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Il y a devenir riche et rester riche
Mes sources d’inspiration pour ces missives hebdomadaires sont naturellement très variées; elles proviennent souvent de conversations avec des clients, des clients potentiels et des collègues, et des conférences auxquelles j’assiste.
Cette semaine, l’origine de mon billet est un article qui a atterri dans ma boîte de réception, provenant de l’une des nombreuses listes auxquelles je me suis abonné au fil du temps.
Si vous faites partie de mes lecteurs assidus (merci!), vous voyez probablement aussi beaucoup d’écrits sur le monde fascinant des bureaux familiaux, qui continuent d’être de plus en plus répandus.
Vous ne serez peut-être pas surpris non plus d’apprendre que mon point de vue sur le monde des bureaux familiaux est très différent de celui de la majorité.
Si un peu de richesse financière, c’est bien, davantage, c’est mieux. N’est-ce pas?
Alors plongeons dans l’article en question, et voyons ce que nous pouvons en apprendre.
C’est le titre qui m’a frappé en premier, sans surprise. Il disait : « Les bureaux familiaux ne vous rendent pas toujours plus riche… Bill Gates en est un bon exemple ».
Wow, il y a beaucoup de choses là-dedans, n’est-ce pas?
La première chose qui m’a sauté aux yeux, c’est l’attente implicite selon laquelle le rôle ou l’objectif d’un bureau familial consiste surtout à rendre la famille plus riche.
Et ici, quand je dis « plus riche », je m’en tiens bel et bien à la définition courante du mot, c’est-à-dire liée à davantage de richesse financière.
L’article notait que les rendements de placement que Gates a obtenus par l’entremise de ses bureaux familiaux lui laissent une valeur nette inférieure à celle qu’il aurait s’il n’avait jamais vendu aucune de ses actions de Microsoft.
Eh bien, sans blague!
Tout tourne autour de l’argent, mais est-ce que ça devrait être le cas?
Alors d’abord, quiconque a son propre bureau familial est déjà fortuné sur le plan financier, donc le rôle du bureau familial n’est pas que la famille « devienne riche ». Il s’agit beaucoup plus de « rester riche ».
Et s’il est facile pour n’importe qui de calculer ce que serait la valeur nette de Gates s’il avait conservé la totalité ou la plupart de ses actions MSFT, aucun conseiller financier ne recommanderait jamais un portefeuille aussi concentré, dépourvu de toute diversification, à quelque client que ce soit.
Mais bien sûr, mon point de vue là-dessus, c’est que se concentrer uniquement sur la richesse financière de la famille est une erreur que trop de gens continuent de commettre.
La richesse financière est ce que tout le monde voit et ce dont tout le monde parle, et il se trouve aussi que c’est la partie facile à gérer, et le domaine où la plupart des gens qui entourent la famille gagnent leur salaire, s’enrichissant ainsi eux-mêmes.
Le ratio M/L/F de Scott Peppet
J’étais presque certain à 100 % d’avoir déjà écrit ici sur le « ratio M/L/F » de Scott Peppet, mais il s’avère que non, jusqu’à maintenant.
Alors, dans l’esprit de Trop bon pour NE PAS le partager, allons-y.
Je n’avais toutefois pas complètement tort, puisque je l’avais partagé ailleurs, mais pas dans mon blogue. Voir Comment les générations d’une famille peuvent-elles rester unies? L’« alliance générative » à la rescousse.
Cet article, que j’ai écrit l’an dernier pour CanadianFamilyOffices.Com, présentait les points de vue de Peppet et du vénérable Dennis Jaffe, mais nous nous en tiendrons ici à l’idée du ratio de Peppet.
Argent, juridique, famille : quel pourcentage pour chacun?
Les bureaux familiaux doivent se concentrer sur le M, pour « Money » (l’argent), bien sûr. Ils sont aussi chargés de s’occuper de beaucoup de questions L, pour « Legal » (juridiques), pour les familles qu’ils servent. Personne ne dit qu’ils ne devraient pas le faire.
Mais le M et le L concernent entièrement la partie « bureau » du bureau familial. Qu’en est-il de la famille, pour qui tout ce travail est censé être fait?
Pourquoi la plupart des bureaux familiaux ne se concentrent-ils pas beaucoup sur le F, pour « Family » (la famille)?
On considère cela comme « l’aspect humain » ou « les choses molles », mais c’est vraiment un terme mal choisi, parce que c’est vraiment difficile de bien le faire.
Mais est-ce que cela veut dire qu’ils ne devraient pas en faire plus?
Peppet parle de la quantité de temps et d’efforts, en pourcentage, de ceux qui travaillent pour le bureau familial.
Il croit qu’en moyenne, les employés de bureaux familiaux consacrent environ 70 % de leur temps au M, environ 20 % au L, ce qui ne laisse qu’un maigre 10 % pour le F.
J’imagine que ses chiffres sont assez proches de la réalité, en moyenne.
Enrichir les autres capitaux de la famille
Mais tout comme Bill Gates n’a pas vraiment besoin de plus d’argent, la plupart des familles qui ont un bureau familial ou qui y ont recours ont déjà atteint une situation financière confortable.
Elles auraient souvent besoin d’un soutien pour les autres types de capital, comme le capital humain et le capital relationnel, qui peuvent représenter un défi pour ces familles.
Les employés de bureaux familiaux et les conseillers externes qui peuvent aider dans ces domaines peuvent enrichir leurs familles clientes de tant de façons.
Ce n’est pas parce qu’un peu de richesse financière, c’est bien, que davantage est toujours mieux.


