Family business and legacy adviser

Prendre des décisions familiales : pour moi, pour nous, pour eux

Pour qui ces décisions sont-elles vraiment prises?

Cette semaine, nous abordons un sujet qui touchera peut-être une corde sensible chez certains lecteurs, parce que nous allons explorer des zones profondes qui pourraient en mettre certains mal à l’aise.

Les fondateurs d’entreprises prospères ont souvent des origines modestes et, grâce à de grandes réalisations, ils finissent par bâtir des entreprises qui dépassent de loin leurs attentes initiales.

Ayant joué un rôle déterminant dans la création de ce qui est maintenant devenu une entreprise familiale, il est naturel qu’ils souhaitent continuer à exercer une influence maximale sur les choses, maintenant et longtemps dans l’avenir.

Déterminer ce qui doit venir ensuite

Idéalement, à un moment donné, ces dirigeants comprennent qu’il est logique de réorienter leur attention, en passant de la poursuite de la croissance de leur entreprise à la réflexion sur la façon dont ils créeront leur héritage en transmettant ce qu’ils ont travaillé si fort à bâtir.

Voir : Is your Continuity Planning “PAL” in Danger? pour en savoir plus sur le fait que davantage de patrimoine ne garantit pas un héritage.

L’idée de ce billet vient d’un échange que j’ai eu par hasard avec un participant à une réunion Zoom il y a quelques semaines, suivi ensuite de l’annonce de la retraite d’un joueur de hockey relativement jeune qui a passé quelques saisons avec l’équipe de ma ville.

Je vais essayer de tisser ces histoires en une prose utile et divertissante.

Ne puis-je pas décider comment léguer ceci à mes enfants?

Imaginez donc un webinaire auquel participent à la fois des conseillers auprès d’entreprises familiales et des membres de familles en affaires, et où l’on présente une étude de cas.

Le cas porte sur une entreprise où certains des enfants travaillent dans l’entreprise, alors que d’autres non, ce qui est assez courant.

Les facilitateurs demandent des commentaires, et un conseiller de Montréal (devinez qui!) mentionne que le fils qui dirige l’entreprise n’apprécie peut-être pas le fait que ses frères et sœurs qui ne sont pas employés par l’entreprise doivent hériter d’une part égale à la sienne.

Peu après, un autre participant intervient et dit qu’il veut répondre à mon commentaire : « Est-ce que je ne peux pas décider à qui je veux léguer mon entreprise? »

Eh bien, puisque la situation ne m’a pas permis de répondre à cet homme, nous y voici. Peut-être lira-t-il ceci.

La réponse courte ou la réponse longue

Bien sûr, cet homme peut décider de faire tout ce qu’il souhaite. Mais ce n’est pas parce qu’on peut faire quelque chose qu’on devrait le faire.

Je repense à l’histoire de cette vieille dame riche qui a tout légué à son chat; ou était-ce une légende urbaine?

Quand vous possédez quelque chose, une entreprise, une propriété, un portefeuille d’actions, vous avez le droit de décider qui en sera propriétaire après votre décès. Des gens signent chaque jour des testaments qui énoncent de telles directives.

Mais nous parlons ici d’une entreprise familiale. Oui, il est assez simple de diviser la propriété de l’entreprise par le nombre d’enfants et de laisser à chacun une part égale.

C’est peut-être trop simple. Cela mérite certainement un peu plus de réflexion et une discussion approfondie avec les héritiers prévus.

Accrocher ses patins pour le bien de sa famille

Une semaine environ après cet échange sur Zoom, j’ai appris la retraite prématurée d’un joueur de hockey qui a été forcé d’accrocher ses patins avant d’avoir 30 ans.

Un cerveau ne peut subir qu’un certain nombre de commotions avant que la qualité de vie en soit affectée de façon permanente.

« Je jouerais jusqu’à ma mort, a-t-il dit, si ça ne dépendait que de moi. »

Cependant, compte tenu de sa femme et de ses jeunes enfants, il a fait le seul choix raisonnable qu’il pouvait faire, pour eux.

Plus de sagesse à la moitié de l’âge

Le propriétaire d’entreprise était certainement beaucoup plus âgé que le joueur de hockey, mais lequel est le plus sage?

Les enfants du joueur de hockey sont beaucoup trop jeunes pour qu’il puisse vraiment les consulter au sujet de sa décision. Les enfants du propriétaire d’entreprise sont certainement assez âgés pour mériter non seulement qu’on tienne compte d’eux, mais aussi qu’on les consulte, sur des questions importantes.

Moi, nous, eux

Quand je réfléchis à ce sujet, je crois qu’une certaine progression est en jeu.

Nous commençons par penser d’abord à nous-mêmes, c’est-à-dire au « moi ».

À mesure que nous mûrissons et que notre famille voit le jour, nous adoptons bien davantage une mentalité du « nous ».

À un moment donné, nous devons prendre conscience de notre propre mortalité, puis changer encore une fois, avec le changement le plus désintéressé qui soit, pour penser à « eux », en l’absence éventuelle du « moi ».

Post-scriptum

Je suis entré en contact avec cet homme sur LinkedIn.

Un échange de courriels a suivi.

Un appel Zoom a été planifié.

Il l’a annulé la veille…

À suivre?

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