Cette semaine, j’étais à Denver pour des conférences du Purposeful Planning Institute, l’une de mes organisations préférées. Je tenterai d’en faire un résumé la semaine prochaine.
Mardi, j’ai noté l’expression « Le progrès est plus important que la perfection » pendant l’une des séances. « Oh, j’aime bien celle-là, je l’ai même déjà utilisée moi-même », me suis-je dit.
Le problème, c’est qu’en raison du nombre de présentations et de ma prise de notes pas très brillante, j’ai complètement oublié le contexte dans lequel elle a été soulevée, alors j’avance un peu à l’aveuglette ici.
Je vais donc plutôt vous parler des contextes dans lesquels j’ai déjà entendu et utilisé ce concept, puis j’aborderai son importance dans le domaine de la transition de l’entreprise familiale, du patrimoine et de l’héritage.
Cette expression m’a aussi rappelé une autre expression, en apparence contradictoire, avec laquelle je me suis débattu, alors je vais aussi essayer de concilier les deux.
Les cours de coaching
Quand j’ai commencé à suivre des cours de coaching il y a des années, l’idée de simplement essayer d’aider les gens à se « débloquer » m’a vraiment interpellé. Le simple fait de faire un peu de progrès et de vaincre l’inertie peut être énorme, parce que lorsqu’on se sent bloqué, n’importe où ailleurs que là où l’on est semble être un pas en avant..
À l’inverse, on vise la perfection, mais on passe tellement de temps à viser avec la carabine qu’on ne tire jamais un seul coup. (Je ne suis pas un grand amateur d’armes à feu, mais je viens de passer une semaine dans le Far West, alors pardonnez-moi cette analogie.)
Nous connaissons tous des gens qui remettent les choses à plus tard indéfiniment, en attendant le moment parfait pour agir, qui n’arrive jamais.
Zig Ziglar avait d’excellents numéros à ce sujet : il parlait des gens qui vivent sur « l’île d’Un jour peut-être » et il remettait aux gens un morceau de carton rond sur lequel était écrit « To It », pour qu’ils puissent enfin faire toutes les choses qu’ils avaient promis de faire quand ils auraient « a round ‘to it’ » (jeu de mots anglais sur « get around to it », trouver le temps de le faire).
Les transitions familiales
Les familles qui réfléchissent à la façon dont elles vont transmettre leur entreprise, leur patrimoine et leur héritage à la génération suivante tombent souvent dans ce piège, elles aussi. Ce n’est presque jamais le « bon moment » pour commencer ce travail, alors les retards au démarrage sont très courants.
Une transition bien faite et mûrement réfléchie prend habituellement des années, alors cet « état parfait » est vraiment loin, et le temps qu’il faut pour apercevoir la ligne d’arrivée peut décourager les familles en cours de route.
Les bons conseillers rappellent constamment à leurs clients tout le chemin parcouru, le fait qu’ils avancent dans la bonne direction, et l’importance d’avoir des attentes réalistes.
Sur le plan personnel, j’ai utilisé le concept progrès/perfection pour rester motivé dans mon propre projet à long terme, celui d’atteindre un poids plus sain.
Ni les transitions familiales ni la perte de poids ne suivent habituellement une ligne droite, alors savoir se satisfaire d’un certain progrès peut être un élément énorme pour encourager la persévérance.
Mais j’ai ensuite pensé à cette autre expression : « Ne laissez pas le “bien” devenir l’ennemi de l’“excellent” ». Hmmm… J’aime bien celle-là aussi, mais elle semble contredire « le progrès plutôt que la perfection ».
L’orientation vers l’action
Le bien par rapport à l’excellent, c’est plutôt le fait de se contenter de quelque chose de médiocre et, par conséquent, de ne jamais essayer d’atteindre quelque chose d’excellent. Pour moi, les grandes différences tiennent à l’élément temps et à la séquence.
Dans une situation statique, le bien et l’excellent, c’est se contenter de quelque chose de sous-optimal et être trop paresseux pour viser mieux. La famille s’entend « correctement », alors pourquoi essayer d’améliorer les choses? On risque seulement de les empirer. On n’atteindra jamais un meilleur état, à cause de l’inertie et de la peur.
Dans un contexte dynamique, comme un projet, il ne s’agit plus de commencer, il s’agit maintenant de ne pas se décourager au point d’arrêter en cours de route. « Nous avons essayé d’amener les enfants à bien travailler ensemble, et ils ne font toujours pas de grandes choses ensemble, alors à quoi bon? »
Eh bien, s’ils ne se parlaient même plus depuis des années et qu’ils peuvent maintenant être dans la même pièce et se parler poliment, pouvons-nous convenir que c’est une amélioration?
Les petits pas doivent être reconnus et célébrés comme des progrès importants. Ensuite, il faut persévérer. Maintenant que les choses vont « bien », essayez de les rendre excellentes!
Le progrès, c’est bien, mais continuez de viser l’excellence.
