J’utilise parfois ce blogue pour parler d’idées abstraites qui ne semblent liées que de loin aux domaines de l’entreprise familiale et de l’héritage familial. Ce billet sera probablement l’un de ceux-là.
L’idée de ce texte est née en octobre dernier à Londres, à la conférence de la FFI, alors que je discutais avec une amie et coprésentatrice du rôle qu’elle joue au conseil d’administration d’une entreprise familiale.
Au cours de cette conversation, elle m’a raconté un commentaire que lui avait fait le patriarche de la famille, qui lui avait dit qu’il aimait le fait qu’elle « pose d’excellentes questions » et, voici la meilleure partie, qu’elle « ne se soucie souvent même pas des réponses ».
Bien sûr, je l’ai aussitôt remerciée pour cette excellente idée de billet!
Les raisons de poser des questions
Évidemment, ça m’a amené à réfléchir aux raisons pour lesquelles les gens posent des questions au départ.
Les gens posent des questions pour une foule de raisons différentes, selon toutes sortes d’éléments et le contexte dans lequel lesdites questions sont posées.
Mais la simple logique semble dicter que lorsqu’une personne pose une question, c’est qu’elle s’intéresse à la réponse!
L’indifférence par opposition au « je-m’en-foutisme »
Ceci nous amène à une nuance importante dans ce que j’ai écrit plus haut. Tout d’abord, je ne suis pas certain que ma citation du patriarche soit textuelle.
Mais surtout, je veux qu’il soit clair que ni lui, ni elle, ni moi ne croyons qu’elle ne se « soucie » vraiment pas des réponses. C’est plutôt qu’elle est indifférente à la réponse.
Et bien sûr, ça me fait penser à la fréquence à laquelle les gens posent des questions en ayant en tête une réponse attendue et prédéterminée, que vous aurez soit « bonne », soit « mauvaise ».
Les questions de coaching
Quand vous posez une question à quelqu’un, il existe littéralement un nombre illimité de façons de la formuler. Et nous n’aborderons même pas le ton de la voix et les autres aspects non verbaux, parce que ça pourrait faire l’objet d’un tout autre billet, voire d’un livre.
Ceux qui ont suivi des cours de coaching ont appris que certains types de questions donnent habituellement de meilleurs résultats, et je suis à peu près certain que ce sont ces types de questions que ma collègue utilise dans son rôle au conseil de cette entreprise familiale.
La plupart des gens ont entendu parler de l’idée d’éviter les questions auxquelles on peut répondre par oui ou par non, autrement dit de privilégier les questions ouvertes. C’est un excellent début, et ça exige aussi que vous écoutiez ensuite la réponse, qui sera alors plus longue qu’un seul mot.
Ne demandez pas pourquoi
Une autre « règle » que j’essaie de respecter est de ne pas poser de questions qui commencent par « Pourquoi ».
Même si ce n’est pas toujours le cas, très souvent, la personne à qui l’on pose une question qui commence par « Pourquoi » se sentira sur la défensive et éprouvera le besoin de « se justifier ».
Quand les gens répondent à des questions en étant sur la défensive, ça ne contribue pas nécessairement à une discussion productive.
Si vous voulez vraiment comprendre ce que quelqu’un pensait, parce que vous êtes curieux et non simplement en train de le juger, il existe de meilleures façons de poser ce genre de questions.
Quoi et comment
Le simple fait de bannir le mot « pourquoi » et de le remplacer par un « quoi » ou un « comment », beaucoup plus doux, peut faire une différence étonnamment grande.
« Comment en êtes-vous venu à la décision de faire ça? » ou « Que se passait-il à ce moment-là qui a mené à cette décision? » ne sont pas si différentes quant à ce que la personne qui pose la question veut savoir.
Mais ces deux dernières questions seront probablement reçues beaucoup plus en douceur et donneront à leur tour une réponse plus utile, qui pourra alors orienter la conversation dans une direction plus positive.
Le passé par opposition à l’avenir
Un conseil d’administration passe normalement une grande partie de son temps à se tourner vers l’avenir plutôt qu’à s’attarder au passé, et c’est là que peuvent surgir des occasions vraiment intéressantes de poser des questions.
Certaines des meilleures commencent par « Et si… » et font apparaître de nombreuses possibilités qui amènent les gens à réfléchir à ce qui pourrait être.
Quels que soient les circonstances ou le contexte, les meilleures questions sont habituellement motivées par une réelle curiosité, et non par un quelconque jugement.
C’est parfois plus facile à dire qu’à faire, mais comme pour la plupart des choses, c’est en forgeant qu’on devient forgeron.
L’attitude curieuse de la personne qui pose les questions transparaît habituellement très clairement.
