J’ai dîné avec un ami il y a quelques semaines, et il s’est avéré que nous avions une connaissance commune. « Bryan » m’a raconté que lui et « Larry » avaient récemment eu une longue discussion sur les choses qui sont véritablement « noir ou blanc ». J’aurais aimé être là, parce que pour moi, « tout est gris », comme je le lui ai dit.
Il y a un dossier dans mon compte de courriel où je garde mes idées de blogue, et l’idée de ce billet sur la « grisaille » y dort depuis une éternité, alors je me suis dit qu’il était temps de m’y mettre.
Le titre du billet d’aujourd’hui est une phrase de la chanson « Mr. Jones » des Counting Crows, parue en 1998, qui est depuis longtemps l’une de mes préférées. La chanson dit que « toutes les belles couleurs sont très, très significatives » et le chanteur poursuit : « Le gris est ma couleur préférée ».
J’ai toujours adoré le gris, et pas seulement parce qu’en anglais, on peut l’écrire gray ou grey; il va aussi avec tout!
Mais revenons au gris par rapport au noir et au blanc. Je crois qu’entre le noir et le blanc, il y a plus de 49 nuances de gris. Je n’ai pas lu le fameux livre, et je ne l’ai pas aperçu non plus sur la table de chevet de ma femme.
Mais sérieusement, très peu de choses dans la vie sont à 100 % noires ou blanches. Dans mon ancienne vie, quand je gérais personnellement les portefeuilles de notre bureau familial (family office), j’avais imprimé une copie des « Vingt règles pour les négociateurs » d’un rédacteur d’infolettre.
La liste, qui comprenait une règle disant à peu près « Vous devez toujours suivre les règles », concluait plus loin qu’il fallait « savoir quand ignorer les règles et les enfreindre ». Bon, d’accord.
Beaucoup de gens aiment vraiment que les choses soient noires ou blanches, parce que cela simplifie beaucoup les choses quand la prise de décision est claire et fondée sur des règles. Mais il survient inévitablement des exceptions, et c’est là qu’il faut faire preuve de jugement. Comme vous l’avez peut-être remarqué, ce n’est pas tout le monde qui a un bon jugement, ce qui peut poser problème.
Dans le domaine de l’entreprise familiale, certains conseillers apprennent à se fier à certaines pratiques qui ont bien fonctionné avec quelques clients, puis présument qu’elles devraient s’appliquer comme des règles strictes à tous leurs clients. Aïe, je m’inquiète toujours quand des conseillers sont si sûrs des solutions avant même de comprendre le client.
Je n’ai pas beaucoup de choses non négociables, parce qu’il y a presque toujours des exceptions qui surgissent dans une situation ou une autre avec un client ou un autre.
Si j’avais une telle « règle », ce serait qu’avant d’embaucher leurs enfants à temps plein dans l’entreprise familiale, les parents devraient exiger que les enfants travaillent pour quelqu’un d’autre pendant quelques années.
Mais même si je recommande fortement cette pratique, je suis convaincu qu’elle n’est pas toujours nécessaire, et je pourrais citer de nombreux cas où elle n’a pas été suivie sans qu’il y ait d’effets néfastes.
Je me souviens encore du moment où j’étais sur le point d’obtenir mon diplôme de McGill et où mon père m’a dit qu’il avait entendu des gens, lors d’une réunion de CAFÉ (Canadian Association for Family Enterprise), parler de cette idée de demander aux enfants d’« aller d’abord se trouver un vrai emploi ». J’étais assez emballé, jusqu’à ce qu’il termine sa phrase et dise : « Mais on ne fera pas ça ».
Si vous me poussiez à trouver quelque chose qui n’est pas gris, je suppose que je devrais aller du côté de l’intégrité, parce que c’est là qu’il n’y a aucune place pour le gris.
Et je viens de chercher le mot « intégrité » sur Google pour trouver une super conclusion à ce billet, et regardez ce que j’ai trouvé, une entrée avec deux définitions du mot :
- La qualité d’être honnête et d’avoir des principes moraux solides.
- L’état de ce qui est entier et non divisé.
Je suis d’accord avec ça. Mais le gris reste ma couleur préférée!