Family business and legacy adviser

Une quantité anormale de normalisation

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Tant de familles pensent qu’elles sont seules

J’ai récemment réalisé qu’il y a une chose que je fais beaucoup : dire aux familles (et à chacun de leurs membres) que ce qu’elles vivent ne leur est pas propre.

Le meilleur mot pour décrire cela est « normaliser », et je l’apprécie de plus en plus.

Même si le mot est aussi utilisé dans le contexte de la politique et du rôle qu’y jouent les médias, il occupe une place énorme dans le genre de travail que je fais régulièrement quand je m’occupe d’entreprises familiales.

Cette semaine, nous verrons ce que c’est et pourquoi c’est si présent dans mon travail, et comment cela apporte à la fois réconfort et clarté à tant de gens.

Quand j’ai constaté que je faisais une quantité anormale de normalisation, il est devenu clair qu’il était temps d’écrire un billet à ce sujet.

Commençons par quelques exemples concrets.


Le manque de maturité de la relève

Comme je travaille habituellement avec plusieurs membres différents d’une même famille, souvent de générations différentes, l’un des principaux avantages que j’offre est un regard impartial sur ce que je vois chez chaque personne, que je peux ensuite partager avec d’autres au besoin.

Vous ne serez probablement pas surpris d’apprendre que cela implique souvent de partager mon point de vue sur les membres de la relève avec leurs parents.

Le regard que les parents portent sur leurs propres enfants est naturellement biaisé (me voilà encore en train de normaliser!), et il arrive donc souvent que je propose une nouvelle façon de voir où ils semblent en être à mes yeux, et à quel point ils sont réellement matures.

Sous-estimer le chemin parcouru par nos enfants est plutôt courant, comme vous pouvez l’imaginer.

Un autre domaine lié à cela consiste à partager des réflexions sur la maturité relative des différents membres de la famille.

Je me souviens d’avoir dit à une mère qu’il me semblait normal que le cadet de la fratrie, encore célibataire, soit moins mature que son aîné, qui était marié et élevait des adolescents.


Des familles qui ne savent pas trop comment planifier leur transition

Pour changer de sujet, je pense à un voyage que j’ai fait l’automne dernier, où j’avais été invité à parler aux parents d’une douzaine de familles fortunées, qui planifiaient toutes leur éventuelle transition du patrimoine.

Il y avait une certaine angoisse chez bon nombre d’entre eux, qui semblaient mal à l’aise du fait qu’ils n’étaient pas vraiment sûrs de ce qu’ils faisaient, ni de la façon dont les choses allaient se dérouler.

J’ai fait de mon mieux pour leur faire sentir qu’ils étaient en fait bien en avance sur la plupart des familles, qui accordent habituellement peu de réflexion à ce sujet jusqu’à ce que quelque chose les force à agir.

Le fait que ces personnes se réunissaient avec leurs gestionnaires de patrimoine, qui les avaient invitées, était un excellent signe.

En effet, leur ai-je dit, il est tout à fait normal de se sentir un peu dépassé et mal préparé, et voilà qu’ils étaient justement proactifs face à ce défi.


Ont-elles trop d’informalité?

Changeant encore une fois de cap, je veux maintenant parler un peu d’un autre rôle que je joue, celui de l’un des formateurs du cours sur la gouvernance familiale (FFI GEN 502) offert par le Family Firm Institute.

J’aime donner ce cours chaque année parce qu’il me permet d’échanger avec d’autres apprenants de partout dans le monde, qui cherchent tous des façons de mieux servir leurs clients familiaux.

Un thème récurrent est que les familles prospères connaissent habituellement un certain succès avec très peu de procédures formelles ou de structure.

Les familles comme leurs conseillers professionnels commencent alors à ressentir une sorte de « syndrome de l’imposteur » en réalisant qu’une certaine formalité devient maintenant nécessaire, en supposant qu’ils souhaitent continuer et, un jour, transmettre ce qu’ils ont bâti à la génération suivante.

Ce sentiment de « Hum, on n’est pas trop sûrs de ce qu’on fait, ni de ce à quoi on doit réfléchir et de ce qu’on doit faire ensuite » est tout à fait normal.

Mais, comme j’en ai discuté avec mon invité dans ce balado que j’ai animé il y a quelques années, The “Natural Advantage” of Family Businesses, (L’« avantage naturel » des entreprises familiales), les conseillers externes devraient hésiter avant de proposer des « pratiques exemplaires » à ces clients.


Apporter réconfort, clarté et positivité

Au bout du compte, la normalisation que je fais vise habituellement à apporter aux membres de la famille à la fois réconfort et clarté quant à leur situation, tout en les rassurant sur le fait qu’ils sont sur la bonne voie.

Le faire avec la positivité nécessaire que cela exige fait aussi partie de la recette secrète que des gens comme moi peuvent apporter à ces situations complexes.

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