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Jugement, et non jugement

Écrire un billet de blogue chaque semaine m’oblige à être constamment à l’affût de sujets intéressants; alors chaque fois que je remarque un choix de mots intéressant, ma première pensée est habituellement : « Comment puis-je en faire un bon billet? »

C’est ce qui s’est passé la semaine dernière, que j’ai passée à Ottawa à suivre le premier des quatre cours du programme de formation Third Party Neutral (TPN), donné par le Canadian Institute for Conflict Resolution (CICR).

Comme je travaille souvent avec divers membres d’une famille en affaires pour les aider à traverser certaines des questions épineuses auxquelles ils font face ensemble, rester neutre est un énorme atout. Même la simple perception que je prends parti peut rapidement jouer contre moi.

Lorsqu’une famille fait appel à quelqu’un de l’extérieur pour l’aider, c’est habituellement l’objectivité de cette personne externe qui est citée comme l’une des plus grandes ressources qu’elle apporte. Les voix impartiales et neutres sont souvent absentes quand tous ceux qui sont concernés ont beaucoup en jeu.

Le choix de mots intéressant qui a piqué ma curiosité provenait d’une liste des principes du processus Third Party Neutral, le principe 7 (sur 9) : Judgement, Not Judgement (« Jugement, et non jugement »).

Ma première pensée a porté sur l’orthographe, mais il ne pouvait pas s’agir de choisir entre « judgement », avec le E, ou « judgment », sans.

Ayant écarté cette idée, mon esprit s’est vite mis au travail pour essayer de comprendre ce que cela voulait dire, et c’est rapidement devenu assez clair, malgré la juxtaposition ironique.

J’aime penser que j’ai un bon jugement, mais encore une fois, la plupart d’entre nous se perçoivent ainsi, de la même façon que des études montrent qu’une grande majorité de gens se considèrent comme de meilleurs conducteurs que la moyenne.

La première occurrence du mot « jugement » dans les lignes directrices du TPN faisait clairement référence à cette forme de jugement, c’est-à-dire faire preuve de jugement, réfléchir avant d’agir, bien considérer les choses avant de décider, ce genre de choses.

Le deuxième « jugement », celui qui suit le « non », est le mauvais. Alors que le premier, le bon, celui que vous êtes censé avoir et utiliser, fait penser à la qualité d’être « judicieux », le deuxième relève entièrement du fait d’être « porté à juger »

Lorsque j’ai suivi mes cours de coaching au CTI il y a quelques années, l’une des premières choses que nous avons apprises était l’importance de l’écoute. Nous avons parlé d’« écoute active » et d’« écoute de niveau 3 », mais pour moi, le message le plus important à retenir était que nous devions maîtriser la capacité d’« écouter sans jugement ».

Voyons quelques définitions que j’ai trouvées en ligne pour « judicieux » par opposition à « porté à juger ».

Judicieux : qui a, montre ou fait preuve d’un bon jugement ou de bon sens

Porté à juger : qui a ou affiche un point de vue excessivement critique.

La plupart des fondateurs d’entreprise qui ont réussi à bâtir une entreprise ont la chance d’être très judicieux.

Malheureusement, le succès qu’ils ont obtenu les amène parfois à croire qu’ils ont aussi le don de savoir ce qui est le mieux pour les autres, et certains deviennent également portés à juger.

Ils ne se promènent pas nécessairement en disant à tout le monde ce qu’ils devraient faire. Ils n’ont pas le temps de le faire avec tout le monde, alors ils se concentrent sur leurs proches. Vous savez, ceux qu’ils aiment : leur famille.

C’est là l’une des raisons pour lesquelles le fondateur de l’entreprise familiale n’est pas souvent celui qui voit la nécessité de faire appel à un tiers objectif.

Vous pensez peut-être que ce commentaire de ma part semble porter un jugement sur les fondateurs d’entreprise, et je ne parviendrais probablement pas à réfuter cet argument.

Être neutre est un travail exigeant, surtout pour des humains. Le programme TPN consiste à être le gardien d’un processus neutre, mené par un humain formé pour guider ce processus.

La meilleure façon pour moi d’être utile à ces familles est de laisser mes préjugés à la porte, et je travaille constamment sur les compétences nécessaires pour y arriver.

Au cours des prochains mois, je suivrai les formations TPN 2, 3 et 4, et j’en dirai davantage sur ce sujet par la suite.

Des questions, des commentaires? sl@stevelegler.com

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