Family business and legacy adviser

Comment détruire une relation d’affaires de 20 ans (2 de 2)

Partie 2 : le brevet, mais pas la marque de commerce

La semaine dernière, nous avons vu comment quelqu’un d’autre a détruit une relation d’affaires de 20 ans dans laquelle j’étais impliqué. Cette semaine, nous allons examiner une autre entente de 20 ans qui appartient maintenant au passé, mais cette fois, le coupable est quelqu’un que je vois dans mon miroir tous les jours.

Au début des années 1990, mon père a conclu une entente avec un concurrent, aux termes de laquelle celui-ci a acquis tous les actifs d’exploitation de notre entreprise. Notre entreprise familiale est passée de 250 personnes à 4, et deux d’entre elles s’appelaient Steve Legler.

Il nous restait l’immobilier et la propriété intellectuelle (PI). La PI se composait essentiellement de quelques brevets et marques de commerce sur des produits spécialisés que nous fabriquions depuis un certain temps avant la vente des activités. Une grande partie de l’attrait de l’entente, pour les deux parties, résidait dans un accord de licence par lequel l’entreprise acquéreuse devenait aussi notre titulaire de licence exclusif.

Quand deux entreprises concluent un accord de licence, elles commencent toujours en espérant le meilleur, mais on ne sait jamais comment les choses tourneront à long terme. Des entreprises sont vendues, des dirigeants changent de poste et les priorités évoluent, si bien qu’on ne sait jamais vraiment si l’entente se déroulera comme on l’espérait.

Mais si les ententes qui ne se déroulent pas comme prévu sont la règle, cette entente-là était vraiment l’exception. Notre titulaire de licence a versé chaque paiement de redevances en entier et à temps. Nous avions accès aux plus hauts dirigeants de l’entreprise, et ils ont respecté chaque aspect de l’entente à la lettre.

Alors, qu’est-ce qui a mal tourné? Eh bien, d’abord, ils n’ont jamais vraiment fait croître le marché du produit, et nous avons toujours eu l’impression qu’il y avait un potentiel inexploité qu’ils auraient pu exploiter pour développer le marché dans d’autres territoires.

Ils ont bien fait appel à un distributeur qui s’occupait du volet marketing et qui a fait croître le marché quelque peu. Quand ce distributeur a été acquis par un autre fabricant, qui avait une portée plus mondiale, il semblait que celui-ci conviendrait mieux à mon rêve d’une plus grande croissance du marché pour la gamme de produits.

Alors, quand notre entente initiale est arrivée à la croisée des chemins avec l’expiration d’un brevet, j’ai pris la décision hâtive de conclure une entente avec l’entreprise qui, je l’espérais, permettrait enfin à ce produit d’atteindre son véritable potentiel, et je lui ai offert une licence de marque de commerce.

Nous voici à peine deux ans plus tard, et il ne me reste rien pour ma peine. Les choses ne se sont pas passées comme prévu : le nouveau titulaire de licence n’a pas pris un bon départ, en essayant de faire les choses « à sa façon », avec peu ou pas de contribution de ma part. Finalement, d’autres problèmes internes ont fait reculer notre gamme de produits loin dans la liste des priorités de l’entreprise, et me voilà maintenant à regarder de l’extérieur.

J’avais un tiens depuis plus de 20 ans. Je croyais qu’il y avait plusieurs tu l’auras à aller chercher, et je les voulais.

Maintenant, je me sens comme le gars qui s’est lassé de sa femme et l’a quittée pour une version plus jolie et plus sexy, simplement parce qu’il croyait que cela le rendrait plus heureux. Maintenant, la nouvelle m’a laissé tomber, et j’aimerais bien retourner auprès de ma femme.

Je suis à peu près certain que si je faisais cela à ma femme, elle ne me reprendrait pas. J’espère seulement que mon ancienne relation d’affaires a de meilleures chances d’être sauvée.

Je sais que ce ne sera pas facile, parce que je sais que si les rôles étaient inversés, j’aurais à y réfléchir longuement avant d’envisager une réconciliation.

Mais je dois essayer, et écrire ce billet m’a aidé à amorcer la démarche.

Morale : parfois, « on ne sait pas ce qu’on a avant de l’avoir perdu ».

Steve Legler « comprend » les familles en affaires.
Il comprend les enjeux auxquels les familles font face, ainsi que la façon dont chaque membre de la famille voit les choses de son propre point de vue.
Il se spécialise dans l’accompagnement des familles en affaires à travers les zones délicates où la famille et l’entreprise se chevauchent, en écoutant les préoccupations et les idées de chacun. Il aide ensuite la famille à travailler ensemble pour combler les écarts en établissant des objectifs communs, fondés sur leurs valeurs et leur vision partagées.
Son parcours dans l’entreprise familiale, son expérience à la tête de son propre bureau familial (family office), ainsi que sa formation en coaching, en facilitation et en médiation, le rendent particulièrement apte à conseiller les familles en affaires et les familles fortunées.
Il est l’auteur de Shift your Family Business (2014), il a obtenu son MBA de la Richard Ivey School of Business (UWO, 1991), il est titulaire du titre de CFA (CFA Institute, 2002), Family Enterprise Advisor (IFEA 2014), et il a reçu les accréditations ACFBA et CFWA (Family Firm Institute 2014-2015).
Il est fier de sa capacité à aider les familles à créer l’harmonie dont elles ont besoin pour soutenir l’héritage qu’elles souhaitent. Pour savoir comment, commencez par vous abonner à son infolettre mensuelle et à ses billets hebdomadaires ici.

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