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Pour faire suite au billet sur l’escalier mécanique
Cela fait quelques années que je n’ai pas écrit de billet en deux parties, et quand il m’arrivait de le faire, c’était prévu ainsi d’avance, lorsque je savais à l’avance que je traitais d’un sujet plus long.
Celui-ci n’était pas prévu du tout, alors cette suite au billet de la semaine dernière, The Crowded Escalator Problem in Family Planning (Le problème de l’escalier mécanique bondé dans la planification familiale), est un peu une surprise, même pour moi!
Après avoir terminé ce billet, il m’est resté en tête, et j’ai réalisé que j’avais laissé beaucoup de choses non dites dans ce texte.
J’espère que vous conviendrez qu’il valait la peine de revenir sur cet autre point de vue, celui du début de la montée en escalier mécanique, par opposition à la fin.
L’escalier mécanique servant de métaphore pour le parcours de vie des membres de la famille, j’espère que vous êtes prêts à vous agripper à la main courante.
Mélanger serre-livres et escaliers mécaniques?
Bon, réglons d’abord la question de la métaphore mixte : j’adore jouer avec les métaphores, alors il m’arrive d’en assembler deux, à la Frankenstein, qui semblent un peu incongrues, et c’est le cas ici.
J’espère que vous excuserez ce petit manque d’élégance, parce que je ne suis pas certain qu’il existe une meilleure façon de concevoir le point de vue dont je parle ici.
La semaine dernière, nous avons abordé la difficulté qu’ont certains membres aînés de la famille à reconnaître que le moment était venu pour eux de descendre de l’escalier mécanique qu’ils empruntaient depuis des décennies, en ce qui concerne leur rôle de leader dans l’entreprise familiale.
La clé est de distinguer ce rôle, celui qu’ils jouent à la tête d’une entreprise, de leurs autres rôles, celui de membre de la famille, et le rôle, quel qu’il soit, qu’ils continuent de jouer dans la propriété.
La période d’apprentissage prend du temps : c’est un processus
Les membres de la génération montante ont besoin de temps pour apprendre à assumer les rôles qu’on s’attend à ce qu’ils jouent à l’avenir; de leur point de vue, ils ont donc habituellement hâte de commencer.
Trop souvent, cependant, ils doivent attendre, parfois beaucoup plus longtemps que nécessaire, avant d’accéder à des postes où ils peuvent s’exercer et apprendre.
Et voici le moment eurêka que j’ai eu après avoir terminé le billet de la semaine dernière.
C’est un peu comme lorsque vos enfants sont petits et qu’ils veulent aider, disons, dans la cuisine.
Quand vous êtes pressé, il sera toujours plus rapide de refuser leur offre d’aide et de tout faire vous-même.
Leur montrer, les aider, corriger leurs erreurs, nettoyer leurs dégâts, Aaaaaarrrrggghhhh, tout ça prend tellement de temps.
Et si vous ne ralentissez jamais pour le faire, ils ne vont jamais apprendre.
Vous l’avez fait, à l’époque, alors plus tard dans la vie, il faut vous rappeler de le refaire.
D’où les serre-livres.
Retour à l’angle du « nous » par rapport au « moi »
La semaine dernière, j’ai conclu en soulignant la différence entre voir les choses sous l’angle du « moi » plutôt que sous celui du « nous ».
C’est encore tout à fait le cas ici, mais c’est aussi beaucoup plus que ça.
C’est une question d’arc du temps, et d’apprendre à le regarder avec beaucoup plus de recul. Dans le cycle de vie d’une famille, plus on prend de recul, plus tout devient simple.
Si vous regardez aujourd’hui, la semaine prochaine ou ce trimestre, faire le choix du « moi », à court terme, va toujours l’emporter.
Mais quand vous pensez à là où les choses en seront (et DEVRONT en être) dans cinq ou dix ans, le « nous » prend presque toujours le dessus.
Passons maintenant à l’histoire des couches
Je vais conclure en passant à un sujet complètement différent, mais qui concerne quand même des personnes aux deux extrémités de la vie.
Je veux parler de couches. Plus précisément, des deux personnes impliquées dans le changement de couche.
Appelons-les le « changeur », c’est-à-dire celui qui change la couche, avec toutes les tâches que cela comporte, et le « changé », c’est-à-dire celui pour qui cette couche a fait le gros du travail.
Au début de la vie des membres de la génération montante, les enfants sont les changés, et leurs parents sont les changeurs.
À l’autre bout de l’escalier mécanique, une inversion des rôles se produit naturellement.
Avec un peu de chance, les anciens changés pourront payer quelqu’un d’autre pour devenir les changeurs de leurs parents, mais je pense que vous voyez où je veux en venir.
Dans bien des rôles familiaux, nous finissons par prendre notre tour.
Comme les serre-livres, on finit par regarder dans l’autre direction à l’autre extrémité.


