Il n’y a pas de destination
L’inspiration du billet de cette semaine vient d’une excellente citation que j’ai vue sur Twitter il y a quelques semaines. Elle est de Marie Forleo, coach de vie et conférencière motivatrice.
J’ai commencé à la suivre sur Twitter il y a quelques mois, après avoir vu une entrevue qu’elle avait réalisée avec Brené Brown au sujet du livre de cette dernière, Braving the Wilderness.
Voici, de mémoire et mot pour mot, son gazouillis :
Il n’y a pas de destination.
TOUT est voyage. Tout. Sans. Exception.
Wow, je suis depuis un bon moment un grand adepte de toute cette mentalité du « la vie est un voyage », mais je n’avais jamais entendu personne le dire aussi clairement et avec autant d’insistance.
Les versions de l’entreprise familiale
Il est assez facile de se laisser séduire par les « destinations » dans la vie, et les entreprises familiales ne sont pas étrangères à ce phénomène.
« Si nous pouvons seulement atteindre X 000 000 $ de ventes, nous aurons réussi. » (Où X peut être 1, 10, 100…)
Une autre bonne : « J’ai hâte de succéder à papa comme président. »
D’accord, c’est un bel objectif, mais ce n’est pas vraiment une destination formidable en soi, puisque c’est à ce moment-là que le vrai travail commence.
(Je pense à un exemple bien connu d’une personne qui voulait devenir président, mais qui s’est montrée moins qu’enchantée de devoir réellement faire le travail; hélas, j’essaie d’éviter de parler de politique ici.)
Des haltes intermédiaires
Comprenez-moi bien, je ne suis pas contre le fait de se fixer des objectifs, comme des chiffres de ventes annuels ou des promotions à des postes clés.
Des études montrent que les gens qui ne notent pas leurs objectifs par écrit sont beaucoup moins susceptibles de les atteindre, et c’est tout à fait logique.
En fait, fixer des objectifs pour votre service, votre équipe ou toute l’entreprise est aussi une chose que tout le monde devrait faire, mais il faut vous assurer qu’ils sont simplement perçus comme des haltes intermédiaires en cours de route.
Atteignez l’objectif, savourez-le, célébrez-le, puis passez au suivant. N’oubliez pas : ce n’est pas une destination.
Profitez du voyage
Pour moi, la principale leçon à retenir, c’est que nous sommes toujours en route vers quelque part, alors aussi bien en profiter.
En fait, si nous n’en profitons PAS, nous devrions sérieusement envisager de trouver un autre voyage à entreprendre.
Trouvez un voyage que vous aimerez.
Il y a bien des gens qui font des choses qu’ils n’aiment pas, et devinez quoi, certains d’entre eux travaillent même dans l’entreprise de leur propre famille.
Bon nombre d’entre eux se font probablement croire que les choses vont s’améliorer comme par magie, vous savez, une fois qu’ils auront atteint la « destination ».
Si vous croyez cela, je vous invite à relire le titre de ce billet.
Un point de vue personnel
Nous avons tous notre propre point de vue sur ce sujet, et j’aimerais vous faire part du mien. Non, ce ne sera pas une histoire du genre « faites simplement comme moi », parce que ce n’est généralement pas mon style.
En fait, c’est plutôt une leçon du genre « ne faites pas comme moi », dont j’espère que certaines personnes pourront tirer profit.
Et d’ici la fin, je vais peut-être même contredire en partie ma prémisse principale, mais allons-y.
Un événement de liquidité précoce
En 1991, mon tout nouveau MBA en poche, je suis retourné dans notre entreprise familiale en m’attendant à être préparé pour en prendre un jour la relève.
C’était le plan de papa depuis ma naissance. Remarquez que je n’ai pas dit que c’était MON plan.
Au lieu de cela, dans les 6 mois suivant mon retour, nous (il) avons vendu les activités de l’entreprise, et nous sommes passés de 250 employés à 4, puis finalement à 3.
J’ai ensuite passé les 2 décennies suivantes à diriger notre petit bureau familial (family office), à faire ce qui devait être fait.
Pas de destination, pas même de voyage
Ce n’est qu’en 2013 que j’ai enfin trouvé ma vocation : le travail auprès des entreprises familiales, qui m’anime maintenant dans tout ce que je fais.
Pendant plus de 20 ans, j’ai fait ce que je croyais devoir faire, en jouant le rôle du « fils dévoué ».
Je connais d’autres membres de la relève familiale qui suivent des parcours semblables, et même si c’est bel et bien un parcours, si ce n’est pas un voyage que vous aimez, ça ne donne pas une carrière très agréable.
« Mon » voyage
Tout le monde mérite d’avoir l’occasion de trouver et de faire quelque chose qui l’anime, afin de pouvoir profiter du voyage de la vie.
Je suis tellement content d’avoir trouvé le mien, mieux vaut tard que jamais!
Et vous, quel est le vôtre? Qu’est-ce qui vous bloque?
