Le conseil aux entreprises familiales est un domaine en croissance, puisque de plus en plus de gens reconnaissent le rôle important qu’elles jouent dans l’économie, avec toutes sortes de statistiques qui circulent, du pourcentage du PIB au pourcentage des emplois dont elles sont responsables.
Pourtant, la grande majorité de ceux qui conseillent ces entreprises continuent de servir surtout le cercle de l’entreprise, et assez peu se spécialisent réellement dans les questions qui touchent le cercle de la famille. J’ai passé environ 95 % de ma vie dans le cercle de l’entreprise, puisque j’ai été élevé dans la croyance que c’était le seul qui comptait.
En tant que converti récent au cercle de la famille, je peux vous dire qu’il s’agit d’un changement de perception très radical, et que la plupart des gens ne le comprennent pas facilement. Je me suis engagé à continuer de « prêcher la bonne nouvelle » sur l’importance de s’occuper des questions de dynamique familiale avant qu’elles causent des problèmes.
J’ai eu mon moment eurêka il y a près de 2 ans, pendant le cours Family Enterpise Advisor (www.ifea.ca). J’en ai parlé pour la première fois sur mon blogue en juin 2013 : http://stevelegler.com/three-circles-seven-sectors-one-a-ha-moment/
Aujourd’hui, je veux parler de certaines des difficultés que j’ai eues en essayant d’expliquer comment les facilitateurs, les coachs et les médiateurs comme moi s’intègrent au portrait, surtout lorsque je m’adresse aux conseillers qui servent déjà les entreprises familiales. En fait, une façon simple de le dire est de leur expliquer que, s’ils servent l’entreprise familiale, nous servons la famille en affaires.
Récemment, lors d’un dîner avec un collègue qui gagne sa vie en vendant des polices d’assurance utilisées dans des fiducies vastes et complexes pour des particuliers à valeur nette ultra élevée, celui-ci m’a expliqué que cela m’aiderait grandement d’élaborer et d’expliquer mon « processus », afin que des gens comme les comptables et les fiscalistes puissent saisir et comprendre la valeur que j’ajoute à leurs services.
Mais la semaine dernière, au cours d’une discussion semblable à l’heure du dîner, cette fois avec quelqu’un qui travaille aussi du côté du processus (un coach en transition d’entreprise, mais qui ne travaille habituellement pas avec des familles), je n’ai eu aucune difficulté à lui faire comprendre mon objection : il n’existe pas de « recette » ni d’ensemble précis d’étapes pour ce travail qu’on pourrait présenter comme « mon processus ».
J’ai fait l’analogie entre un pâtissier et un chef. La pâtisserie, d’après ma modeste expérience, est une science, où le fait de ne pas suivre exactement les étapes de la recette donnera presque à coup sûr un résultat final moins qu’optimal. Le conseil aux entreprises familiales ressemble beaucoup plus à la cuisine; pensez à une soupe, à un ragoût ou à un chili. C’est beaucoup plus un art, avec une variété d’ingrédients et de quantités qui dépendent du chef et de la saison.
Quelques jours plus tard, ça m’a frappé. Ce n’est pas une recette que je dois montrer aux gens, car même prétendre qu’il existe une recette en bonne et due forme serait une erreur. Une meilleure analogie serait de montrer le menu aux gens.
Quand quelqu’un entre dans un restaurant, il regarde presque toujours le menu, et demande rarement à voir le livre de recettes. Il devrait en être de même pour les conseillers en entreprise familiale.
Puis, j’ai poussé l’idée un cran ou deux plus loin. Certains restaurants ont des menus si vastes qu’ils offrent en fait trop de choix. Ce qui serait peut-être encore mieux, c’est une sorte de menu « table d’hôte du midi », où vous avez une soupe ou une salade, le choix entre 10 plats principaux, et un café.
Je sais que d’autres dans ce domaine ont peut-être du mal à faire entendre leur message de façon productive, et je crois fermement qu’il faut aider à agrandir la tarte.
Je veux continuer à faire passer le message aux gens qui travaillent avec des familles en affaires de ne pas simplement tenir pour acquis que les questions familiales vont se régler d’elles-mêmes, et que le seul client clé est l’entreprise.
Le besoin est énorme, même s’il ne s’est pas encore manifesté sous forme d’une énorme demande. Personne ne peut « accaparer le marché », mais nous pouvons contribuer à faire croître la demande en continuant de diffuser le message.
Aimeriez-vous voir mes tables d’hôte du midi? Restez à l’écoute.