Rédiger un billet hebdomadaire et être son propre réviseur peut parfois amener à faire des choix intéressants. Cette semaine, j’ai décidé d’utiliser dans mon titre un terme que beaucoup de mes collègues essaient en fait d’éviter.
Mais l’expression « aspects humains » (et ses dérivés « compétences humaines » et « le côté humain ») exprime effectivement très bien le contraste frappant entre le travail que nous faisons et celui des autres, y compris de nombreuses personnes avec qui nous collaborons souvent.
Ce ne sont pas les mots qui manquaient pour faire valoir mon point, mais j’ai retenu ici le contraste entre l’humain et le technique, pour des raisons que j’espère que vous apprécierez.
Les usages « normaux » de la vérification diligente
En fait, mon choix d’opter pour l’« humain » tenait surtout à son contraste avec l’autre expression du titre, « vérification diligente » (due diligence).
Et grâce à Google, on peut rapidement taper « due diligence meaning » et obtenir ceci :
- Mesures raisonnables prises par une personne afin de satisfaire à une exigence légale, en particulier lors de l’achat ou de la vente de quelque chose.
- Une évaluation complète d’une entreprise effectuée par un acheteur potentiel, en particulier pour établir son actif et son passif
Ces définitions semblent clairement correspondre à ce que la plupart des gens considéreraient comme des aspects « techniques », ou quantifiables, des questions juridiques que toutes les entreprises doivent prendre en compte, surtout lorsqu’il est question de la transition de la propriété d’une entreprise.
Et la « vérification diligente émotionnelle et interpersonnelle » ?
Commençons par un coup de chapeau à Ron Reece, un collègue américain que j’ai rencontré récemment dans le cadre d’un cours du FFI qui fait partie de son Advanced Certificate Program.
En tant que membre du corps enseignant du FFI, je communique avec tous les étudiants du cours dès le début pour organiser une rencontre Zoom, afin de faire leur connaissance et de savoir où ils en sont dans leur parcours.
Le cours porte sur la gouvernance familiale, et chaque personne de la classe y arrive sous un angle différent; c’est donc un véritable privilège d’en apprendre sur leurs expériences personnelles.
Pendant mon appel de présentation avec Ron, il m’a fait part d’une expression qu’il utilise pour souligner l’importance du travail qu’il fait avec les familles.
Il m’a dit qu’il l’appelle la « vérification diligente émotionnelle et interpersonnelle ».
« Wow, lui ai-je répondu. Je vais devoir écrire un billet là-dessus. »
La vérification diligente la plus importante ?
Ron est psychologue, alors il peut manier ce genre de jargon mieux que la plupart, mais même des gars comme moi qui viennent du monde des affaires peuvent voir comment cela peut en fait être la partie la plus importante de tout processus de vérification diligente.
En fait, elle mérite d’être mise en évidence, surtout dans les cas de relève d’entreprise familiale, justement parce qu’il y aura probablement moins de vérification diligente « habituelle », puisque la « transaction » est sans doute davantage une « transition familiale ».
Je vis une révélation en écrivant ces lignes, alors soyez patients pendant que je développe l’idée.
Les transactions exigent une vérification diligente habituelle et approfondie
Les transitions exigent une vérification diligente émotionnelle et interpersonnelle
Cette idée n’était pas dans ma tête quand j’ai commencé à écrire ce billet, et c’est justement pour ce genre de moments de clarté que je blogue chaque semaine.
Un travail important doit être fait
Si vous vendez votre entreprise à quelqu’un, l’acheteur devrait, doit et va effectuer une forme de vérification diligente avant de conclure la transaction.
Alors, quand l’entreprise passe d’une génération d’une famille à une autre, ne serait-il pas logique qu’un travail semblable soit fait pour s’assurer que tout se déroulera comme prévu ?
Les rôles sont-ils inversés ?
Ce qui rend la chose plus délicate, c’est que tout acheteur externe insisterait sur une vérification diligente, et elle aura lieu, sinon il n’y a pas de transaction, MAIS, dans une entreprise familiale, l’« acheteur » a souvent l’impression qu’on lui fait une faveur, et c’est donc généralement le vendeur qui mène le jeu.
Et c’est précisément là (et pour cette raison) que les choses tournent si souvent mal.
Quand il y a un groupe d’acquéreurs apparentés, redevables à celui qui se départit de l’entreprise, on n’accorde pas assez d’attention à la cohésion et aux relations interpersonnelles du groupe de nouveaux propriétaires.
Et si ça ne fonctionne pas ?
Si la génération aux commandes (le vendeur) mène la transaction, elle ne veut pas que la vérification diligente fasse échouer sa transaction.
Il faut lui faire pleinement comprendre qu’une transaction ratée reviendra la hanter, et que seule une certaine « vérification diligente des aspects humains » peut régler cela à l’avance.


