Trop de sujets importants ne sont pas abordés
Tout le monde connaît la vieille histoire où l’on sort un manteau du placard et où l’on trouve par hasard un billet de 20 $ dans une poche.
J’ai vécu une expérience semblable il y a quelques semaines, qui n’avait rien à voir avec des vêtements ou de l’argent, mais je me sens encore plus chanceux.
Je me préparais à aller à une rencontre en personne avec un homme d’une famille en affaires de la région, et les rencontres en personne ne font plus vraiment partie de ma routine ces temps-ci, alors c’était plutôt agréable, rien que pour ça.
Je ne prends habituellement pas beaucoup de notes quand je parle à quelqu’un lors d’une première rencontre, parce que je pense qu’il est important de lui accorder toute mon attention et de ne pas donner l’impression que je lui fais passer une entrevue (parce qu’en réalité, c’est lui qui me fait passer une entrevue).
Mais j’ai bel et bien besoin de faire un génogramme pour pouvoir suivre qui sont toutes les personnes et quels liens les unissent.
Tiens, revoilà ce vieux porte-bloc
J’ai donc dépoussiéré un vieux porte-bloc et je l’ai ouvert pour découvrir des notes prises lors de la dernière conférence en personne à laquelle j’ai assisté, en janvier 2020.
Elle était organisée par l’Institute for Family Governance à New York, et il y avait la brochure d’une page et quelques notes que j’avais prises.
J’ai remarqué quelque chose que j’avais écrit en haut de la page :
« Dans la tête de tout le monde, mais à l’ordre du jour de personne. K.G. »
Je me suis immédiatement souvenu de la citation, mais j’avais du mal à me rappeler qui était K.G. J’ai donc regardé les documents de la conférence et tous les noms des conférenciers, mais personne n’avait ces initiales.
Finalement, ça m’est revenu : il y avait aussi eu, la veille, une séance d’une demi-journée avant la conférence, dont le présentateur n’était nul autre que Kelin Gersick, l’un des fondateurs du domaine du conseil aux familles entrepreneuriales.
Tout prenait maintenant son sens, et je pouvais attribuer correctement la citation.
You Are Always On My Mind…
Désolé pour ce retour en arrière à la Willie Nelson, mais il y a des sujets qui sont toujours dans la tête des membres d’une famille en affaires, et une partie de ces pensées ne se rendent tout simplement jamais à l’ordre du jour pour être discutées.
En parlant de retours en arrière, je me souviens d’une première rencontre avec « Sally », une mère de quatre enfants, qui m’a dit : « Je pense à ça depuis 10 ans, j’en parle à mon mari depuis 5 ans, et maintenant, nous allons enfin faire quelque chose. »
J’ai fini par travailler avec leurs quatre enfants pendant environ 4 ans, et en vous décrivant le genre de choses sur lesquelles nous avons travaillé ensemble, vous comprendrez que même si les préoccupations de ces parents sont courantes et répandues, cela ne veut pas dire qu’elles sont faciles à mettre en mots et à décrire.
Il n’est pas toujours facile non plus de savoir vers qui se tourner quand on décide, comme Sally, qu’il est enfin temps de faire quelque chose.
Tout revient encore à la gouvernance familiale
Comme je l’ai écrit dans Instaurer la gouvernance familiale, graduellement, le billet de blogue que j’ai écrit tout de suite après cette conférence de l’IFG, les familles doivent s’engager à faire ce travail et trouver quelqu’un de l’extérieur de la famille pour les aider à montrer la voie.
Personne ne se réveille un bon matin en se disant : « Aujourd’hui, nous allons commencer à travailler sur notre gouvernance familiale. »
Ce qui est dans leur tête, c’est habituellement une inquiétude quant à la façon dont leurs enfants vont s’entendre une fois que les parents ne seront plus là, à un moment donné, dans un avenir lointain.
D’une façon ou d’une autre, cette idée qui leur trotte dans la tête doit se rendre à leur ordre du jour, et ça ne se fait habituellement pas d’un seul coup.
Comme Sally, qui y pensait depuis 5 ans avant même de partager ces réflexions avec son mari, et ensuite il leur a fallu encore 5 ans pour commencer à bouger
De mon ordre du jour à NOTRE ordre du jour
Passer d’un parent aux deux est déjà un énorme pas, mais il reste le pas le plus important : susciter l’intérêt de la relève et l’amener à s’impliquer, à s’aligner et à s’engager.
J’ai travaillé avec la fratrie de quatre environ une fois par mois, ensemble et individuellement, et je les ai habitués à travailler ensemble sur des projets importants pour leur famille, surtout à l’approche de leur éventuelle transition intergénérationnelle du patrimoine.
Ce n’est pas sorcier, mais ça ne se fait pas tout seul non plus.
Mettez-le donc à l’ordre du jour de votre famille.
