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Que se passe-t-il quand on ne voit pas?
Le monde des réunions virtuelles a certainement changé la façon dont les gens se rencontrent, surtout au cours des cinq dernières années, depuis que la pandémie a tout changé.
On pourrait croire qu’après toutes ces années, nous aurions tout compris, mais hélas, il semble que non.
Et si vous pensez que j’en ai assez d’entendre « Ton micro est fermé ! » une fois de trop, ce n’est pas de ça qu’il sera question cette semaine.
J’ai déjà abordé certains des enjeux liés aux réunions virtuelles, notamment dans Who’s Zooming Who et “I Can’t Hear” or “I Can’t Listen”?
Mais cette semaine, nous allons voir ce qui peut se produire lorsqu’on coupe volontairement un sens, avec de bons résultats.
Tout a commencé par un pépin technique
Il y a quelques mois, j’ai eu un appel avec une collègue et, pour une raison quelconque, ma caméra ne fonctionnait pas, alors elle ne pouvait pas me voir.
J’ai été surpris de constater, après quelques minutes, que le fait de savoir qu’elle ne pouvait pas me voir influençait ma façon de lui parler.
Si vous avez déjà participé à un appel Zoom ou Teams avec moi, vous savez que je suis généralement plutôt expressif dans mes gestes et mes expressions faciales.
De même, je préfère les appels où je vois les autres, parce que je tire aussi beaucoup d’information des signaux non verbaux.
Plus récemment, lors d’un autre appel avec elle, je lui ai parlé de cette expérience, ce qui l’a amenée à mentionner la fonction « masquer ma vidéo » (hide self-view) de Zoom.
C’est un réglage qu’on peut modifier pendant un appel Zoom pour continuer à voir toutes les autres personnes dont la caméra est allumée, mais sans se voir soi-même.
Essayez-le, vous allez aimer ça
Nous l’avons donc tous les deux essayé immédiatement pour le reste de cet appel et, je dois l’avouer, c’était différent, et peut-être « plus normal »?
Comme je suis plutôt lent à changer mes habitudes, je ne l’ai pas encore intégré à ma routine!
Puis, il y a quelques semaines, lors d’un appel avec ma coach, elle m’a raconté une expérience intéressante qu’elle avait vécue récemment dans le cadre d’un exercice de formation en leadership.
Elle et un groupe de personnes qui faisaient partie de la même cohorte depuis un certain temps avaient été réunis, et on leur a ensuite distribué des bandeaux pour les yeux.
On leur a demandé à tous de mettre les bandeaux, puis de partager quelque chose avec le reste du groupe.
D’une certaine façon, et c’est compréhensible, la qualité des échanges était plus profonde, parce qu’avec les yeux bandés, il y avait moins de distractions qui auraient autrement pu freiner la personne qui parlait.
Éliminer les signaux visuels dominants
Cette histoire de bandeaux m’a incité à lui raconter ce que je viens d’écrire plus haut, et elle a donc essayé de masquer sa vidéo et elle a aimé ça.
Lors de notre appel suivant, elle m’a dit qu’elle l’utilisait depuis et qu’elle adorait ça. Alors, bien sûr, je lui ai dit qu’elle avait quelque chose de coincé entre les dents, et elle m’a cru, pendant une seconde.
Mais tout ce sujet m’a rappelé quelque chose qu’elle m’avait dit il y a des années : les conversations difficiles se passent parfois mieux en voiture, parce que les deux personnes qui parlent ne se regardent pas.
Quand je le lui ai rappelé, elle m’a mentionné que des recherches démontrent que les couples qui vont marcher ensemble ont des relations plus durables, fort possiblement parce qu’ils peuvent avoir des conversations où les signaux visuels dominants ne nuisent pas à la circulation des idées.
Des méthodes de médiation éprouvées
Maintenant que les idées circulaient entre nous deux, cela m’a rappelé la vieille règle de médiation selon laquelle il faut essayer d’éviter que les parties opposées soient assises face à face.
Si vous arrivez à asseoir les gens côte à côte et à mettre le « problème » sur la table pour qu’ils puissent tous les deux le regarder du même point de vue, vos chances de réussite augmentent considérablement.
Il semble que regarder quelqu’un droit dans les yeux puisse faire naître des sentiments d’hostilité qu’il vaudrait mieux réduire au minimum.
Cela semble être un autre cas où « moins, c’est plus », puisque le fait de ne pas avoir toute l’information ou tous les signaux aide à obtenir un meilleur résultat.
Essayez quelque chose de différent pour changer
J’espère que ce billet incitera les lecteurs à brasser les choses un peu et à essayer différentes façons de communiquer, surtout dans les relations qui commencent peut-être à s’essouffler.
Même cette fonction « masquer ma vidéo » de Zoom est quelque chose que je pourrais bien adopter moi-même, parce qu’il est probablement plus naturel de parler aux autres sans me voir constamment à l’écran!


