandi dans une entreprise familiale, et mon père avait fondé une entreprise avant ma naissance. J’ai deux sœurs aînées. Et donc, parce que j’étais un garçon, que c’était dans les années 1960 et que l’entreprise était dans le secteur de la fabrication de structures d’acier, on considérait que j’étais le successeur tout désigné, et dès mon plus jeune âge, le message que j’ai reçu, c’était que mon devoir était de succéder à mon père dans l’entreprise qu’il avait fondée. Et donc tout ce que j’ai fait pendant mes années de jeunesse me préparait à ça, et j’ai effectivement commencé à travailler pour l’entreprise familiale, qui s’appelait try steel, ici à Montréal, et j’ai obtenu mon B. Comm. à McGill. Parce que, bien sûr, quand on va se lancer en affaires, il faut étudier en administration. Je suis entré directement dans l’entreprise, ce que je ne recommande pas aujourd’hui comme consultant auprès des entreprises familiales : on n’est pas censé embaucher ses enfants dès leur sortie de l’école, il faut leur faire trouver un emploi ailleurs, mais on avait jugé que ce n’était pas la meilleure chose pour nous. Mon père savait que les gens disaient ça, mais il a dit : « On ne fera pas ça. » Alors je suis allé travailler directement dans l’entreprise, puis je suis allé faire mon MBA après trois ans, où j’ai rencontré Keith et passé du temps avec lui, et je suis revenu pour me préparer éventuellement à prendre la relève de l’entreprise quand j’avais 26 ans. Et lors de ma première journée de retour, mon père m’a appelé dans son bureau et m’a dit : « Tu sais, tu as été absent deux ou trois ans, les choses ont mal tourné. On va devoir faire quelque chose, on va devoir fusionner, fermer, vendre, peu importe. » Pour faire une histoire courte, six mois plus tard, nous étions passés de 250 employés à quatre. Wow. Deux d’entre nous s’appelaient Steve Legler, et j’avais « junior » après mon nom; mon père avait une ferme qu’il avait achetée pour le plaisir. Il est allé y passer son temps, et je suis resté seul. C’était en 1991. Je gérais maintenant un tout petit bureau familial (family office), mais c’était en 1991, personne ne savait ce qu’était un bureau familial à l’époque, la plupart des gens ne savent toujours pas ce que c’est aujourd’hui, mais je gérais les actifs de notre famille.
8:24
Alors parlez-m’en un peu. Qu’est-ce que ça veut dire, un bureau familial? Steve, quelle est votre définition? Et en quoi est-ce que ça consistait exactement?
8:30
Eh bien, ça veut essentiellement dire que je suis maintenant responsable d’un ensemble d’actifs que possède la famille. Et donc j’assure la gérance et la gestion de ces actifs. Nous avions de l’argent provenant de la vente de nos activités. Nous avions des biens immobiliers que nous devions louer et essayer de vendre. Nous avions des produits brevetés dont nous concédions les licences à d’autres pour qu’ils fabriquent des produits. Alors je gérais ces différentes choses. Ce sont les actifs que possède la famille, et je les gère à partir de ce bureau. Ce que veut dire un bureau familial pour d’autres entreprises : si une grande entreprise est vendue pour 50 millions de dollars et que la famille n’a plus d’entreprise en exploitation, elle va généralement se rendre compte que ce qu’elle possède vaut quand même la peine d’être géré de façon organisée, comme un nouveau type d’entreprise qui gère surtout des placements, mais qui va aussi gérer des choses pour les membres de la famille, peut-être s’occuper de payer leurs impôts sur le revenu, s’occuper de gérer leur personnel de maison, s’occuper de toutes sortes de choses, et chaque bureau familial est différent. Et c’est un terme accrocheur que tout le monde commence à dire : « Oh oui, c’est cool, on va être un bureau familial. » Et la plupart des gens qui aiment accoler cette étiquette à leur nom sont dans la gestion d’actifs financiers, et ils pensent que ça va les aider à attirer des familles qui ont beaucoup de patrimoine. Et là où j’interviens, c’est : eh bien, oui, vous gérez le patrimoine financier en tant que gestionnaires d’actifs financiers, mais la famille a beaucoup d’autres formes de patrimoine, du capital humain, du capital intellectuel, et toutes les relations familiales. Et comment assurer la gérance de cette transition du patrimoine d’une génération à l’autre. Et c’est là que se trouve ma spécialité.
10:18
Donc c’est la niche à l’intérieur d’une niche dont vous parliez tout à l’heure.
10:22
Exactement. Et j’ai d’ailleurs entendu quelqu’un en parler il y a deux ou trois semaines lors d’un webinaire, quelqu’un qui dirige un grand bureau multifamilial à Toronto, et il a dit, j’adore l’analogie : c’est comme s’il y avait beaucoup de briques, l’argent, le patrimoine, ce sont toutes les briques, mais il faut le mortier pour faire tenir toutes les briques ensemble et faire un mur solide. Et donc je suis un spécialiste pour trouver le mortier et aider la famille à être celle qui construit réellement le mur, ensemble.
10:53
Très bonne analogie. Donc maintenant, vous travaillez comme guide, conseiller, médiateur et facilitateur pour des familles fortunées, des familles en affaires. Alors pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la façon dont vous aidez les familles fortunées dans la transition du patrimoine, en ce qui concerne le volet non financier de tout ce dont elles doivent se soucier?
11:14
Je vais vous donner deux ou trois exemples à des extrêmes différents. Donc, j’ai travaillé avec une famille des environs de Québec pendant environ quatre ans, où les parents m’avaient engagé essentiellement pour simplement coacher leurs quatre… Je ne dirai pas « enfants », parce que j’utilise le mot « descendants » : si vous appelez les gens des enfants quand ils ont 20 ans, vous continuez à les appeler des enfants quand ils en ont 50, et ça ne convient pas vraiment. Donc ils avaient quatre descendants, deux garçons et deux filles, et ils voulaient que je travaille avec ces quatre personnes. Et c’était très vague quant à ce qu’ils voulaient que je fasse, mais j’ai compris d’instinct que ce qu’ils essayaient de faire, c’était de s’assurer que ces quatre frères et sœurs sachent travailler ensemble, parce qu’éventuellement, dans quelques années, ces quatre frères et sœurs allaient hériter d’une bonne part de patrimoine qui était surtout une entreprise, plus d’autres choses. Et ils voulaient s’assurer que ces enfants apprennent par eux-mêmes, et j’ai dit « enfants », je me suis repris, seraient capables de travailler ensemble et de prendre des décisions ensemble, et que le patrimoine que possédait la famille ne finisse pas par causer des problèmes dans la famille. Et donc nous avons commencé simplement à tenir des réunions et à organiser des événements où j’aidais les quatre, les quatre frères et sœurs, à déterminer ce qu’ils voulaient faire en tant que famille. Nous avons commencé à travailler à définir leurs valeurs. Ils ont commencé à faire des retraites familiales avec leurs conjoints et leurs enfants, auxquelles ils invitaient leurs parents. Éventuellement, nous avons mis sur pied un conseil de famille plus formel où les quatre et leurs parents se réunissaient lors de réunions trimestrielles pour planifier les étapes à venir dans la transition. Et les parents étaient très heureux de voir leurs quatre descendants travailler tous ensemble en équipe et apprendre à bien s’entendre, partager les responsabilités et avoir une prise de décision, vous savez, démocratique, ce qui est la chose la plus difficile, parce que normalement une famille aura, disons, un patriarche qui prend toutes les décisions, puis ça passe à une autre génération où il y a un groupe de frères et sœurs. Donc on passe de l’autocratique au démocratique, et ce n’est pas toujours une transition évidente. Et il faut y travailler
13:30
Ça me fait penser à une émission de télé dont vous avez peut-être entendu parler, une très bonne émission de télé qui s’appelle Succession. Connaissez-vous cette émission? Elle est incroyable. C’est une très bonne émission, et c’est exactement ce dont vous parlez en ce moment.
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Vous savez, quand, quand cette émission est sortie, je savais de quoi elle parlait parce que, vous savez, j’en avais entendu parler, et je me suis dit, vous savez, je ne veux pas regarder ça. Parce que ça va être une très mauvaise représentation et ça va donner aux gens une fausse idée. Tout comme ma sœur, qui est médecin, disait qu’elle ne pouvait pas regarder ER (Urgences), parce qu’il y a tellement de choses qu’on y voit, et elle se disait : voilà, mais ce n’est pas réaliste. Mais ensuite j’ai commencé à la regarder, et c’est fantastique. Et c’est divertissant. Et j’ai hâte à la saison trois. Mais quand je dis aux gens qu’ils devraient la regarder, j’ajoute toujours une mise en garde : s’il vous plaît, ne regardez pas ça en pensant que c’est comme ça qu’il faut faire. En fait, c’est exactement le contraire.
14:23
Juste pour le bénéfice de l’auditoire : c’est une émission de télé sur une famille où le patriarche est le fondateur d’une entreprise. C’est un gros conglomérat médiatique, et le patriarche a eu des problèmes de santé. Et maintenant on voit toute la rivalité entre frères et sœurs, et qui va prendre la direction de l’entreprise, alors que le patriarche est encore dans le décor. Donc il y a de l’amour, mais il y a aussi beaucoup de chicane entre les enfants, et les enfants, je veux dire, les descendants
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et le père commet toutes les erreurs possibles, en termes de, vous savez, promettre la même chose à tous les différents enfants de différentes façons, pour qu’ils pensent tous qu’ils sont le préféré et qu’il veut qu’ils prennent la relève. Alors si jamais il arrivait quelque chose, s’il se faisait frapper par le proverbial camion de bière, ils vont tous dire : « Eh bien, papa voulait que ce soit moi qui prenne la relève », et vous pouvez deviner ce qui pourrait arriver ensuite.
15:18
On dirait que vous avez un excellent point de référence, Steve, pour parler à vos clients et leur dire : voici une émission que vous pourriez regarder, et il y a des choses à faire et à ne pas faire là-dedans.
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Eh bien, vous savez quand, et ça m’amène, donc j’avais annoncé que j’allais donner deux exemples aux extrêmes opposés. Le premier, c’était de travailler avec un groupe familial de la relève pour l’aider, le former et le préparer à prendre éventuellement les rênes de l’entreprise familiale. À l’autre extrême, je suis en pleine médiation avec quatre frères et sœurs d’une province à l’ouest d’ici, qui sont en train de liquider une entreprise que leur père a fondée, et il y a toutes sortes de choses épineuses là-dedans, toutes sortes de chicanes internes, de doigts pointés, de « il aurait dû faire ceci » et « il ne nous a pas dit cela ». Et j’essaie de faire la médiation entre eux, parce que je sais que si je ne réussis pas à les aider à arriver à quelque chose sur quoi ils peuvent s’entendre, au moins l’un d’eux va appeler un avocat, et ça va allumer une mèche qui va tout faire exploser et faire en sorte que tout prendra beaucoup plus de temps à régler. Et les avocats vont faire de l’argent, et les relations familiales qui restent vont simplement empirer. Ils croient donc que je suis celui qui peut les aider à régler ça, et on approche d’une échéance. Et c’est bien différent de travailler avec un groupe de la relève.
16:34
Oui, absolument. Et vous avez un ensemble de compétences très particulier, Steve, pour pouvoir avoir ces conversations, j’imagine, parfois assez difficiles avec des gens. Pouvez-vous nous parler un peu de votre formation et de votre parcours? Mais je veux commencer par ceci : vous travaillez surtout sur le côté humain des familles et le côté humain des entreprises, le travail d’équipe et la cohésion. Mais ce n’est pas comme ça que vous avez commencé, parce que vous avez d’abord eu une formation un peu plus technique, un baccalauréat en commerce et un MBA, et ensuite, qu’avez-vous fait après
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ça? Donc, après ça, pendant que je gérais ce qui était un bureau familial, j’ai fait mon titre de CFA, analyste financier agréé, et les gens pensaient que j’étais fou de faire ça simplement pour gérer ce qui était en réalité l’argent de ma propre famille. J’avais épousé une femme d’une autre famille en affaires, que j’avais rencontrée à l’école de commerce quand vous y étiez, et sa famille avait aussi eu un événement de liquidité, tout comme la mienne. Et je suppose que je pensais que j’aurais peut-être l’occasion de gérer une partie de ce patrimoine. Mais leur événement de liquidité remonte à 20 ans, et on ne m’a encore jamais demandé d’en gérer une partie. Alors je suppose que ça n’a pas marché. Mais une partie de la raison pour laquelle j’ai fait mon CFA, eh bien, je disais que je l’avais fait à des fins défensives, parce que quand on gère un patrimoine, tout le monde vous cherche. Et ils veulent se vendre en disant : « Hé, vous devriez me confier votre argent, je vais le gérer pour vous. » Et je savais que des gens pourraient venir me voir en me montrant leur carte professionnelle avec CFA dessus et me dire : « Regardez, je suis un gars brillant, je suis CFA, vous devriez me confier votre argent », et je voulais pouvoir dire : « Voici ma carte professionnelle. Je suis aussi CFA, alors je n’ai pas besoin d’écouter vos niaiseries. »
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Attention, Steve, attention.
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Je sais, je sais. J’ai donc géré du patrimoine pendant un certain temps. Puis je suis tombé par hasard sur un programme appelé Family Enterprise Advisor. C’était en 2012. J’étais sur LinkedIn et j’ai vu une annonce qui disait : « Devenez Family Enterprise Advisor. » Alors j’ai cliqué dessus. Et je me suis dit : je me demande bien ce que c’est. Et quelques mois plus tard, j’étais à Toronto dans ce groupe de gens, dont la plupart étaient des professionnels qui travaillaient d’une façon ou d’une autre avec des familles en affaires. Il y avait donc beaucoup de gens des banques, il y avait des gens de cabinets comptables. Il y avait des gens qui gèrent de l’argent. Il y avait des gens qui vendent de l’assurance vie, et toutes ces personnes ont beaucoup de clients en entreprise familiale, et elles étaient là pour apprendre ce qui fait fonctionner les entreprises familiales. Et moi j’étais là, et j’ai réalisé : vous savez quoi, je n’ai rien en commun avec aucune des personnes dans cette salle. Mais je viens d’une famille en affaires. Alors je donnais en fait beaucoup d’exemples de ce qui se passe dans les familles. Et après ça, je pense qu’on était dans le troisième module. C’était un programme qui dure presque un an, avec sept modules de deux ou trois jours. Et quelque part pendant le troisième module, je me suis dit : « Attends une seconde. Je n’ai rien en commun avec ces gens-là. Mais ces gens à l’avant de la salle, qui parlent des choses qu’ils font avec les familles, du travail qu’ils font avec les familles, qui aident à préparer la relève, qui aident à travailler sur les transitions intergénérationnelles, qui aident avec les plans de continuité, qui les aident à planifier des retraites et à définir leurs valeurs et leur vision. » Je me suis dit : « Attends une seconde, ça existe. Des gens font ça. Oh mon Dieu. Je ne savais pas que c’était un métier, une profession ou un emploi. » Et c’est là que la lumière s’est allumée. Et je me suis dit : « Oh mon Dieu, je pense que j’ai enfin compris ce que je veux faire quand je serai grand. » Bon, j’avais 48 ans à l’époque, mais mieux vaut tard que jamais. Alors, Keith, vous m’avez demandé quel genre de formation j’ai suivie. Et j’ai rencontré d’autres personnes qui ont travaillé dans des entreprises familiales et qui décident un jour : « Je vais devenir consultant en entreprise familiale. » Et ma première question est généralement : « D’accord, qu’avez-vous fait pour faire cette transition? » Parce que j’ai suivi ce programme FEA et, le premier jour, quelqu’un m’a dit : « Vous savez quoi, si vous voulez vraiment faire ça, vous devez acquérir des compétences en coaching. » Alors j’ai commencé à faire du coaching, de la formation et une certification en coaching. J’ai fait de la facilitation, j’ai fait de la résolution extrajudiciaire des différends. J’ai commencé à me former dans toutes ces autres choses. Et puis j’ai même fait des études sur la théorie des systèmes familiaux de Bowen, où j’ai appris la théorie des systèmes familiaux, parce que ce qu’on voit dans une famille, on le voit aussi dans d’autres familles. Et il se passe des choses que la plupart des gens ne voient pas quand on regarde la famille comme un système, surtout en ce qui concerne le passage d’une génération à l’autre, les rivalités dans la fratrie et ce genre de choses. J’ai donc vraiment essayé de compléter mon ensemble de compétences et, en même temps, j’ai réalisé que si je n’étais pas né dans une famille en affaires, et que quelqu’un m’avait rencontré à l’adolescence pour me faire passer un test d’aptitudes, je n’aurais jamais étudié en administration, je serais allé dans autre chose, quelque chose de plus proche de ce que je fais maintenant. D’ailleurs, ma grand-mère maternelle a vécu avec nous quand j’étais enfant, jusqu’à ce que j’aie environ 50 ans. Elle me disait : « Tu devrais devenir prêtre. » Je riais d’elle en disant : « Ouais, c’est ça. » Et puis voilà qu’il y a quelques années, je me retrouve à l’Université Georgetown, à Washington, au Bowen Center, où la théorie des systèmes familiaux de Bowen a été fondée par le Dr Marie Bowen, et j’y étudie la théorie des systèmes familiaux de Bowen, et la moitié des gens dans la salle avec moi étaient des membres du clergé. C’étaient des rabbins et des pasteurs. Et je me suis dit : « Oh mon Dieu. » Ma grand-mère avait mieux cerné que mon père ce pour quoi j’étais naturellement doué, mais mon père avait besoin que je reprenne son entreprise. Ma grand-mère essayait simplement de voir ce dans quoi je serais bon.
21:59
Oui, et je suppose que, vous savez, en vous écoutant, Steve, il y a tellement de psychologie derrière ce que vous faites, et il me semble que ce serait une base énorme pour essayer d’aider les gens et d’aider les familles.
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Et donc, certaines des personnes que vous placeriez dans le groupe de mes concurrents sont le Dr Untel, Ph. D., et ce sont des psychologues, et ils sont différents de moi, mais ils font aussi beaucoup des mêmes choses. Et je sais que si, à l’époque où mon père dirigeait son entreprise et qu’il avait commencé à se dire : « Oh, vous savez, j’ai besoin d’engager quelqu’un pour nous aider avec nos affaires de famille », si on lui avait dit : « Vous devriez parler à ce gars-là, le Dr Untel, Ph. D. », mon père aurait répondu : « Hé, on n’est pas fous. Je n’ai pas besoin d’un psy, on n’est pas fous. » Donc, d’une certaine façon, les psychologues sont peut-être un cran au-dessus de moi, mais d’autres façons, ils peuvent être perçus, vous savez, il y a beaucoup de psychologues qui ne comprennent pas assez les affaires. Et je me souviens d’être allé à une conférence il y a quelques années, et quelqu’un a dit : « Mon Dieu, j’aimerais que tous les psychologues aient des connaissances financières. » Et j’ai alors réalisé : d’accord, imaginez que vous allez travailler avec une famille très riche, mais que vous êtes psychologue et que vous n’avez aucune compréhension des affaires. Et que vous ne connaissez pas la différence entre un million de dollars et un milliard de dollars. Combien de temps allez-vous durer avec cette famille avant que quelqu’un dise : « Cette personne ne nous comprend pas »? Parce que le problème, c’est qu’une famille qui vaut un million de dollars et une famille qui vaut un milliard de dollars, c’est très différent. Absolument.
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Et c’est ce qui rend votre parcours si intéressant, parce que vous avez la formation technique, vous avez grandi dans une famille en affaires qui a vécu un événement de liquidité, mais en même temps, vous voulez en savoir plus sur l’aspect humain, avec toute la formation que vous suivez. Donc, avec cette combinaison du technique et de tout l’humain, je pense que vous êtes bien outillé pour aider les familles qui traversent les mêmes situations.
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Vous avez tellement raison, Ruben, tellement raison. Alors, Steve, passons au côté argent. Une bonne partie de la discussion a porté sur l’aide aux familles propriétaires d’entreprises pour la transition de leurs entreprises. Pour la prochaine partie de cette discussion, nous aimerions nous concentrer sur l’argent et la famille en général. Nous avons beaucoup d’auditeurs qui ne sont peut-être pas propriétaires d’entreprise, mais qui sont peut-être des travailleurs acharnés, des professionnels, des cadres, des étudiants, dans différents environnements familiaux. Quelles leçons avez-vous tirées de vos expériences que vous pouvez transposer lorsqu’il s’agit d’aider les gens à enseigner l’argent à la génération suivante? Commençons même par ceci : que peuvent faire les parents pour enseigner l’argent à leurs adolescents, ou même à leurs plus jeunes enfants? La
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la première chose que je dis toujours aux gens quand ils me posent cette question, c’est qu’il vaut mieux avoir beaucoup, beaucoup de courtes conversations sur l’argent plutôt qu’une seule très longue. Tellement de familles ne parlent pas d’argent jusqu’au jour où, tout d’un coup, elles doivent le faire et veulent annoncer à leur famille qu’elles sont en fait beaucoup plus riches que les enfants ne le pensent. Et habituellement, ce n’est pas une si grande surprise pour les enfants, parce qu’ils savent comment faire une recherche sur Google. Et ils voient toutes les belles voitures dans l’entrée et savent qu’ils voyagent en jet privé pendant que leurs amis sont assis en classe économique, donc ils le savent de toute façon, mais bref, pour revenir à l’idée de normaliser les discussions sur l’argent à chaque occasion. Surtout quand les enfants sont jeunes. Donc si vous allez chez McDonald’s et que vous achetez le Joyeux Festin, vous pouvez vous asseoir après, quand vous êtes assis chez McDonald’s, ce que vous pourrez bientôt refaire. Vous pouvez regarder les prix des articles individuels et le prix du Joyeux Festin, et essayer de comprendre : bon, comment est-ce qu’ils font de l’argent avec ça, est-ce qu’ils essaient de nous attirer pour qu’on l’achète, ou est-ce que le cadeau gratuit qu’on reçoit nous donne vraiment quelque chose? Vous voyez un panneau publicitaire en conduisant? Une chose que je dis toujours : regardez Dans l’œil du dragon ou Shark Tank ensemble. Oui. Et moi, je m’assoyais avec la télécommande, et quelqu’un disait : on cherche 100 000 $ pour 10 % de notre entreprise, et j’appuyais sur pause quand mes enfants avaient genre neuf ans et je disais : alors, quelle est l’évaluation de l’entreprise? Ils pensent que leur entreprise vaut un million de dollars. Wow, ça doit être une assez bonne entreprise. Appuyons sur lecture et voyons si on pense vraiment que leur entreprise vaut un million. Il s’agit simplement de trouver des façons de parler d’argent qui ne portent pas sur combien d’argent j’ai ou combien d’argent je veux te donner comme allocation, simplement parler d’argent en général pour que ça devienne une conversation acceptable. Et l’analogie que j’utilise parfois, c’est, vous savez, la discussion sur la sexualité, les abeilles et les fleurs, entre les parents et les enfants, dans les familles où les enfants ont grandi sur une ferme. C’est une discussion beaucoup plus rapide, parce qu’ils ont vu les taureaux et les vaches ensemble. Donc c’est beaucoup plus facile de simplement dire : bon, chez les humains, c’est à peu près pareil, parce qu’ils l’ont déjà vu; alors n’hésitez pas à parler d’argent, et c’est plus facile de parler d’argent quand il n’est pas question de mon argent et de ton argent, mais simplement de la façon dont l’argent se gagne et dont les gens le dépensent.
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Très intéressant. Oui, c’est excellent. Et que pensez-vous du fait que beaucoup de parents de familles fortunées s’inquiètent d’élever des enfants qui restent humbles ou qui demeurent motivés? Avez-vous des idées sur la façon de garder les enfants, ou la relève, surtout dans les familles riches, motivés, ambitieux et travaillants, parce que s’ils naissent dans cette situation, ça peut parfois être un défi?
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Oui, et souvent les parents font certaines choses pour des raisons particulières. Disons qu’un parent est souvent absent parce qu’il travaille tellement fort, et c’est ce qui lui permet de faire de l’argent. Et ensuite, il a l’impression que, pour compenser, il doit donner ou acheter beaucoup de choses à ses enfants, et il envoie en quelque sorte le mauvais message. Donc la première chose que je dirais, c’est que la chose la plus importante à retenir, c’est que les enfants apprennent par ce qu’ils voient, et ce qu’ils voient leurs parents faire. Donc si vous voulez essayer d’inculquer à vos enfants qu’ils devraient épargner et traiter l’argent avec respect, mais qu’ensuite vous allez gaspiller beaucoup d’argent de façon stupide, ils voient le comportement beaucoup plus fort qu’ils n’entendent ce que vous dites. Il faut donc essayer d’être cohérent là-dessus. Parce que si vous envoyez des messages contradictoires entre la façon dont vous traitez l’argent et la façon dont vous leur dites de le traiter, ça ne fonctionnera probablement pas très bien. Il y a donc l’aspect de l’exemple, de la façon dont vous vous comportez. Mais il y a aussi le fait de les encourager à aller gagner leur propre argent. Moi, j’avais une route de journaux à 13 ans. Et je ne sais pas trop pourquoi, mais mon père m’a dit que je devrais avoir une route de journaux. Je l’ai fait, et je sais que les routes de journaux n’existent probablement plus vraiment, parce que personne ne lit le journal et qu’ils sont livrés par des gens en voiture plutôt que par un adolescent avec un sac sur l’épaule comme dans mon temps, mais encourager les enfants à avoir leur propre argent, qu’ils gagnent eux-mêmes, sans y attacher de conditions : voici comment tu gagnes cet argent, tu peux en faire ce que tu veux, contrairement à l’allocation, où vous pourriez dire : bon, voici ton allocation, mais je veux vraiment que tu en épargnes la moitié; et différentes personnes ont différentes façons d’essayer d’éduquer leurs enfants de cette manière. Essayez de le faire d’une façon ouverte et qui montre du respect, en laissant aux enfants une certaine liberté, mais en leur donnant aussi une certaine orientation. Et je ne sais pas si ces applications et ces outils sont déjà offerts au Canada, mais j’ai vu des publicités pour différents types de cartes de dépenses aux États-Unis, où l’on met l’allocation sur une carte et où l’on reçoit ensuite un rapport sur ce qu’ils dépensent, ce genre de choses. Il y a des technologies vraiment intéressantes qui s’en viennent et qui, je pense, vont aider les familles à gérer et à éduquer les enfants, et à garder le doigt sur tout ce sujet dont on parle.
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Wow, réponse fascinante. Et je pense que c’est quelque chose qu’on entend tout le temps quand on parle à nos clients. Tous nos clients sont travaillants et ils ont bien réussi, mais ils sont très travaillants et ils s’inquiètent pour leurs enfants. Et pour la relève, et comment lui inculquer ce respect de l’argent? Et c’est difficile. Il faut travailler fort pour avancer, et le prix de choses comme l’immobilier est astronomique en ce moment. Alors les parents s’inquiètent de la façon dont les enfants vont avancer, épargner assez d’argent, bâtir assez de richesse pour pouvoir avoir eux aussi un avenir prospère
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sans que les parents aient à leur donner chaque correct. Alors là, je veux juste faire le lien avec une belle façon dont j’ai entendu quelqu’un l’exprimer lors d’une conférence il y a quelques années : les parents veulent laisser à leurs enfants autant d’argent qu’ils pensent que les enfants peuvent gérer. Autrement dit, vous voulez élever vos enfants de façon à ce que, si vous finissiez par leur laisser une énorme pile d’argent, vous n’ayez pas peur que ça les gâche. Et en même temps, vous aimeriez élever vos enfants de façon à ce que, même si vous dilapidiez tout votre argent, vos enfants s’en tirent quand même très bien. Donc ils peuvent gérer la totalité. Et ils pourraient aussi se débrouiller sans rien, parce qu’ils ont été bien élevés et que vous savez qu’ils peuvent gagner leur propre argent. Et s’ils héritaient du vôtre, ils en seraient de bons intendants. C’est un équilibre délicat à trouver, mais c’est faisable, et des familles y arrivent. Mais c’est davantage une question d’éducation des enfants que d’affaires ou de quoi que ce soit d’autre.
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Vous avez raison. C’est un équilibre très délicat, mais je comprends pourquoi beaucoup de gens aimeraient adopter ce concept.
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L’autre façon dont certaines personnes le formulent, c’est que vous faites beaucoup d’argent et vous ne voulez pas que vos enfants gâchent le travail que vous avez fait avec cet argent, mais vous ne voulez pas non plus que l’argent gâche vos enfants. L’un ou l’autre peut gâcher l’autre. C’est donc un équilibre, c’est l’éducation, c’est l’exemple, c’est une communication ouverte à ce sujet, c’est le respect mutuel et ce n’est pas nécessairement de contrôler vos enfants avec l’argent. C’est quelque chose que certains parents font. Oh, oui. À leurs risques et périls. Genre : oh, bien, si tu fais ça, tu sais, je vais te donner ça si tu fais ça. Et, vous savez, attacher trop de conditions à ce genre de choses peut se retourner contre vous plus vite que bien des parents ne le pensent.
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Et parfois, les parents font ça. Ils contrôlent leurs enfants avec l’argent même après leur départ, au moyen de leur testament et de leurs fiducies, donc
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oui, il y a beaucoup de ce qu’on appelle gouverner d’outre-tombe. Ça existe encore, et c’est difficile. Mais il y en a aussi une version apparentée, dans les familles où, disons, la génération aux commandes a beaucoup de richesse, et maintenant ses enfants arrivent dans la quarantaine, la cinquantaine, la soixantaine, et ils savent depuis toujours qu’ils vont finir par hériter d’une certaine somme, mais ils n’y ont jamais vraiment goûté. Et ils savent que dès que papa ou maman décédera, tout d’un coup, ils vont recevoir une grosse manne. Mais en attendant, ils l’attendent. Et il y a très peu de transfert de richesse dans l’intervalle. Ça crée toute une génération de ce que j’aime appeler des « attendeurs ». Et je dis qu’ils attendent, mais pas comme des serveurs dans un restaurant. Ils attendent simplement d’hériter de l’argent. Et quand on voit ça dans une famille, et j’ai dit à mes enfants, je ne sais pas si ça m’arrivera un jour, je vais m’assurer, coûte que coûte, de ne pas vous laisser dans une situation où je vieillis et où, en fait, vous espérez secrètement que je me dépêche de mourir pour que vous puissiez avoir un peu d’argent, parce qu’il y a des gens qui font ça sans s’en rendre compte. Et parfois, c’est parce qu’ils ont eu des conseillers qui leur ont dit : vous devriez organiser les choses comme ceci, parce que vous ne devriez pas donner d’argent à vos enfants, parce que ça va les gâcher. Et ensuite la personne se dit : bon, ce conseiller a l’air assez intelligent, et il a traité avec beaucoup de gens. Alors s’il dit ça, je devrais simplement l’écouter. Eh bien, là, on parle de richesse financière. Et il y a toutes les autres formes de richesse, et c’est pour ça que le fait d’écouter seulement les experts financiers vous donnera souvent des résultats sous-optimaux par rapport à ce que vous voulez.
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Eh bien, Steve, vous venez d’aborder exactement là où nous voulons aller maintenant : nous avons parlé des discussions sur l’argent avec les jeunes enfants. Passons maintenant à la question de savoir comment et quand les parents devraient commencer à discuter de la transition du patrimoine, qu’ils soient propriétaires d’entreprise ou, disons, deux professionnels à revenu élevé qui ont accumulé un patrimoine à 50, 55 ans. Comment les parents devraient-ils commencer à discuter d’un patrimoine important avec leurs enfants?
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Commençons par le quand. Je pense que lorsque le plus jeune est dans le début de l’adolescence, et qu’il est raisonnablement mature et prêt à en entendre parler, on peut commencer à introduire l’idée qu’il y aura certains sujets dont nous allons parler au cours des prochaines années pendant que nous nous préparons, parce que nous savons que nous ne vivrons pas éternellement, que nous avons un certain patrimoine et que nous voulons nous assurer de vous le transmettre correctement. Donc, pas se précipiter et dire : nous allons tenir une réunion, nous allons tout partager et tout vous transmettre en une seule journée. La meilleure analogie pour ça, c’est l’interrupteur : garder les enfants dans le noir, puis tout à coup allumer les projecteurs et les aveugler, ce n’est pas ce que vous voulez faire. Vous avez un gradateur. Vous voulez donc l’augmenter d’un petit cran et commencer à parler du fait que, écoutez, nous avons beaucoup de patrimoine et nous allons commencer à déterminer comment nous allons nous réunir à l’occasion, de temps en temps. Nous allons parler de la façon dont nous allons le transmettre, peut-être que nous tiendrons une réunion par année pendant les prochaines années. Et nous allons simplement commencer à en parler, sans parler des montants, mais seulement de ce que nous attendons de vous, de ce que vous pouvez attendre de nous, et définir comment vous prévoyez le faire, et le faire sur un certain nombre d’années. Il y a un livre écrit par un dénommé Tom Deans, intitulé Willing Wisdom. Thomas Deans, il est d’ailleurs Canadien. C’est un conférencier qui parle du patrimoine et des transitions du patrimoine. Il parle de tenir une réunion annuelle chaque année, à votre anniversaire ou à une certaine date, de réunir tous vos enfants et de parler de ce que contient votre testament et de la raison pour laquelle vous l’avez organisé de cette façon. Et il y a une liste de questions à vous poser pour savoir si vous devez changer des choses. Alors si vous voulez un modèle pour ça, je recommande ce livre, tout en sachant très bien que la plupart des gens ne le liront pas et ne feront pas ce qu’il dit, mais il vaut quand même la peine d’être lu.
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Là-dessus, nous reviendrons au comment et au quand, mais vous avez mentionné le testament. Avez-vous des conseils précis sur le moment où vous pensez que c’est le mieux? Je veux dire, selon votre propre point de vue, quand un parent devrait-il parler du testament lui-même, puis de ce qu’il contient, avec ses enfants?
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Je dirais probablement, je suggérerais de le faire beaucoup plus tôt que ce que la plupart des gens pensent. Je suis peut-être le cordonnier mal chaussé, ou peu importe l’expression. Je ne suis pas certain d’avoir assez parlé de ça avec mes enfants, mais dès que les enfants sont adultes, et qu’ils peuvent donc réellement hériter de biens en leur propre nom, je pense que vous voulez qu’ils aient une idée de la façon dont vous avez organisé les choses. Mais surtout, trop de gens font un testament et le laissent là pendant des décennies sans le rajuster. Alors je pense qu’environ tous les cinq ans, si vous n’avez pas mis votre testament à jour, vous devriez le revoir, parce que je suis prêt à parier que quelque chose a changé qui vous donnera envie d’apporter des changements à votre testament : parce que vos enfants ont vieilli, parce que quelqu’un s’est marié, parce que quelqu’un est décédé et que vous avez hérité d’autre chose, à cause de toutes sortes de choses qui arrivent dans votre vie et qui vous obligent à y revenir continuellement. Et je ne pense pas avoir déjà rencontré quelqu’un qui a dit : oh, j’ai voulu mettre mon testament à jour et quelle perte de temps, parce que tout était pareil et que je n’avais pas besoin de le faire. Je ne pense pas que ça arrive jamais.
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Je vais vous poser une question délicate au sujet des testaments encore une fois. Disons une famille avec plusieurs enfants : le parent devrait-il traiter les enfants de la même façon dans le testament? Et par « de la même façon », il y a toujours ce débat entre égal et équitable. Alors quelle est votre opinion là-dessus? Devraient-ils simplement tout partager également, ou si un enfant est dans une meilleure situation financière, parce qu’il a pris de bonnes décisions, devraient-ils en tenir compte et donner moins à cet enfant, ce qui peut sembler injuste pour lui? J’aimerais entendre votre opinion là-dessus.
38:50
Oh, absolument. C’est une question très délicate. Et ma réponse la plus simple, c’est que l’égalité est parfois une solution de facilité. Parce que c’est beaucoup plus facile de faire ça et de dire : eh bien, je veux simplement que ce soit égal, et on assimile égal à juste, et que c’est la façon la plus juste. Et dans les situations où tous vos enfants sont relativement dans la même situation, qu’ils sont également à l’aise financièrement, qu’ils ont également fait partie de votre vie, vous savez, alors c’est correct. Et en fait, c’est la façon la plus facile quand les choses sont simples, mais les choses ne sont pas toujours simples et souvent, une famille ou les aînés seront tentés de faire quelque chose de différent de l’égalité, ce qui est souvent la bonne chose à faire. Mais la pire chose qu’ils puissent faire, c’est de le faire et de garder le secret. Oh, oui. Il s’agit donc de partager l’information avec les membres de la famille, pour que ce ne soit pas une surprise. J’ai vu Tom Deans, que j’ai mentionné il y a une minute, donner une conférence une fois, et il a dit qu’il y a un son que beaucoup d’avocats lui ont mentionné, qui se produit à l’occasion lors de la lecture d’un testament. Vous savez, cette vieille scène qu’on voit dans les émissions de télé et les films : quelqu’un meurt, tout le monde est convoqué au bureau de l’avocat, et l’avocat va maintenant dévoiler ce que contient le testament. Et Deans dit que le son, et heureusement que c’est un balado parce que j’ai essayé d’écrire ça dans un billet de blogue et on ne peut pas aussi bien rendre le son, le son, c’est quelqu’un qui fait… Et ce n’est pas toujours ce que vous pensez. Parfois, c’est : oh mon Dieu, je vais hériter de bien plus que je ne m’y attendais et je ne sais pas quoi faire, parce que c’est le syndrome de l’argent soudain. Ou c’est : je tenais pour acquis que j’allais recevoir un paquet d’argent, et je me rends compte que je ne reçois que l’auto de papa. Et dans un cas comme dans l’autre, ça peut provoquer le même son. Alors mon point, c’est que les surprises ne sont habituellement pas bonnes. Je pense que vous devriez viser la lecture de testament la plus banale possible, ce qui veut dire que tout le monde sait déjà ce qu’il contient. Ainsi, après votre décès, ils peuvent réellement passer ce temps à faire le deuil de votre mort, plutôt qu’à se demander ce que contient le testament et ce qu’ils vont recevoir, et à se préparer à se battre avec leurs frères et sœurs au sujet de ce dont vous les accusez. Oh, tu es allé convaincre papa de changer son testament pour avoir plus parce que bla-bla-bla, et il t’a toujours préféré, et toutes ces niaiseries. J’essaie d’encourager les gens à faire tout ce qu’ils peuvent pour éviter ces scénarios.
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Ce sont d’excellents points, Steve. Alors parlons des réunions de famille. Je sais que vous avez laissé entendre qu’il fallait les tenir plutôt tôt, quand les personnes sont de jeunes adultes. Mais soyons très concrets. À quoi devrait ressembler une réunion de famille? Je vous donne un scénario. Disons que nous avons deux personnes de 60 ans qui ont des enfants de 40 ans. À quoi devrait ressembler cette réunion? Ou choisissez la catégorie d’âge que vous voulez.
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C’est un âge aussi bon qu’un autre pour commencer? Et la première chose que je dirais, c’est de ne pas vous attendre à ce que toutes les réunions soient pareilles; en fait, votre première réunion devrait surtout servir à préparer le terrain pour les réunions futures. Et ne pas y aller avec le plan que les parents transmettent tout aujourd’hui à tous leurs enfants et que tout soit réglé d’un coup. Alors je dirais que la première réunion, c’est : écoutez, on veut commencer à tenir une série de réunions, peut-être une fois par année, peut-être tous les deux ans, peut-être plus souvent, selon le cas, où on parlera de choses comme nos testaments, ce dont vous allez hériter et les actifs que nous possédons, pour que, lorsque nous ne serons plus là, vous soyez préparés, que vous ayez eu votre mot à dire et qu’on ait parlé de qui va faire quoi, qui veut faire quoi, qui est qualifié pour faire quoi, et de la façon dont on va gérer les choses à l’avenir. Et si vous pouvez confier à quelqu’un la tâche d’organiser la prochaine réunion, et ne pas quitter la première réunion avant d’avoir fixé la date de la prochaine. Ce sont juste de petits trucs. Vous savez, la raison pour laquelle je vais toujours chez le dentiste quand j’y suis obligé, c’est qu’avant que je parte, ils me font prendre un autre rendez-vous. Parce que s’ils me laissaient dire que je vais appeler pour prendre rendez-vous, devinez quoi? Je n’irais pas. C’est la même chose pour organiser une réunion de famille. Vous y allez et vous dites : OK, on refait ça dans six mois. Sortez tous vos agendas et inscrivons-le tout de suite. Et quel est l’ordre du jour? De quoi peut-on parler à cette réunion? Peu importe ce que c’est, ce ne devrait pas être papa qui dit : voici l’ordre du jour au complet, tout le monde va suivre mon ordre du jour, je vais parler 90 % du temps et vous allez écouter. Ce sont les pires réunions de famille. J’en ai d’ailleurs vécu une : mon père a convoqué une réunion de famille en 1985. Et c’était vraiment ça : on est partis en retraite, on est montés à Mont-Tremblant, et c’était papa qui nous déversait tout ça, parce qu’on lui avait dit, vous savez, vous devriez tenir des réunions de famille. Ce qu’on ne lui avait pas dit, c’est qu’il faut en tenir une autre, genre un an plus tard ou peu importe. Alors la réunion de famille suivante que mon père a convoquée, c’était en 2006. Il y a donc eu plus de 20 ans entre les deux, et il ne l’a convoquée que parce qu’il avait reçu un diagnostic de cancer. Et là, il s’est rendu compte : ah oui, je ferais mieux de commencer à parler de ça. Alors je ne recommande pas d’attendre 20 ans; je le ferais au moins tous les deux ans, de préférence chaque année, et je commencerais à parler, pas comme si vous saviez tout, mais en voulant avoir des discussions démocratiques où tout le monde peut avoir voix au chapitre, sans nécessairement avoir droit de vote. Le gros problème, c’est que les gens hésitent à amorcer ces discussions parce qu’ils se disent : eh bien, s’il y a maman et papa, mais qu’on a quatre enfants, si on commence à dire comment on va faire ça et qu’ils votent, ils vont nous battre au vote, et ils vont… Non, désolé, vous pouvez quand même conserver certaines prérogatives de pouvoir en tant que propriétaires du patrimoine et membres de la génération dirigeante.
45:04
C’est une excellente idée, Steve. Alors donnez-nous un exemple. Quel genre de rétroaction la première génération devrait-elle rechercher de la part de la deuxième génération dans ce genre de réunion?
45:14
Je parle toujours des deux choses que vous recherchez quand vous essayez d’amorcer des discussions sur la transition intergénérationnelle. Et ce sont l’alignement et l’engagement. Vous voulez donc que les gens comprennent, ou essaient de déterminer ensemble, où chacun veut aller, pour que vous alliez tous dans la même direction. Vous avez peut-être une idée de ce que vous pensez en tant que parent, et c’est correct de fixer ce cap, mais ça aide si vous êtes ouvert aux solutions de rechange quand les gens disent : et si on faisait plutôt ceci? Ou… Et l’autre, c’est l’engagement : s’ils sont tous occupés par leur vie et par l’éducation de leurs enfants, et qu’ils disent : ouais, maman et papa, faites ce que vous voulez, ça ne nous dérange pas vraiment, et qu’ils ne sont pas engagés, à certains âges, à certains moments où ces enfants se trouvent dans l’arc de leur vie, ils pourraient ne pas être intéressés à s’engager dans ces discussions. Et si c’est le cas, vous avez peut-être commencé trop tôt. Peut-être que l’un d’eux a assez d’argent de son côté et ne veut pas avoir affaire à ses frères et sœurs, qu’il perçoit comme attendant maman et papa pour hériter. Ce n’est pas tout le monde qui sera toujours prêt à s’engager pleinement, et vous devez être prêt à ce que différents enfants réagissent de différentes façons. Et ça m’amène d’ailleurs à une autre règle que j’ai : à toutes ces réunions, tout le monde est invité, et personne n’est obligé de venir. Alors s’il y a un mouton noir dans la famille qui dit : ouais, je ne viens pas à cette réunion. C’est comme : j’aimerais que tu viennes, viens s’il te plaît, mais on va tenir la réunion de toute façon. Et puis l’année suivante, quand vous tenez la réunion et que vous invitez de nouveau cette personne, on espère qu’un ou plusieurs de ses frères et sœurs lui auront dit : ouais, en fait, la réunion était plutôt bien. Ce n’était pas juste papa qui nous disait quoi faire. On a vraiment parlé de choses. Et peut-être que cette personne va commencer à venir aux réunions. Il faut donc inviter tout le monde, tout le temps. Et si vous forcez des gens à être quelque part où ils ne veulent pas être, il pourrait y avoir des conséquences inattendues que vous n’aimerez pas, du fait de la présence de cette personne. Alors si elle insiste vraiment pour ne pas être là, ne la forcez pas.
47:38
C’est une excellente idée. Que pensez-vous des parents qui se disent : eh bien, si j’ai deux ou trois enfants, je dois tous les nommer liquidateurs? Qu’est-ce que vous nous diriez à ce sujet? Et je sais que vous n’êtes ni avocat ni notaire, Steve, mais vous avez assurément beaucoup d’expérience pour conseiller les familles sur la façon de travailler ensemble. Qu’en pensez-vous?
48:00
Encore une fois, le plus important, c’est de ne pas en faire une surprise et de ne pas imposer votre volonté. Alors si vous pouvez dire : écoutez, je dois nommer des liquidateurs. Certaines personnes disent que je devrais tous vous nommer, ça peut devenir un peu compliqué. Et l’un d’eux pourrait dire : oh non, s’il te plaît, je ne veux pas le faire. Laisse Bob le faire. Bob est évidemment le meilleur choix parce que c’est l’aîné et que c’est son métier, alors il serait excellent et on lui fait confiance. Au moins, vous avez eu la discussion. Et donc, je pense que parfois les gens compliquent les choses plus qu’il ne le faut. Et si vous pouvez avoir cette discussion, c’est déjà une bonne chose. Simplement savoir que vous pourriez vous asseoir avec tous vos enfants et dire : hé, vous savez, on refait nos testaments en ce moment. Vous savez, le notaire ou les avocats nous demandent qui sont vos administrateurs, ou liquidateurs, ou exécuteurs, peu importe le mot, et dire : on s’est dit que c’était important d’en discuter en famille. Alors qu’est-ce que vous en pensez? Mon Dieu, il y a de bonnes chances que vous obteniez une réponse assez claire. Si vous les traitez avec respect, vous déciderez peut-être que ce sera toi et toi, ce frère et cette sœur, et peut-être pas celui-là, pour une raison ou une autre, mais s’ils ont eu leur mot à dire dans la façon dont cette décision a été prise, les chances que les choses se passent bien viennent de quadrupler. Alors que s’ils sont nommés pour une raison ou une autre, et que l’un d’eux ne veut pas être là, ou que vous mettez ensemble deux personnes qui ne se font pas vraiment confiance, ou peu importe, et qu’elles sont maintenant forcées de travailler ensemble sur quelque chose, alors souvent, les choses ne se passent pas comme vous l’espériez. Alors ayez la discussion avant; ce n’est pas toujours une discussion facile. Et les gens n’aiment pas parler de testaments parce qu’ils se disent : oh, eh bien, vous savez, j’ai fait mon testament, et je connais un gars qui a fait son testament et qui est mort genre une semaine plus tard. Voyons donc, franchement. Parce que ce n’est pas une relation de cause à effet.
50:05
L’une des choses qui ressort évidemment de tout votre discours et de toute votre pratique de consultation, c’est cette volonté d’améliorer la communication entre les membres de la famille.
50:17
Oui. Et en fait, j’ai effleuré le terme gouvernance familiale tout à l’heure, et vraiment, la clé de ce qu’est la gouvernance familiale, c’est une communication régulière. Une communication régulière, claire, ouverte, honnête et transparente, c’est ce qui fait fonctionner la gouvernance familiale. Et ce que c’est vraiment, c’est répondre à la question : comment allez-vous prendre des décisions ensemble? Comment allez-vous communiquer? Comment allez-vous résoudre des problèmes ensemble? Résoudre des problèmes et prendre des décisions, l’un n’est en réalité qu’un sous-ensemble de l’autre. Alors comment allez-vous décider des choses? Et comment allez-vous communiquer? Parce que l’une des choses les plus importantes à décider ensemble, c’est de savoir comment communiquer. Alors vraiment, tout revient à la communication. Une communication plus fréquente vaut mieux qu’une communication moins fréquente. Plus de gens impliqués dans la communication, c’est mieux que moins de gens impliqués. Une communication plus transparente et plus claire vaut mieux qu’une communication moins transparente et moins claire.
51:20
C’est un bon point. J’ai une question, parce qu’on a parlé de commencer au début, quand le patrimoine a été créé : enseigner l’argent aux enfants et les élever avec de bonnes valeurs par rapport à l’argent, et maintenant on a abordé le moment où, finalement, ils sont tous là quand la transition se produit, comment s’assurer que les choses sont transparentes et qu’il y a une bonne communication. Comment la famille s’assure-t-elle ensuite qu’il y a un héritage, parce qu’on dit dans le milieu que la première génération crée, et que la deuxième ou la troisième détruit? Alors comment une famille s’assure-t-elle que cet héritage se perpétue? Est-ce seulement une question de valeurs et de la façon dont ils ont été élevés? Ou y a-t-il d’autres façons, ou d’autres choses auxquelles réfléchir pour s’assurer qu’il se perpétue, au lieu de simplement faire un choix et de tout contrôler?
52:05
Ça rejoint justement ce dont nous parlions à l’instant, non? Le mot engagement. Et pour réellement laisser un héritage, beaucoup de gens pensent que, bon, le secret, c’est de faire le plus d’argent possible, parce qu’avec plus de patrimoine, il a plus de chances de durer plus longtemps, et ce sera donc mon héritage. Et je dis toujours non, il ne s’agit pas seulement d’agrandir la tarte. Il s’agit de déterminer comment vous allez partager la tarte. Qui va prendre soin de la tarte. Comment les membres de la famille vont-ils partager cette tarte, en être les gardiens et l’agrandir eux-mêmes? Et je me souviens d’avoir entendu il y a quelques années une présentation où quelqu’un avait présenté ça sous la forme d’une équation, et c’est vraiment une équation simple, mais c’est : les personnes plus les actifs égalent l’héritage. Le point étant que sans les personnes, il n’y a pas d’héritage. Il faut donc traiter vos enfants de façon à ce qu’ils aient envie de préserver votre héritage et d’en être les gardiens. Alors si vous n’êtes pas un parent très gentil, que vous faites beaucoup d’argent et que vous donnez des millions de dollars à un hôpital pour qu’il porte votre nom, il y a des chances que 20 ans après votre mort, ce nom soit peut-être encore sur l’hôpital, mais que les gens aient oublié qui vous étiez et pourquoi c’était important. Alors que si les membres de votre famille continuent de bâtir sur votre héritage, de faire croître le capital et de le transmettre à nouveau à la génération suivante, il y a de bonnes chances que votre héritage se perpétue. Wow, c’est formidable.
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C’est un excellent point, Steve. Nous allons commencer à conclure. Mais ça a été une discussion fabuleuse sur l’argent, l’argent familial, les enfants et la transition du patrimoine. Si vous deviez penser à un message principal pour les auditeurs, une chose qu’ils devraient retenir de cette discussion, une recommandation, quelle serait-elle, Steve, sur ce sujet en particulier?
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Tout est dans la façon dont vous traitez vos enfants. Si vous les traitez avec respect et avec confiance, en croyant en ce qu’ils peuvent faire, que vous les encouragez à donner le meilleur d’eux-mêmes et que vous les élevez pour qu’ils deviennent des adultes convenables, responsables et productifs, tout ira très probablement bien. C’est tout ça. Si, par contre, vous choisissez d’être très contrôlant, d’essayer de les contrôler avec l’argent, de ne pas leur faire confiance, de remettre en question leurs décisions, de toujours leur donner des choses mais avec des conditions, et de leur dire ce qu’ils devraient faire parce que vous savez mieux, que vous en savez plus qu’eux, alors vous vous préparez d’autres problèmes, parce que vos enfants savent que les probabilités sont de leur côté, qu’ils vous survivront, et et ils vont secrètement souhaiter que vous vous dépêchiez de vous tasser de leur chemin pour pouvoir faire ce qu’ils veulent. Alors si vous pouvez organiser les choses de façon à ce qu’ils fassent ce qu’ils veulent, et que vous puissiez, espérons-le, les aider à le faire, et pas seulement financer tout ce qu’ils veulent, mais les aider à bâtir quelque chose où vous pouvez être pour eux un guide, une personne d’expérience et un partenaire. Et vous les aidez à s’accomplir de la façon qu’ils souhaitent, plutôt que de la façon que vous leur avez imposée : il faut aller dans tel genre d’école, puis il faut faire ceci. Ça ne se passe souvent pas comme les parents l’avaient prévu, alors faites confiance à vos enfants. Encouragez vos enfants, encouragez-les à se développer, essayez de vous tenir un peu à l’écart de leur chemin. Et ils vous en seront probablement très reconnaissants. Et comme quelqu’un dont le plan de carrière avait été tracé d’avance, je parle d’expérience : ce n’était pas vraiment ce qui aurait été le mieux pour moi. Je pense que je me suis assez bien adapté. Et je pense que certaines des choses que j’ai apprises de la façon dont j’ai été élevé m’ont aidé à élever mes enfants de manière à ce qu’ils, je pense, partent vraiment du bon pied aussi
56:20
Steve, vous faites un travail extraordinaire. Nous savons que vous aidez beaucoup de familles et beaucoup de gens. Merci beaucoup d’avoir pris le temps, malgré votre horaire chargé, d’être avec nous. Alors au nom de Rubin, de moi-même et de tous nos auditeurs, merci beaucoup, Steve Legler, d’avoir participé à l’émission.
56:37
Merci de m’avoir reçu. J’espère que vous avez trouvé certaines de ces choses utiles, et, espérons-le, divertissantes en même temps.
56:43
Vous écoutiez le balado The Empowered Investor, animé par Keith Matthews. Visitez TMA tiret invest.com pour vous abonner à ce balado, en apprendre davantage sur la façon dont son cabinet aide les investisseurs canadiens ou demander un exemplaire gratuit de The Empowered Investor. Les placements et les stratégies de placement doivent être évalués en fonction de vos propres objectifs. Les auditeurs de ce balado doivent faire preuve de jugement et consulter un expert financier avant de prendre toute décision de placement fondée sur l’information présentée dans ce balado.
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