Quand être riche ne veut pas dire avoir de l’argent
Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être
Il y a toutes sortes de gens riches dans la société, et vous pensez peut-être savoir comment les distinguer des gens « ordinaires ».
Et, dans bien des cas, vous auriez complètement tort.
Non seulement cela, mais vous êtes tout aussi susceptible de vous tromper dans les deux sens : en surestimant et en sous-estimant.
Même au sein d’une même famille, les attitudes à l’égard de la richesse, et la façon de l’afficher ou de la dissimuler soigneusement, varient énormément. Cela se produit entre les générations, et aussi au sein de chacune d’elles.
Aujourd’hui, nous allons examiner la question sous quelques angles différents pour voir ce que nous pourrions apprendre de ce domaine nébuleux.
Immigrants et natifs au pays de la richesse
L’une des raisons pour lesquelles les parents et leurs enfants ont souvent des points de vue différents sur la richesse, c’est que pour la génération des « créateurs de richesse », il y a souvent un processus d’« immigration » au pays de la richesse.
J’en ai parlé en 2015 dans Independently Wealthy vs INTERdependently Wealthy , où j’ai écrit au sujet du livre Strangers in Paradise, du Dr Jim Grubman.
Grubman explique en détail que les parents naissent souvent dans un milieu plus modeste, puis font le voyage vers un nouveau pays, celui de la richesse, un peu comme des immigrants qui déracinent leur vie pour s’installer dans un autre pays.
Les enfants de ces immigrants, cependant, naissent au pays de la richesse et, par conséquent, se considèrent habituellement comme des natifs.
Comment les parents traitent leurs enfants
J’ai été engagé dans le sport chez les jeunes pendant une bonne partie de ma vie, et la façon dont les parents qui entraînent l’équipe de leurs enfants agissent m’a toujours fasciné.
La grande majorité des pères que j’ai vus avoir leur fils dans l’équipe qu’ils entraînaient avaient tendance soit à surestimer, soit à sous-estimer grandement les capacités de leur enfant.
Pour chaque entraîneur qui croyait que son fils était le prochain Gretzky et le mettait toujours en avantage numérique, il y en avait un autre dont l’enfant était effectivement le meilleur joueur de l’équipe, mais qui le traitait constamment plus durement.
Peu d’entre eux arrivaient à trouver le juste équilibre.
Et il semble bien qu’il en soit souvent ainsi des parents et de leurs enfants en matière de richesse.
Des enfants gâtés qui s’affichent sur les réseaux sociaux
Bon nombre d’entre nous connaissent un des extrêmes, celui où les enfants gâtés des ultra-riches ont d’immenses auditoires sur les réseaux sociaux, où leurs excès sont étalés aux yeux du monde entier.
Comme dans l’exemple du sport, il y a un revers à cette médaille, et on n’en parle jamais dans les médias.
Il existe bien des cas où des familles sont très riches financièrement, selon n’importe quel critère, mais où les enfants passent une grande partie de leur vie sans avoir vraiment accès à quelque somme liquide qu’ils pourraient réellement dépenser.
J’ai récemment participé à un appel Zoom de groupe où une collègue a évoqué ce phénomène en citant une phrase typique prononcée par l’un de ces membres de familles fortunées, que voici :
« Oui, nous sommes riches, c’est bien, merci.
Maintenant, est-ce que je pourrais aussi avoir un peu d’argent? »
(Merci, T.H.)
Mettre la patience à l’épreuve
Ce phénomène est présent dans bien des familles, et il se transmet parfois d’une génération à l’autre.
D’autres fois, lorsqu’une génération a été forcée d’attendre des décennies avant d’avoir réellement accès aux avantages personnels du patrimoine de sa famille, elle peut prendre conscience des aspects négatifs de cette réalité et adopter une attitude de partage du patrimoine avec ses enfants à un plus jeune âge.
Pour revenir à la citation ci-dessus, quand je l’ai entendue, elle m’a rappelé quelque chose que j’avais un jour entendu d’une Américaine d’origine asiatique qui n’était pas douée en mathématiques; elle déplorait que ce ne soit pas facile à vivre, parce que cela ne correspond pas aux attentes de la société.
Certains professionnels qui travaillent dans le domaine du patrimoine familial appellent ces enfants des « waiters » (en anglais, ceux qui attendent, mais aussi les serveurs), et quand ils le font, j’ajoute habituellement : « Oui, et ils ne travaillent pas dans un restaurant! »
Existe-t-il un remède à ce phénomène?
J’en ai glissé un mot dans Great Expectations in Enterprising Families l’été dernier. À mon avis, la relève a le droit de savoir à quoi elle peut s’attendre, et cela doit être beaucoup plus précis que « un jour, tout ceci sera à toi ».
Bien des professionnels qui conseillent des familles fortunées convainquent la génération aînée de garder une emprise serrée sur leur patrimoine et leur fournissent volontiers des histoires d’horreur pour leur faire croire que cette emprise est nécessaire et même bénéfique.
C’est aussi, habituellement, dans l’intérêt de ces conseillers.
Tout ce que je sais, c’est que j’ai personnellement dit à mes enfants que je n’organiserai pas les choses d’une manière qui leur ferait espérer que je me dépêche de mourir pour qu’ils puissent avoir un peu d’argent.
