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La peur irrationnelle fait obstacle au progrès
Le plus souvent, les familles essaient d’éviter les conflits à tout prix. Pour des raisons que la plupart d’entre nous comprennent facilement, il est logique d’essayer de maintenir la paix avec nos proches.
Malheureusement, surtout lorsque nous travaillons avec des membres de notre famille ou que nous possédons des choses ensemble, la peur de tout conflit finit en fait par aggraver les choses au lieu de les améliorer.
Je ne préconise pas de chercher les ennuis et de trouver des sujets de dispute, loin de là.
Mais, dans bien des familles, trouver des façons de tirer du positif de points de vue et de priorités divergents leur ferait le plus grand bien et améliorerait les choses pour tout le monde.
De façon réaliste, ça ne prendra pas fin
Ce billet tire son origine d’un article du magazine Time sur lequel je suis tombé récemment, écrit par William Ury, du Harvard Negotiation Project.
L’article du Time s’intitule 3 Ways to Make Conflict Less Destructive, et je veux vous présenter les parties que j’ai aimées en ce qui concerne les familles.
Ury était le jeune partenaire de Roger Fisher lorsqu’ils ont écrit Getting to Yes en 1981, et il est depuis devenu une sorte de gourou mondial des conflits.
Son article dans le Time est paru au moment où son plus récent livre, Possible, est publié, et j’ai vu récemment une photo du président américain actuel tenant un exemplaire du livre.
L’essai du Time commence par une évidence énoncée par Ury : « … nous devons être réalistes : nous ne pouvons pas mettre fin aux conflits. »
Nous avons besoin de plus de conflits, pas de moins!
Ury pense en fait que nous avons besoin de plus de conflits, pas de moins. Puisque nous ne pouvons pas les éliminer, nous devons plutôt trouver des façons de les transformer.
Mon point de vue, c’est que lorsque je vois un conflit, je me concentre sur l’énergie qu’il procure, par opposition à l’inertie qui découle du fait que les gens intériorisent leurs différences.
Quand les familles ont peur de soulever et d’exprimer leurs différences, les petits problèmes deviennent de plus gros problèmes qui finissent par être encore plus difficiles à résoudre.
Passons donc aux 3 façons proposées par Ury pour rendre les conflits moins destructeurs : une perspective claire, une porte de sortie et l’aide des autres.
Obtenir une perspective claire
Il est facile de se laisser emporter par ses émotions au point de commencer à perdre de vue la situation dans son ensemble.
Il est important de faire deux choses quand cela se produit : ralentir et prendre du recul.
Arrêtez la dispute ou la chicane, respirez et ralentissez les choses. Cela vous aide à penser plus clairement, en utilisant la bonne partie de votre cerveau.
Ensuite, prenez du recul et examinez les enjeux d’en haut, du balcon, pour ainsi dire. Voir Getting Vertical – From the Iceberg to the Balcony.
Quand vous ralentissez et prenez du recul, vous pouvez voir les choses plus clairement et trouver des façons de régler le problème.
Trouver une porte de sortie pour tout le monde
La deuxième suggestion d’Ury est une suggestion qui, selon moi, s’applique particulièrement aux familles, parce qu’il est habituellement assez important de garder à l’esprit les relations durables entre les personnes.
En fait, il écrit « trouver une porte de sortie », et le « pour tout le monde » dans l’intertitre ci-dessus est mon propre ajout.
Une fois que vous avez fait une pause et pris du recul pour bien réfléchir, vous devez vraiment regarder la situation dans son ensemble, ce qui implique nécessairement de tenir compte de ce que dit l’autre partie et de ce qu’elle réclame.
Vous devez trouver une façon pour que chacune des parties tire quelque chose de la confrontation.
Voir Kissing your Sister: Playing for a Tie in FamBiz
Si vous vous attendez à obtenir 100 % de ce que vous voulez, et l’autre personne 0 %, la probabilité qu’elle soit d’accord est aussi d’environ 0 %.
L’aide des autres (neutralité externe)
La troisième suggestion en est une avec laquelle je suis tout à fait d’accord, et personne ne devrait en être surpris.
Comme je travaille avec des familles, être cette personne extérieure à la famille est un rôle que je connais très bien et dans lequel je suis très à l’aise.
Chercher de l’aide auprès des autres est tout à fait logique, surtout dans le contexte des deux premières idées.
Une personne externe, qui n’a aucun intérêt dans l’issue, peut vous obliger à ralentir et à prendre du recul, et vous aider à trouver une porte de sortie pour chacune des parties, tout en demeurant neutre.
Mieux qu’une fausse harmonie
Trouver des façons de travailler ensemble sur le conflit est beaucoup plus efficace que de continuer à faire semblant qu’il n’existe pas.
Une telle fausse harmonie peut être insidieuse, et elle ne fait que laisser les problèmes s’envenimer.
Ce n’est pas toujours facile de démarrer, et peut-être que les trois suggestions doivent être remises dans un autre ordre, pour que vous commenciez en fait par trouver quelqu’un pour vous aider.


