Une grande question qui mérite d’être bien pesée
Vu le nombre d’entreprises familiales qui existent, on pourrait croire que la question posée dans le titre de ce billet est assez courante.
Malheureusement, elle n’est pas posée aussi souvent qu’elle devrait l’être, loin de là, du moins pas à voix haute.
Il ne s’agit pas de montrer du doigt ceux qui n’ont jamais pris le temps de bien réfléchir à la question, parce que si je faisais ça, la première personne que je devrais pointer du doigt, ce serait moi!
J’écris ici sur toutes sortes de sujets liés à l’entreprise familiale, et pourtant celui-ci, qui semble impliquer une décision très importante de type « on y va / on n’y va pas », n’en est pas un sur lequel j’ai beaucoup écrit.
Forcé d’entrer dans l’entreprise familiale
J’ai bien écrit Forcé d’entrer dans l’entreprise familiale en 2018, et si ce billet vous intéresse, vous voudrez probablement lire celui-là aussi.
En le relisant à l’instant, cette phrase m’a sauté aux yeux :
« Cela suppose que les deux parties y trouvent ce dont elles ont besoin. »
Ça vaut la peine d’y réfléchir dans ce contexte, parce que si la situation ne doit pas devenir gagnant-gagnant à court, à moyen et à long terme, la réponse devrait probablement être un NON ferme.
Vous ne voulez pas finir par vous retrouver coincé dans une situation dont vous ne pouvez pas sortir, et croyez-moi, ça arrive, probablement plus souvent que vous ne le pensez.
Certaines personnes dans cette situation ont même de la difficulté à se l’avouer quand ça leur arrive.
(Si cela vous parle, jetez un coup d’œil au livre Trapped in the Family Business, de mon ami Michael A. Klein, PsyD).
Ce qu’il faut clarifier avant d’entrer
Comme vous ne voulez pas vous retrouver coincé, vous devez vous assurer de clarifier beaucoup de questions d’entrée de jeu, avant de vous engager.
Je vais supposer ici que nous parlons d’une personne qui a au moins 25 ans environ et qui a déjà commencé sa carrière en occupant un emploi ailleurs.
Sinon, je vous invite à relire Forcé d’entrer dans l’entreprise familiale, qui expose clairement ce que je pense du fait d’aller travailler dans votre entreprise familiale comme premier emploi, dès la sortie de l’école.
Rien de tout cela n’est sorcier, bien sûr, et si vous envisagez ce choix comme vous envisageriez n’importe quel autre emploi que vous pourriez vouloir occuper, dans n’importe quelle autre entreprise ou organisation, en posant les mêmes questions, vous êtes déjà bien parti.
Les plus gros problèmes surviennent quand les gens « sautent avant de regarder ».
Employés et propriété
Un élément clé qu’on ne peut pas négliger, c’est de savoir si l’entreprise familiale a déjà décidé si le fait d’être propriétaire de l’entreprise, maintenant ou à l’avenir, est conditionnel au fait d’y travailler à temps plein.
Certaines entreprises sont très fermes sur ce point et sont bien gérées grâce à cela, et d’autres se retrouvent parfois dans une situation où elles auraient souhaité avoir imposé cette règle. Mais ce n’est certainement pas généralisé, et cela vaut habituellement la peine d’y réfléchir à un moment donné pour bien des familles.
Responsabilités et lien hiérarchique
Parmi les questions clés à clarifier avant de vous joindre à l’entreprise familiale, il y a ce dont vous serez responsable (le « quoi ») ainsi que la personne de qui vous relèverez (le « qui »).
Assurez-vous d’en discuter à l’avance, et ne parlez pas seulement de votre premier poste, parce que vous y resterez vraisemblablement longtemps et qu’occuper différents rôles au fil du temps fait presque sûrement partie du plan.
Il est aussi généralement préférable de relever de quelqu’un qui n’a pas de lien de parenté avec vous, dans la mesure du possible.
Y a-t-il assez de place pour tout le monde?
Une autre question à considérer, c’est le nombre d’autres membres de la famille qui y travaillent (ou y travailleront) aussi.
Une situation qui peut survenir, c’est qu’il y ait tout simplement trop de membres de la famille impliqués et qu’ils commencent à se marcher souvent sur les pieds.
Ce n’est peut-être pas une bonne idée que « tout le monde » travaille ensemble, même si vous vous entendez tous bien. Travailler ensemble pourrait changer cela, et pas pour le mieux.
La grenouille dans l’eau bouillante
La plupart des gens ont entendu l’histoire de la grenouille qui est entrée dans la marmite quand l’eau était froide et qui n’a pas pu en sauter quand l’eau s’est mise à bouillir.
La plupart de ces grenouilles, en regardant en arrière, souhaiteraient probablement avoir posé quelques questions de plus sur la température de l’eau à laquelle elles pouvaient s’attendre par la suite.
Le moment de poser des questions et d’avoir des discussions approfondies, c’est avant d’accepter de travailler dans votre entreprise familiale.
