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Il n’est jamais trop tard pour commencer
Pendant que je rendais visite à des proches aux États-Unis récemment, la matriarche d’une entreprise familiale de l’endroit est décédée.
Les enfants de mon cousin étaient des amis d’enfance de plusieurs petits-enfants de la défunte, dont les nombreuses entreprises en ville font partie des vastes avoirs et activités de la famille.
J’entends souvent des histoires semblables, y compris le malheureux refrain bien connu sur le manque apparent de préparation de la famille.
Heureusement, il n’est jamais trop tard pour commencer à travailler sur les aspects de communication familiale du grand casse-tête de la continuité du patrimoine familial.
L’exemple typique d’une famille bien connue
Je vais vous faire part de quelques éléments que je considérerais si l’on faisait appel à moi dans une telle famille à ce stade, disons, après les funérailles de grand-maman.
Elle avait plus de 80 ans; elle était l’une des deux figures maternelles de cette famille, l’épouse de l’un des deux frères qui ont dirigé ces entreprises pendant des décennies.
L’entreprise avait été fondée par leur père, c’est-à-dire la « génération 1 » (G1).
Les deux frères de la G2 ont eu 7 enfants de la G3, dont bon nombre travaillent dans diverses entreprises aux côtés de certains de leurs propres enfants de la G4.
Les nombreux membres de la G4 donnent déjà naissance à la G5.
Partout en ville, tout le monde connaît cette famille et considère ses membres comme faisant partie du « club des nés coiffés ».
Mais la plupart d’entre eux n’ont aucune idée de ce qu’ils possèdent, de ce à quoi ils peuvent s’attendre ni de ce qui s’en vient.
Plusieurs espèrent probablement que le décès de grand-maman sera l’élément déclencheur qui leur permettra enfin d’obtenir des réponses.
- Qui possède quoi?
L’une des questions clés qui détermineront une bonne partie de la suite est « qui possède quoi? », d’un point de vue juridique.
Mon travail se concentre sur le « cercle familial », mais il ne peut pas se faire en vase clos, et la propriété juridique réelle des actifs est une chose que je voudrais connaître avant d’aller beaucoup plus loin.
Il y a de bonnes chances que les documents et les conventions en vigueur aient été rédigés il y a longtemps; cette question, bien que simple en apparence, n’a donc peut-être pas de réponse claire et immédiate.
- Qui sait quoi?
J’ai déjà souligné à quel point cette famille s’est agrandie au fil des décennies, passant de ce qui était autrefois un seul ménage, puis trois, à une vingtaine d’unités familiales qui sont aujourd’hui des parties prenantes clés.
Il est fort probable que bon nombre des membres de la famille à la tête de ces ménages soient dans le noir le plus complet, et qu’ils aient aussi soif de clarté quant à ce qui les attend.
Souvent, dans ces situations, certains membres de la G3 disposent de plus d’information que d’autres, selon leur rôle et leur ancienneté.
Cette « asymétrie de l’information » crée habituellement un terrain propice à la méfiance et à la jalousie entre les branches de la famille à mesure que les choses évoluent.
Plus vite tous les membres de la G3 seront mis au courant, meilleures seront les chances que tout se passe en douceur par la suite.
- Peuvent-ils travailler ensemble?
Avec de nombreuses entités imbriquées les unes dans les autres qui gravitent autour de cette entreprise familiale, les questions sur la possibilité que tous les membres de la famille continuent à travailler ensemble passent au premier plan.
Gardez à l’esprit qu’il s’agit de frères et sœurs, de cousins et de petits-cousins, dont la plupart n’ont pas grandi sous le même toit, issus de plusieurs branches différentes de la famille.
C’est loin d’aller de soi, et il faut prendre le temps d’évaluer la question de la compatibilité.
Un élément de cette situation qui joue en leur faveur, c’est qu’il y a plusieurs entités commerciales, plutôt qu’une seule entreprise monolithique; séparer les choses pourrait donc être simplifié.
- Qu’est-ce qui est coulé dans le béton?
Pour revenir à la question de la propriété, chaque détail est-il coulé dans le béton au moyen d’entités structurées (pensons aux fiducies, etc.) ou y a-t-il une certaine souplesse quant à ce qui peut se passer ensuite?
Malheureusement, des membres de la famille sont souvent forcés d’être associés en affaires avec d’autres avec qui ils ne concluraient jamais une telle entente s’ils avaient le choix.
Dans ce cas-ci, la souplesse quant à ce qui peut être modifié vaut beaucoup mieux que la rigidité, mais il faut se pencher sur la question bientôt.
- Comment puis-je le mieux aider cette famille?
Il y a sûrement déjà plusieurs professionnels autour de cette famille qui sont bien placés pour aider à clarifier la suite des choses du point de vue de la propriété juridique, en fonction des conventions mentionnées ci-dessus.
Quand un réseau complexe de familles est en jeu, il peut être utile de faire appel à quelqu’un qui est formé et à l’aise avec l’angle de la « dynamique familiale » aussi.
Un seul expert externe ne pourra pas démêler tout cela à lui seul, en raison de tous les éléments en mouvement.
Si les professionnels actuels sont dépassés, comme ils le seront probablement, ils devraient faire appel à des ressources externes qualifiées pour s’occuper des aspects humains de ce qui attend cette famille.
Nous existons!


