Family business and legacy adviser

Ikigai : un « modèle à quatre cercles » du capital humain

Cette semaine, nous allons nous pencher sur un modèle intéressant que j’ai découvert l’an dernier, et voir comment il pourrait s’appliquer aux familles entrepreneuriales.

Quand je l’ai vu pour la première fois, je croyais à tort qu’il était déjà assez connu, mais ça ne semble pas être le cas.

Au congrès de la FFI l’automne dernier à Londres, l’un des présentateurs l’avait sur une diapositive PowerPoint et a demandé combien de personnes le connaissaient. Sur des dizaines de personnes dans la salle, j’étais l’une des quelques rares à lever la main.

Le modèle vient du Japon et s’appelle Ikigai, et le sous-titre du graphique que j’ai trouvé le décrit comme « un concept japonais signifiant “une raison d’être” ».

Ikigai : un « modèle à quatre cercles » du capital humain

Des notions assez profondes

J’imagine que cela donne l’impression qu’il s’agit de notions assez profondes (et potentiellement « lourdes »), mais je promets de ne pas trop m’égarer.

Comme d’habitude, je veux examiner comment les choses touchent les familles, qu’elles dirigent une entreprise, aient un bureau familial (family office) ou fassent simplement partie du groupe des « ultra-fortunés », et qui se soucient d’élever leurs enfants pour qu’ils aient une vie qui a du sens.

Pour la plupart des parents, peu de choses sont plus importantes que d’élever nos enfants, avec l’objectif à long terme qu’ils deviennent des personnes équilibrées et heureuses.

Certains adoptent une attitude plutôt laisser-faire à l’égard des objectifs de carrière de leurs enfants, tandis que d’autres sont assez directifs.

Ce que vous aimez, ce pour quoi vous êtes doué

Les vieux classiques « faites ce que vous aimez » et « trouvez quelque chose pour lequel vous êtes doué » sont toujours aussi pertinents lorsque nous essayons de guider nos enfants dans les choix qu’ils font en arrivant à l’âge adulte.

Bien sûr, un certain nombre d’autres considérations entrent aussi en jeu, et l’Ikigai en soulève quelques-unes.

Certaines personnes regarderont les autres dimensions et conviendront rapidement qu’elles sont aussi importantes, mais mon propos aujourd’hui, c’est qu’elles ne s’appliquent pas nécessairement de la même façon à tout le monde.

Montrez-moi l’argent

En plus d’aimer ce que l’on fait et d’être bon dans ce domaine, il est aussi important pour la plupart des gens d’être payés pour leur travail; trouver quelque chose pour lequel on peut être bien rémunéré est donc souvent très important aussi.

Remarquez que j’ai dit « souvent », et non toujours, parce que je ne parle pas de « la plupart des gens ».

Les familles qui ont déjà réussi à accumuler un patrimoine important peuvent s’avérer d’importantes exceptions à cet égard.

Ce dont le monde a besoin

Personnellement, j’ai vu d’autres modèles qui faisaient état des trois aspects que nous avons déjà abordés, mais la dimension « nouvelle » ou ajoutée est celle où l’on tient aussi compte de « ce dont le monde a besoin ».

Cela semble très bien correspondre à la façon dont on dépeint généralement bon nombre de milléniaux.

Plus que jamais, il semble que beaucoup de gens de la jeune génération se soucient vraiment davantage de la collectivité que de l’accroissement de leur propre richesse.

Ainsi, dans certains cas, des personnes peuvent trouver plus motivant de chercher des carrières où elles ont l’impression d’avoir un impact positif sur le monde, et en faire une priorité plus grande que de gagner beaucoup d’argent.

Autre génération, autres motivations

Essayer de trouver quelque chose qui coche les quatre cases peut sembler un pari peu probable.

Cela ne veut toutefois pas dire que c’est impossible ou que ça ne vaut pas la peine d’essayer.

Bien des gens ont bien réussi et ont eu une vie très gratifiante en ne « réussissant » vraiment que dans deux des quatre domaines, merci beaucoup.

Beaucoup de parents ont fait de grands sacrifices et ont occupé des emplois qu’ils n’ont jamais aimés, mais qu’ils devaient faire pour subvenir aux besoins de leur famille, dans l’espoir qu’un jour leurs enfants puissent avoir une vie meilleure.

Le groupe de Resource Generation

J’ai récemment découvert un organisme qui attire beaucoup de jeunes issus de familles financièrement aisées qui veulent faire une différence dans le monde.

Ils s’appellent Resource Generation et semblent vouloir contribuer à créer un monde où la justice sociale est plus équitable.

Je suis certain que ceux qui y participent doivent avoir des conversations très intéressantes au souper avec leur famille.

Il semble qu’il y ait effectivement des gens qui se soucient davantage de la façon dont le monde fonctionne et moins de faire de l’argent, parce qu’ils en ont déjà beaucoup.

Et je pense que le modèle Ikigai peut grandement aider les familles à discuter ensemble de ces sujets importants.

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