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Ça devient dangereux quand les gens refusent de descendre
Quand on vaque à ses occupations en société, il y a certaines règles non écrites que les gens suivent et qui assurent la circulation fluide et sécuritaire des personnes.
Certaines reposent sur des lois écrites et appliquées, mais beaucoup sont simplement fondées sur la coutume.
La conduite automobile repose en grande partie sur des lois, saupoudrées de quelques coutumes, et elles sont habituellement enseignées de façon formelle à ceux qui veulent obtenir un permis de conduire.
La façon dont nous circulons dans les aéroports, les centres commerciaux et d’autres espaces publics est habituellement beaucoup moins formelle; c’est quelque chose que nous apprenons de nos parents, qui se soucient de notre sécurité et essaient de nous apprendre à fonctionner en société.
L’une de ces pratiques de base consiste à toujours descendre de l’escalier mécanique une fois arrivé en haut (ou en bas), et à ne pas reculer simplement pour y rester.
Pousser la métaphore aussi loin que possible
J’ai peut-être utilisé plus de mots que nécessaire pour mettre en place ma métaphore, mais je suis content d’avoir pu y intégrer le fait que ces coutumes de comportement en société nous sont habituellement enseignées dès notre jeune âge par d’autres membres de la famille.
Dans mon travail auprès de familles intergénérationnelles, il est toujours intéressant de constater à quel point les proverbiales pommes ne tombent jamais bien loin de l’arbre.
Pourtant, la génération dirigeante fait parfois certaines choses qui ne servent pas bien la famille et qui sont ensuite apprises par ses successeurs, au grand désarroi de la génération qui doit ensuite leur succéder.
Ne pas descendre de l’escalier mécanique, et ne pas libérer le passage à ceux qui sont derrière vous, est un problème que nous voyons beaucoup trop souvent.
Ce n’est sécuritaire pour personne, et les répercussions sont considérables.
Les exemples abondent – examinons-en quelques-uns
Il y a deux ou trois mois, dans Starting Family Discussions Late – 5 Considerations j’ai raconté une histoire vécue au sujet d’une grande famille de la ville où je rendais visite à des proches.
La matriarche était décédée récemment, ce qui faisait naître l’espoir qu’une partie de l’incertitude à laquelle faisaient face les générations montantes soit bientôt dissipée.
Ce que je n’avais pas beaucoup approfondi à ce moment-là, et que j’espère aborder ici, ce sont les effets en cascade qu’un tel manque de clarté peut avoir sur les générations suivantes de ces familles.
Quand ceux qui ont 80 ou 90 ans n’ont toujours pas terminé leur trajet sur le proverbial escalier mécanique, ceux qui les suivent dans la soixantaine ne peuvent pas commencer à faire leurs propres plans, ce qui étouffe ensuite la capacité de leurs descendants à déterminer où ils se situent dans tout ça.
On se retrouve alors avec des gens dans la force de l’âge et au sommet de leur carrière, dans la trentaine et la quarantaine, qui sont incapables de prendre des décisions clés quant à savoir s’ils ont ou non un avenir dans l’entreprise familiale.
Une histoire extrême récente
J’ai récemment fait une présentation sur la planification de l’héritage devant un groupe de l’industrie au centre de l’univers (les lecteurs canadiens savent tous que je parle de Toronto).
Pendant la période de questions, une personne présente a raconté son histoire, que je vais relater ici en modifiant certains faits par souci de confidentialité.
Le fondateur de la G1 approche des 100 ans et a encore pleinement la main haute sur toutes les décisions importantes, y compris bon nombre de décisions courantes.
Malheureusement, l’héritier présomptif de la G2 est décédé récemment, ce qui a renforcé chez le fondateur le sentiment qu’il doit rester en poste encore plus longtemps.
La personne de la G3 qui assistait à ma séance, qui tente de diriger l’entreprise avec un frère ou une sœur (et tous deux voient les choses très différemment, soit dit en passant), doit maintenant composer avec un grand-père fondateur qui se mêle de tout, une mère qui détient soudainement une importante part de la propriété sans jamais avoir participé à l’entreprise, et un frère ou une sœur à égalité.
Quand les enfants de cette personne, qui arrivent à leurs meilleures années de travail, demandent à leur parent de leur brosser un portrait de leur avenir dans cette entreprise familiale, comment peut-il faire autre chose que hausser les épaules et dire : « On verra… »?
Passer du « moi » au « nous »
Je suis souvent trop indirect dans mes écrits quand je parle de l’importance d’« avoir des discussions importantes ».
Je veux maintenant souligner que parler ne suffit pas, et qu’il faut passer à l’action.
L’une des actions clés qui doivent se produire, c’est que les leaders familiaux aînés descendent de ce satané escalier mécanique.
Ils doivent passer d’une attention centrée sur le MOI à ce qui est le mieux pour le NOUS.
Espérons que certains se reconnaîtront et passeront à l’action.


