Family business and legacy adviser

Mon oxymore préféré : les « enfants adultes »

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Sont-ils des adultes ou des enfants?

Cette semaine, nous nous aventurons dans un domaine dont j’aime vraiment discuter avec les gens qui vivent ou travaillent dans l’univers des transitions familiales.

Il y a tellement de sujets auxquels réfléchir, comme en témoignent les centaines de billets que j’ai publiés ici au cours de la dernière décennie.

Mais au bout du compte, certains sont si fondamentaux que, parfois, nous ne les voyons même pas vraiment, et c’est là que je veux aller maintenant.

Les familles avec lesquelles je travaille ont toutes une transition générationnelle à envisager; elles peuvent être en plein milieu de l’une d’elles, être en train de digérer une transition récemment terminée ou planifier la prochaine.

Ce qu’elles ont toutes en commun, c’est qu’elles concernent des membres de la famille de plus d’une génération.

Les « parents » et leurs « enfants » sont des façons simples de les décrire au début, mais une fois que la jeune génération atteint l’âge adulte, continuer à les traiter comme des enfants devient un problème.

Et continuer à les appeler les « enfants » ou les « jeunes » est une habitude que je m’efforce toujours d’éliminer.


« Progéniture » : correct, mais rebutant?

J’aimerais me rappeler lequel de mes collègues a été le premier à évoquer l’idée que l’expression « enfants adultes » peut être considérée comme un oxymore.

Mais l’idée m’est restée, et je la partage souvent dans mes conversations, avec un effet utile, alors il est temps de la partager ici aussi.

À force d’essayer de ne pas utiliser les termes « enfants » ou « jeunes », je finis par abuser du mot « progéniture », qui a ses propres inconvénients.

Pour une raison quelconque, « progéniture » évoque l’élevage des animaux, ce qui n’est généralement pas utile.

Pendant que je me préparais à écrire ce billet, ma fille adulte était en visite et j’ai remarqué que les expressions « fille adulte » et « fils adulte » ne souffrent pas du même problème.

Ainsi, mon fils sera toujours mon fils, et ma fille sera toujours ma fille, mais ils ont déjà cessé d’être mes enfants, parce qu’ils sont maintenant des adultes.


La génération montante > la prochaine génération

Les mots et le langage que nous utilisons sont importants, parce qu’il y a des connotations rattachées à presque tous les mots, qui peuvent jouer en notre faveur ou contre nous.

Bien des collègues ont maintenant adopté l’expression « génération montante » pour parler du groupe qu’on appelait auparavant la « prochaine génération ».

C’est un changement subtil, mais il semble être bien accueilli dans la plupart des cas.

Le problème avec « prochaine », c’est que, comme demain, on a l’impression que ça n’arrive jamais vraiment, et donc la « prochaine génération » déplore le fait de devoir continuer à attendre son tour.

Bien sûr, « montante » soulève aussi son propre lot de questions, notamment le fait que l’idée d’enfin « arriver en haut » reste à jamais insaisissable.


Compter les G

Travailler avec des familles et leurs diverses générations nous amène aussi souvent à attribuer un numéro à chaque génération.

« G1 » est généralement attribué à la génération qui a créé le patrimoine familial, et ses enfants sont appelés « G2 », tandis que ses petits-enfants deviennent la « G3 », et ainsi de suite.

Voir : The Special Sovereignty of G1

Bien sûr, ces numéros sont susceptibles de changer avec le temps.

Je travaille actuellement avec une famille où la fratrie faisait auparavant partie d’une G3 plus large avec ses cousins, mais que nous avons maintenant rebaptisée G2, puisqu’un événement de liquidité familial a amené leurs parents, leurs tantes et leurs oncles à suivre chacun leur propre chemin pour leur prochain chapitre.


Des relations d’adulte à adulte

Ma plus grande préoccupation quand des gens appellent des adultes faits « enfants », c’est que cela les infantilise littéralement, même quand ce n’est pas fait intentionnellement.

L’un des plus grands défis constants sur lesquels je travaille avec les familles que je sers est de les amener à se traiter mutuellement en adultes.

Les relations d’adulte à adulte que je m’efforce d’encourager sont ce qu’il y a de mieux pour tout le monde, et au sein des familles, cela peut être vraiment difficile.

Et cela se produit aussi aux deux extrémités de la vie : d’un côté, on continue de traiter comme des enfants ceux qui ont 20, 30 ou 40 ans, et de l’autre, ceux de la « NowGen » (la génération actuellement aux commandes) commencent à traiter leurs parents de 70 ou 80 ans comme s’ils avaient dépassé leur date de péremption.


Reconnaître la réalité, sans s’y attarder

Je reconnais pleinement que les familles ne fonctionnent jamais de façon complètement démocratique, et que certaines personnes jouent un rôle plus central que d’autres dans la prise de décisions.

Mais quand des gens se sentent obligés de constamment faire valoir leur position auprès des autres, cela n’augure rien de bon pour la collaboration à long terme.

Je vous en prie, évitez d’appeler des adultes des « enfants », et cessez aussi de traiter les grandes personnes de cette façon.

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