Repérer quelque chose qui « cloche », c’est la partie facile
De temps en temps, je vois coup sur coup quelques cas qui ont un fil conducteur commun, et ça me rend encore plus facile l’écriture de mon billet hebdomadaire.
En réfléchissant aux points communs, je me rappelle invariablement d’autres situations analogues dans lesquelles j’ai été impliqué d’une façon ou d’une autre, ce qui me permet de vous brosser un tableau encore plus coloré.
Nous allons examiner le travail auprès de familles où ce dont elles ont besoin peut sembler évident, et où la tentation d’une solution rapide est présente, mais où il faut regarder plus en profondeur avant de sortir le pansement.
OH, regardez! J’ai trouvé LE problème
J’ai récemment commencé à travailler avec un groupe de trois frères et sœurs, qui travaillent ensemble avec succès depuis plus de vingt ans, après avoir acheté l’entreprise de leurs parents il y a des années.
Ces personnes m’ont été recommandées par d’autres professionnels de la région que je connais, ce qui est toujours agréable.
Après avoir commencé le travail, j’ai croisé l’une des personnes à l’origine de la recommandation, qui m’a fait part de certaines de ses idées sur ce que la famille devait faire.
Tout ce qu’elle a mentionné était parfaitement logique et avait du sens en théorie, et toutes ses idées et tous ses conseils étaient valables.
Et, malgré tous ces points positifs, la plupart de ces conseils sont probablement inutiles dans la situation particulière à laquelle ces frères et sœurs font face en ce moment.
Repérer « le problème », c’est la partie facile.
Dans n’importe quelle situation d’entreprise familiale, il est en fait assez facile de trouver quelque chose qui pourrait être fait de façon plus formelle ou plus professionnelle.
Regardez ce qui va bien
Cela m’a fait penser à un balado que j’ai animé il y a quelque temps, avec comme invité Ken McCracken, un conseiller en entreprise familiale de longue date du Royaume-Uni.
Ken parle de l’« avantage naturel » de l’entreprise familiale, et je pense vraiment qu’il a mis le doigt sur quelque chose; la plupart d’entre nous qui travaillons avec des familles ferions bien de suivre ses conseils.
(Cliquez ici pour le balado The Natural Advantage of Family Business)
L’essentiel, c’est qu’ils ont fait beaucoup de choses correctement pour arriver là où ils sont et pour bâtir l’entreprise qu’ils exploitent.
Reconnaissons-leur ce mérite, et ne soyons pas tentés de foncer comme un éléphant dans un magasin de porcelaine parce que nous sommes si brillants et que nous voyons quelque chose qui, selon nous, pourrait être mieux fait.
Ils ont aussi probablement déjà une assez bonne idée de ce qu’ils pourraient faire différemment, et s’ils demandent de l’aide à ce sujet, très bien, travaillez avec eux pour y remédier.
Mais sinon, essayez de résister à l’envie de paraître intelligent et de faire valoir vos idées brillantes.
Donnez-moi juste cette « pièce manquante »
Par exemple, je suis sur le point d’entreprendre un nouveau mandat où le patriarche sait très bien que lui et sa famille doivent travailler sur leur gouvernance familiale, alors qu’il se prépare à transférer la propriété de l’entreprise qu’il a fondée à ses trois enfants.
Il sait qu’ils doivent avoir une convention entre actionnaires et une entente de base sur la gouvernance familiale (p. ex. une charte familiale, un pacte familial, une constitution familiale).
Malheureusement, il croit aussi qu’il devrait pouvoir tout simplement « acheter » ces choses auprès d’un tiers qualifié.
Heureusement, les membres de la relève comprennent qu’il vaut mieux que les documents qui les lieront soient créés conjointement par eux, et non livrés d’en haut par un consultant ou par celui qu’ils appellent papa.
Les solutions simples ne sont pas durables
J’aimerais conclure avec une autre demande connexe que j’ai reçue il y a quelques années, dont j’ai parlé dans When Structural Solutions Aren’t Sufficient (Quand les solutions structurelles ne suffisent pas).
Dans ce cas-là, un collègue étranger cherchait une façon de structurer les activités d’une entreprise dirigée par deux frères et sœurs qui ne se parlaient plus.
Bien sûr, je suppose qu’il existe peut-être une certaine façon de structurer leur entreprise pour qu’ils puissent continuer à l’exploiter sans jamais se parler, mais…. Je ne pense vraiment pas que ce soit la meilleure façon de régler le problème en question.
En fin de compte, si vous pensez pouvoir résoudre un problème de dynamique familiale avec une solution structurelle, vos chances de succès sont minuscules, au mieux.
Mais encore une fois, il est tentant de recourir à une telle solution rapide, parce qu’elle évite tout ce travail compliqué que la plupart des gens veulent éviter.
Dommage que ça ne fonctionne pas.
