Family business and legacy adviser

Faire de l’impro en développant sa gouvernance familiale

Des messages perdus dans la traduction?

Cette semaine, je reviens encore une fois sur le thème de la gouvernance familiale, après avoir récemment assisté à un webinaire sur la mise sur pied d’un conseil de famille, ce qui m’a fait penser à de nouvelles façons d’aborder l’ensemble du sujet.

Comme le savent mes lecteurs réguliers, étant établi à Montréal, au Canada, je travaille dans les deux langues officielles du Canada, l’anglais et le français.

Être bilingue offre beaucoup de possibilités intéressantes, y compris celle d’apprendre de groupes qui se situent en dehors de sa langue « principale ».

L’anglais est ma langue principale, mais je parle aussi français tous les jours, et je suis tellement content que mes parents m’aient « forcé » à aller à l’école française il y a toutes ces décennies.


Etablir un Conseil de Famille?

Il y a quelques semaines, des collègues francophones avaient organisé un webinaire instructif pour expliquer comment certaines familles entrepreneuriales de la région avaient mis sur pied leur conseil de famille, pourquoi elles l’avaient fait et en quoi cela les aide à planifier les futures transitions de leur famille.

Le webinaire réunissait un petit panel, dont des membres de deux de ces familles venus parler de leur expérience réellement vécue. Parmi eux, une femme dans la trentaine et un homme dans la soixantaine, de sorte que tant la « NowGen » que la relève (« NextGen ») étaient représentées.

Il y avait des dizaines de participants à l’appel, ce qui est formidable, parce que cela confirme que les familles s’intéressent à l’idée de la gouvernance familiale en général, et à la mise sur pied d’un conseil de famille plus précisément.


Ça ne s’improvise pas!

J’approuvais de la tête tout ce que partageaient les animateurs et les invités, content de savoir que davantage de familles de ma région s’y intéressaient et entendaient maintenant des gens qui font ce travail.

Puis je les ai entendus utiliser une expression, deux ou trois fois, qui m’a donné un air perplexe.

« La gouvernance familiale ne s’improvise pas! »

Mon français est légèrement en deçà d’une maîtrise à 100 %, et ceci semblait relever de la partie que je connaissais moins bien.

Au départ, j’ai cru qu’ils disaient qu’on ne peut pas improviser sa gouvernance familiale, ce qui me semblait avoir un peu de sens, mais dans ma tête, c’était pousser l’idée beaucoup trop loin.


Tout est question de personnalisation et d’évolution

Je prêche toujours qu’il ne faut pas essayer d’aller trop vite quand on travaille sur la gouvernance familiale, et qu’il faut y aller une étape à la fois, voir comment ça se passe, puis laisser les choses évoluer de façon logique et à un rythme qui convient aux membres de la famille.

J’ai d’ailleurs joué avec des analogies qui comparent le processus à l’« impro », comme dans le théâtre d’improvisation.

Quand ma fille était plus jeune, je l’ai inscrite à des cours d’impro et j’ai fini par aimer certaines des idées clés, qui stimulent la créativité, apprennent à « suivre le courant » et à adopter un état d’esprit du « Oui, ET… ».

Alors pour moi, la gouvernance familiale, telle que je l’encourage, ressemble à bien des égards beaucoup à de l’impro, mais ces gens semblaient dire : « Pas du tout! »


Pilote professionnel – Ne pas tenter

Après d’autres recherches, j’ai découvert depuis qu’une meilleure façon de comprendre l’expression, c’est qu’il ne faut pas simplement l’inventer soi-même.

L’idée d’un EEI m’est venue à l’esprit récemment, comme dans « engin explosif improvisé », une façon recherchée de désigner une « bombe artisanale ».

Il s’est avéré que les deux panélistes parlaient du fait que leurs familles avaient chacune fait appel à un professionnel externe pour animer les réunions de leur conseil de famille et pour accompagner tous les membres de la famille dans leur participation au conseil.

Vous devinerez probablement que je suis tout à fait d’accord sur ce point.


Faites-le vous-mêmes – MAIS pas tout SEULS

On ne peut pas acheter la gouvernance familiale, il faut la bâtir soi-même, comme j’aime le dire. Mais cela ne veut pas dire que vous devez le faire tout seuls; ça fonctionne mieux quand plusieurs membres de la famille participent et que l’ensemble du processus est mené par une personne de l’extérieur qui sait ce qu’elle fait.

Cette affirmation selon laquelle on ne peut pas acheter la gouvernance familiale n’est pas tout à fait vraie, parce qu’il y a des professionnels qui essaieront de vous convaincre que vous devriez l’acheter auprès d’eux, et certains le font.

Vous pourriez emprunter cette voie et vous retrouver avec une constitution familiale d’allure professionnelle, mais elle aurait moins de valeur que même une tentative préliminaire et improvisée de créer un conseil de famille.

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