La semaine dernière, j’ai assisté à un événement d’une journée complète organisé par l’IMAQ, l’« Institut de médiation et d’arbitrage du Québec », qui comprenait quatre présentations distinctes données par des praticiens d’expérience dans le domaine.
Leur objectif était de « démystifier » la médiation et l’arbitrage dans le contexte des conflits en milieu de travail, et j’y suis allé pour prendre le pouls du milieu local de la médiation-arbitrage ici, à Montréal. La qualité des présentations était très élevée, et c’était agréable d’apprendre que le monde des modes alternatifs de règlement des différends semble en bonne santé et en croissance.
L’une des présentations portait sur la façon de composer avec une personne narcissique lors d’une médiation. Les deux présentateurs étaient des médiateurs d’expérience, mais ils venaient de professions différentes. Le premier à prendre la parole était un avocat, ce qui n’est pas inhabituel, mais le second était un psychologue.
Le psychologue a proposé beaucoup de choses à faire et à ne pas faire avec ce type de personne, et cela m’a rappelé une discussion récente avec un collègue qui m’a dit qu’il essayait d’éviter de travailler avec des fondateurs d’entreprise, parce que la plupart d’entre eux sont des narcissiques.
Je ne suis pas certain que les fondateurs soient de vrais narcissiques, mais je peux vous dire que s’il existe un continuum du narcissisme, la plupart des fondateurs d’entreprise prospère se situeraient, pour la plupart, plutôt vers le haut de l’échelle.
Mais l’idée principale de ce billet était évoquée dans le titre : regarder vers l’avant plutôt que vers l’arrière.
Pendant une présentation sur les différents types de modes alternatifs de règlement des différends, une diapositive indiquait que les médiateurs regardent vers l’avant, alors que les arbitres regardent vers l’arrière. Hmmm. Je n’y avais jamais pensé de cette façon.
Un arbitre écoute les deux parties, porte un jugement et finit par rendre une décision, un peu comme un juge, mais avec moins de règles et souvent moins de formalités.
L’arbitre se tourne vers ce qui s’est passé dans le passé, entend les deux parties parler de choses qui se sont produites dans le passé, et tente de trancher et de rendre une forme de décision qui sera appliquée aujourd’hui pour régler la question.
Un médiateur voit les choses d’une perspective très différente et, à bien des égards, se soucie davantage de l’avenir que du passé.
Quand on pense aux situations en milieu de travail, en supposant que les deux personnes impliquées dans un différend veulent conserver leur emploi, il est important de trouver une solution durable et viable, et c’est pourquoi on préfère souvent la médiation à l’arbitrage.
Quand on se penche sur les entreprises familiales, il est encore plus important de chercher des façons de régler les choses d’une manière qui a du sens à long terme pour la famille et pour l’entreprise.
Certains diront qu’une fois rendu au point d’avoir besoin de faire appel à un médiateur, les choses doivent déjà aller plutôt mal, et c’est peut-être vrai, mais c’est une question de degré.
Idéalement, tout le monde s’entend bien et l’harmonie règne. Mais souvent, les gens ne s’entendent pas parfaitement et ont besoin d’aide pour remettre les choses en ordre, ce qui peut parfois se faire avec une simple facilitation.
Si les choses commencent à empirer, il est peut-être temps d’essayer quelque chose qui ressemble davantage à la médiation, où le médiateur tente de trouver un terrain d’entente sur lequel rebâtir l’harmonie que les gens cherchent à retrouver.
Plus tôt vous reconnaissez que quelque chose cloche et faites appel à quelqu’un pour vous aider à régler la situation, plus vous aurez d’options entre la facilitation, la médiation ou même l’arbitrage.
Si vous attendez trop longtemps et que le différend s’envenime, les choix diminuent malheureusement et il deviendra temps de « prendre un avocat ». C’est là qu’on se retrouve avec ces histoires d’entreprises familiales qu’on lit dans les journaux.
Et elles se terminent rarement bien.