Note de la rédaction : ce billet de blogue est essentiellement une traduction du billet de la semaine dernière, qui avait été rédigé en français
Récemment, j’ai eu l’occasion de réfléchir au fait d’offrir un « choix éclairé ». Tout a commencé pendant que je suivais un cours en résolution de conflits, dans lequel j’ai eu la chance d’agir comme médiateur entre des parties opposées, dans divers scénarios.
Le cours reposait sur la « négociation fondée sur les intérêts », et l’un des formateurs a souligné que l’un des objectifs du médiateur est de s’assurer que les parties font ce qu’il a appelé « un choix éclairé ».
Je n’y avais jamais pensé de cette façon, alors je l’ai bel et bien noté, à l’encre, dans mon cartable de cours, en ajoutant le mot « BLOGUE! » à côté. (J’en ai d’ailleurs tiré deux billets : un « blogue » la semaine dernière, en français, et celui-ci.)
Or, prendre des notes en classe n’est pas quelque chose que je fais très souvent, puisque je crois que si quelque chose est vraiment important, je m’en souviendrai, et que si je ne m’en souviens pas, ce n’était probablement pas si important de toute façon.
Mais l’idée que l’un des rôles d’un médiateur est de s’assurer que les parties choisissent d’accepter ou de rejeter une offre SEULEMENT après avoir compris tous les enjeux et toutes les conséquences, eh bien, c’était nouveau et presque révolutionnaire pour moi.
Ceux qui me connaissent bien savent que je crois que la communication est le sujet le plus important pour les familles en affaires. Trop souvent, le manque de communication et une mauvaise communication deviennent des sources de problèmes majeurs pour ces familles.
Le résultat de ces erreurs de communication, c’est que les gens finissent par prendre des décisions fondées sur des perceptions des faits qui sont loin d’être éclairées et claires, mais qui relèvent plutôt d’hypothèses erronées et mal informées.
Quand je travaille avec des familles qui n’en sont pas au point d’avoir besoin de médiation, je les encourage à partager leurs idées et leurs points de vue, et à communiquer régulièrement sur ces points.
Cela se fait toujours en partant du principe que les meilleurs choix et les meilleures décisions se prennent après réflexion, dans une situation où chaque personne peut affirmer qu’elle agit en disposant de toute l’information disponible et qu’elle fait réellement un choix pleinement éclairé.
Caché quelque part dans tout cela se trouve un autre point important. Dans bien des situations typiques qui exigent une médiation, les parties n’ont aucun lien entre elles, et l’une ou l’autre peut avoir un certain avantage en ce qui concerne l’information dont elle dispose, sa compréhension de la situation et les solutions de rechange possibles.
Quand il s’agit de membres d’une même famille, j’estime qu’il est encore plus important de veiller à ce que chaque personne ait la possibilité de faire un choix fondé sur les mêmes faits.
J’ai récemment écouté sur le Web une présentation d’un collègue de Toronto, Jeff Noble de BDO, sur les conventions entre actionnaires. Il y a mentionné une statistique renversante : selon certains avocats, 80 % des conventions entre actionnaires qu’ils préparent ne sont jamais signées! Mais pourquoi donc?
Le but de sa présentation était de convaincre les familles en affaires d’élaborer leurs conventions de façon coopérative, ensemble, en partageant leurs points de vue respectifs. Ainsi, elles peuvent arriver à une entente que chaque personne signera réellement, de plein gré.
Et c’est pourquoi j’intitule ce billet « L’importance d’offrir un choix éclairé », et non simplement « L’importance d’un choix éclairé ».
Ce qui est à la fois très important et parfois très difficile, c’est de s’assurer que toutes les parties ont réellement l’attitude appropriée et l’esprit de coopération nécessaires pour arriver à ces décisions vraiment durables.
Vous croyez peut-être que, lorsqu’il s’agit de membres d’une même famille, il sera toujours très facile d’y parvenir, mais malheureusement, ce n’est pas toujours le cas.