Viser le bon type d’ego dans une entreprise familiale
Ça ne peut pas tourner uniquement autour du « moi »
Quand l’inspiration de l’un de ces billets hebdomadaires vient d’une véritable séance de coaching que j’ai eue avec un client d’une entreprise familiale, ça m’enthousiasme vraiment.
Les lecteurs réguliers se souviendront peut-être que j’ai un penchant pour aller chercher des idées au pays des traductions entre les mots anglais et ceux d’autres langues, habituellement le français.
Alors si vous aimez ce genre de billets, continuez à lire, parce que c’est là que nous allons cette semaine.
Tout a commencé par un malentendu de ma part, dont je me suis vite rendu compte et dont je me suis ensuite remis avec plaisir.
De jeunes leaders de la relève
J’ai eu la chance de m’impliquer récemment auprès d’organismes locaux qui offrent des programmes aux familles entrepreneuriales qui se préparent à d’éventuelles transitions intergénérationnelles.
Dans le programme auquel je participe, à titre de travailleur autonome, j’accompagne en coaching de jeunes membres de la relève familiale qui s’attendent à assumer des rôles de leadership à la fois dans leur entreprise et dans leur famille, à mesure que les parents passeront le flambeau au cours des prochaines années.
Comme je le disais, c’est local, et au Québec, cela signifie habituellement que le travail se fait en français, ce qui, heureusement pour moi, n’est pas un problème.
Mon français n’est pas parfait à 100 %, mais je le parle couramment, et plus que suffisamment pour le travail, grâce à cinq décennies de pratique. (Merci École St-Rémi)
Gestion et propriété
J’étais donc sur un appel Zoom avec « Sandra », l’aînée d’une fratrie de trois qui se prépare à succéder éventuellement à leur père, le fondateur de l’entreprise.
Même si elle est l’aînée, elle n’a qu’un peu plus de 20 ans, alors ils n’en sont évidemment qu’aux premières manches de cette éventuelle transition.
En raison de son âge par rapport à son frère et à sa sœur, et du poste qu’elle occupe grâce à son ancienneté dans l’entreprise, elle est bien placée pour occuper éventuellement le poste le plus élevé dans la direction de l’entreprise, du moins dans l’état actuel des choses.
Cependant, en ce qui concerne la propriété de l’entreprise, on présume que papa voudra faire de ses trois enfants des propriétaires égaux, avec un tiers de l’entreprise chacun.
Prenez note du mot « égaux » ici, car il annonce où nous nous dirigeons.
Ai-je bien entendu?
Alors que j’essayais de faire comprendre à Sandra la différence entre son rôle de gestion et son rôle de propriétaire, j’ai souligné que dans l’entreprise, une structure hiérarchique est probablement justifiée, mais que la réalité de la propriété est en fait horizontale.
En me répondant qu’elle reconnaissait qu’ils seraient tous « égaux » dans la propriété, elle a évidemment utilisé le mot français « égaux » (qui se prononce « é-go »).
Le problème, c’est que dans ma tête, j’ai entendu le mot « ego », qui se prononce exactement de la même façon. Je pense que vous devinez ce que ce mot veut dire en anglais.
J’étais donc là, à penser qu’elle parlait de son ego, plutôt que du fait qu’ils étaient égaux.
Bang!
Demander un temps d’arrêt
Attends, arrête, désolé, reviens en arrière!
Je lui ai demandé de faire une pause pour me permettre de m’expliquer, de m’excuser et de la remercier pour le sujet de blogue.
Comment diable le mot « ego », qui semble tourner entièrement autour du « moi », de l’individu, peut-il se prononcer de la même façon que le pluriel du mot égal, qui tourne entièrement autour du « nous »?
J’espère que vous ne vous attendez pas à ce que je vous donne une réponse, parce que je n’en ai pas. Si quelqu’un qui lit ceci en a une, peut-être un linguiste, faites-le-moi savoir; en attendant, je suis simplement content d’être tombé là-dessus.
Ça ressemble un peu à un oxymore, à mon avis.
Des leçons pour les familles qui travaillent ensemble
Ce que j’en retiens, c’est simplement que partager cette histoire et la réalité qui la sous-tend crée une occasion de mettre ce sujet sur la table avec les membres de la famille.
L’entreprise peut être organisée de façon hiérarchique, la propriété est horizontale, et la famille, eh bien, la famille, c’est la famille. Nous revoilà de retour au modèle des trois cercles. (Je n’arrive pas à croire que ça fait presque 8 ans que j’ai écrit ça!)
Donc, chaque cercle a une structure différente, et c’est habituellement comme ça que ça se passe.
Cela signifie que les personnes qui font partie de plus d’un cercle doivent reconnaître qu’il est toujours important de se demander si elles discutent de questions liées à la gestion de l’entreprise, à la propriété ou à la famille.
Ces différences comptent, et elles doivent être discutées et clarifiées. Cela vous permettra de distinguer l’« ego » des « égaux ».
