Ces temps-ci, il y a beaucoup d’incertitudes quant aux issues possibles auxquelles nous faisons tous face, et bien des personnes en position de leadership sont mises sur la sellette pour donner des réponses impossibles à connaître à des questions qui étaient inconcevables il y a quelques semaines.
Dans des moments comme ceux-ci, nous pouvons en apprendre beaucoup sur les leaders par la façon dont ils abordent ces questions, et selon qu’ils ont plutôt tendance à orienter leurs réponses dans un sens ou dans l’autre, en fonction à la fois de leur compréhension de la situation et de leur propension à pencher vers des issues plus optimistes ou plus pessimistes.
Une énorme occasion d’apprentissage
La situation actuelle causée par la pandémie de COVID-19, aussi effrayante soit-elle, offrira aussi d’excellentes occasions d’apprendre pour nous tous, si nous y sommes disposés.
Nous apprenons déjà beaucoup sur les virus et leur propagation, ainsi que sur la façon dont certaines mesures d’hygiène plutôt simples contribuent grandement à freiner cette propagation.
Mais nous apprenons aussi beaucoup sur la société, sur la façon dont différents groupes réagissent aux nouvelles selon leur culture, sur la façon dont les dirigeants politiques réagissent sous pression, et sur le fait qu’ils s’appuient ou non adéquatement sur les experts qui les conseillent.
Il y a aussi bien des choses que nous pouvons relier au monde des familles entrepreneuriales, dont je traite habituellement ici, et quelques leçons que les membres des familles apprendront aussi, espérons-le, à mesure que nous traverserons cette crise mondiale.
« Ne te mets pas en position de perdant »
Si mon père était encore vivant aujourd’hui, il serait fier que je n’aie pas oublié ce mantra qu’il répétait, et que je l’ai entendu dire plus d’une centaine de fois dans diverses situations.
Bon nombre de nos dirigeants politiques ont fait l’autruche en espérant que tout cela disparaîtrait simplement, en faisant des déclarations en ce sens et en se montrant follement optimistes, parce qu’à court terme, cela rapporte davantage sur le plan politique.
À long terme, la confiance que les gens avaient envers de tels leaders est vouée à diminuer à mesure que la vérité éclate et que la réalité s’impose.
Cela se produit dans la société avec les politiciens, et cela arrive aussi dans les familles, quand un membre de la famille fait des affirmations trop optimistes sur le patrimoine familial, ou sur ses propres capacités, à ses frères et sœurs, à ses cousins ou à d’autres.
La gratification différée
Je dis souvent que bien des problèmes d’entreprise familiale sont simplement des problèmes d’éducation des enfants qui se manifestent quelques décennies plus tard, et cela revient souvent à savoir si les parents ont tenté ou non d’inculquer à leurs enfants la valeur de la gratification différée.
J’en ai parlé dans Guimauves et filet mignon il y a environ un an et demi, et je pense qu’il est clair que certains de nos dirigeants politiques ont bien appris ces leçons tôt et continuent d’en récolter les fruits, alors que d’autres, eh bien, pas tant que ça.
La semaine dernière, j’ai utilisé une chanson comme titre de billet, et cette semaine, c’est la chanson « Teach your Children » qui me vient à l’esprit quand j’y pense.
Bon nombre d’entre nous sont maintenant soudainement entourés d’enfants à la maison, et il y a bien des leçons à tirer sous la rubrique « actualité ».
J’espère que vous profitez des occasions de leur enseigner des leçons importantes à partir des nouvelles.
Ne pas trop promettre en tant que coach
Une chose que j’aime dans le fait d’être coach auprès des familles, c’est qu’il m’est en réalité difficile de promettre plus que ce que je peux livrer.
Voyez-vous, tout coach bien formé non seulement comprend, mais dira aussi à ses clients que ce n’est pas le coach qui fait le travail dans une telle relation, mais le client (ou les clients).
Le coach est là pour fournir une certaine structure, de l’aide sur le processus, de l’orientation et un suivi des engagements, mais pas pour « faire le travail »; cela revient ultimement aux clients.
C’est en grande partie pour cela que les « livrables » ne sont pas faciles à aborder ou à promettre : ils échappent au contrôle du coach. Voir : Les livrables intangibles et le cercle familial
Les promesses aux membres de la famille
Terminons en abordant l’idée des promesses faites à la famille, puisque bon nombre d’entre nous se retrouvent soudainement à vivre à l’étroit avec des membres de leur famille, et pourraient l’être encore un bon moment.
Y a-t-il des promesses que vous avez faites par le passé et qui doivent être revues? Peut-être étaient-elles implicites, ou mal définies?
C’est peut-être le moment opportun de les clarifier. Peut-être que certaines hypothèses concernant le patrimoine doivent aussi être revues et mises à jour.
Il est plus sûr de promettre moins et livrer plus que l’inverse.
