La semaine dernière, la série télévisée « Breaking Bad » a pris fin avec son dernier épisode, qui comportait une brève scène que la plupart des gens n’ont probablement pas vraiment remarquée, mais qui m’a frappé en tant que conseiller en entreprise familiale.
La série tourne autour de Walter White, un ancien professeur de chimie au secondaire, qui finit par devenir l’un des plus grands fournisseurs de drogues illégales du sud-ouest des États-Unis, grâce à sa capacité à « cuisiner » des lots de méthamphétamine en cristaux très puissante.
L’intrigue réserve bien des rebondissements intéressants au fil des cinq saisons de la série. La finale culmine de façon prévisible : Walt fait l’objet d’une chasse à l’homme internationale, alors qu’il doit régler quelques affaires inachevées avant de se faire prendre, de succomber à son cancer ou de se faire tuer.
La série est passée sous le radar pendant ses premières saisons, puisqu’elle était diffusée sur AMC, une chaîne câblée américaine qu’on pourrait considérer comme le parent pauvre de HBO. J’ai découvert la série alors que sa troisième saison tirait à sa fin, grâce à mon fil Twitter.
Je suis des gens très variés sur mon compte Twitter personnel, dans les sports, les affaires, la politique et le divertissement. Le dimanche, j’ai commencé à voir des gazouillis d’une grande variété de personnes qui disaient avoir hâte à l’épisode de Breaking Bad du soir, ou qu’elles fermaient leur ordinateur pour ne pas être distraites pendant l’émission.
Sur la seule foi de ces commentaires, j’ai immédiatement commandé les DVD des saisons 1, 2 et 3.
J’ai commencé à regarder la première saison au chalet, puisque je suis le lève-tôt de la famille et que je pouvais regarder seul avant que les autres se réveillent. Je précise que regarder une série violente sur les drogues illégales n’est pas une activité que la plupart des gens veulent faire en famille.
La série crée une dépendance, un peu comme la méth en cristaux. Je blague. On peut supposer que la méth crée aussi une dépendance, mais je suis heureux de dire que je ne peux pas en parler par expérience.
Parfois, mon fils se levait tôt lui aussi et venait me rejoindre au salon, mais je n’arrivais pas à arrêter de regarder, alors j’espérais un peu qu’il ne comprendrait pas vraiment ce qui se passait à l’écran. Ça a duré environ cinq minutes. Heureusement, il n’y avait pas beaucoup de vulgarités ni de nudité.
Mon style parental est très ouvert, en ce sens qu’à peu près tout ce qui peut être partagé est partagé. L’important, c’est que lorsque c’est partagé, c’est aussi expliqué. Il y a une foule d’occasions d’apprentissage dans Breaking Bad, mais il faut mettre sur pause assez souvent.
L’angle de l’entreprise familiale dont j’ai parlé plus tôt est apparu lorsque Walt est allé voir sa femme une dernière fois et qu’il a commencé à répéter sa vieille rengaine sur les raisons pour lesquelles il avait fait tout ce qu’il avait fait. Elle l’interrompt et lui dit qu’elle ne supporte plus de l’entendre dire que c’était pour les enfants.
Walt fait alors une chose que trop peu d’entrepreneurs familiaux font. Il a admis qu’il l’avait fait pour LUI-MÊME. Il m’a surpris (agréablement) en disant qu’il adorait le pouvoir qu’il avait et que ça le faisait se sentir bien.
Combien de gens d’affaires connaissez-vous qui DISENT qu’ils le font pour leurs enfants? Combien de leurs enfants diraient : « Quoi? Il ne m’a jamais demandé ce que je voulais »?
Walt a fait entrer sa femme dans l’entreprise pour blanchir tout l’argent qu’il gagnait grâce au succès de sa production de méth. Mais Walter Junior n’a appris la nature de la véritable entreprise de son père qu’à la fin, et il n’était pas vraiment fier de son papa.
Mon conseil : gardez toute entreprise familiale du bon côté de la loi, mais reconnaissez aussi pour qui vous le faites. Si c’est vraiment POUR les enfants, vous pourriez peut-être leur demander leur avis!
