Boucle d’or conseille une entreprise familiale (partie II)
La semaine dernière, nous avons examiné les conseillers qui travaillent avec des familles en affaires et qui apportent le regard d’une personne de l’extérieur à un système familial.
Ce regard leur permet de voir des choses que les membres de la famille eux-mêmes ont du mal à remarquer.
Avec le temps, ces conseillers peuvent en apprendre suffisamment sur le fonctionnement de la famille pour commencer, eux aussi, à profiter des connaissances des initiés de la famille.
Bien sûr, il y a ici un équilibre délicat à trouver, et c’est un équilibre que les praticiens expérimentés en entreprise familiale reconnaissent clairement et s’efforcent constamment de gérer.
S’approcher trop près
Un peu comme Boucle d’or qui goûte à l’un des bols de gruau, le trouve trop chaud et se brûle, les consultants peuvent eux aussi agir trop vite et s’approcher trop près de la situation pour bien conserver leur objectivité.
Cela peut se produire très tôt dans certaines situations, surtout lorsqu’il existe un conflit entre des membres de la famille.
Toute personne de l’extérieur doit être particulièrement attentive à la façon dont elle entre dans le système familial, afin de maintenir une position objective envers tout le monde.
Si une sœur me « fait entrer » dans une situation avec sa famille et qu’il y a un problème avec son frère ou sa sœur, il ne faudra pas longtemps avant que je sois étiqueté comme « son gars », et alors mes chances d’être perçu comme neutre seront perdues.
Au fait, qui engage des consultants en entreprise familiale?
Il y a quelques années, dans Notes d’une excellente conférence d’ouverture, j’ai rapporté certaines statistiques de Craig Aronoff, l’un des fondateurs de FBCG, sur le pourcentage de familles qui engagent réellement un consultant externe à un moment ou à un autre.
Il affirmait que de 2 % à 4 % des entreprises familiales ont réellement recours à ce qu’il appelait des « leçons privées » données par une personne de l’extérieur.
Cela signifie que de 96 % à 98 % des familles n’engagent jamais de consultant externe pour travailler avec elles, ce qui me semble élevé.
Pas aussi facile qu’il n’y paraît
Si ces chiffres sont si bas, c’est en partie parce que ce travail n’est pas facile à faire.
Les entreprises familiales sont très répandues, partout dans le monde, mais cela ne veut pas dire qu’elles sont simples, ni qu’il existe une formule magique pour leur modèle d’affaires.
Quand je suis invité dans le cercle intime d’une famille, c’est toujours un privilège et un honneur d’y être, dans un endroit où elle ne laisse généralement pas entrer n’importe qui.
Et quand vous y êtes en tant que « spécialiste du processus », il y a bien des choses auxquelles vous devez faire attention.
Attention au nid de guêpes
Il y a des nids de guêpes potentiels à chaque détour, et si vous n’êtes pas prudent, vous risquez d’en frapper un accidentellement et de causer plus de remous que prévu. Il vaut donc mieux avancer lentement et prudemment.
En plus de veiller à ne pas être perçu comme « le gars » d’une personne, il est aussi important de développer et d’entretenir des relations individuelles avec chacun des principaux membres de la famille, même ceux qui pourraient sembler « moins importants » au départ.
Dans une famille, chaque personne est importante, même si elles ne le paraissent pas toutes extérieurement, et même si certains membres agissent comme s’ils étaient plus importants.
En fait, les personnes de l’extérieur qui cultivent ces relations sur les « échelons inférieurs de l’échelle » finiront par en être récompensées.
Une autre avenue : accompagner une seule personne en coaching
Être en bons termes avec tous les membres de la famille peut relever de l’exercice d’équilibre, et certains consultants le maîtrisent mieux que d’autres.
Il existe une autre avenue que je découvre et que j’apprécie de plus en plus ces derniers temps, et c’est de simplement travailler avec une seule personne de la famille, à titre de coach.
La semaine dernière, j’ai mentionné qu’une famille est un système de personnes interdépendantes.
Un système trouve généralement un équilibre, mais si une personne change, le système changera nécessairement lui aussi, tôt ou tard, en supposant que cette personne ait la force de maintenir elle-même ce changement.
Un seul leader familial peut faire une énorme différence
À bien des égards, c’est un point de départ beaucoup plus facile, parce qu’obtenir l’accord de travailler avec une seule personne est généralement plus rapide et que la courbe d’apprentissage est plus courte quand on ne traite qu’avec une seule personne.
Naturellement, quand j’accompagne un membre d’une famille en affaires en coaching, j’en apprends aussi sur tous les autres membres, mais ce n’est pas moi qui interagis avec eux.
Il s’agit toujours de processus, sauf que je travaille avec le « leader familial » sur la meilleure façon pour lui d’interagir avec le reste de sa famille.
Et au bout du compte, c’est parfois « juste comme il faut ».

