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Explorer la relation entre deux états d’être
En écrivant le billet de cette semaine, j’ai hâte de voir ce qui en ressortira alors que nous examinons deux « états d’être » que j’ai souvent observés chez des familles clientes.
Les lecteurs réguliers peuvent sûrement deviner lequel mène généralement à des relations familiales plus harmonieuses.
Ce billet trouve son origine dans la conférence d’ouverture d’un congrès auquel j’ai assisté récemment.
Il y a quelques semaines, dans Soaking in the RendezVous Experience, Again, j’avais promis de partager bientôt une partie du contenu de ce « congrès », et nous y voilà.
Tout est une question d’authenticité
Mike Robbins, auteur de Nothing Changes Until You Do, entre autres livres, a lancé la journée avec une présentation stimulante intitulée « We’re all in this together » (Nous sommes tous dans le même bateau).
Il a présenté son « équation de l’authenticité », qui met en évidence trois composantes de l’authenticité : l’honnêteté, la suffisance morale et la vulnérabilité, à savoir :
Authenticité = Honnêteté – Suffisance morale + Vulnérabilité
Je suis d’avis que toute bonne équation permet de déplacer certains de ses termes, du moins comme exercice d’apprentissage, alors j’espère que vous vous joindrez à moi.
Réglons d’abord la question de l’honnêteté.
Bien sûr, elle est importante, mais ce n’est vraiment que la mise de départ, c’est-à-dire le prix d’entrée.
Si vous êtes tout sauf honnête avec les membres de votre famille, eh bien, bonne chance.
Qu’en est-il de la suffisance morale et de la vulnérabilité?
C’est ici que ça devient intéressant, à mon avis.
J’ai pensé traiter de ces deux éléments séparément, parce que Rogers suggère qu’il faut minimiser le premier (c.-à-d. le soustraire) tout en maximisant le second (c.-à-d. l’additionner).
J’accepte entièrement que toute dose de suffisance morale diminue l’authenticité d’une personne, tandis que toute dose de vulnérabilité l’augmente.
Mais en réfléchissant à toute cette idée, j’ai eu l’impression qu’il y avait peut-être plus que ça.
La relation entre ces deux éléments pourrait-elle en être une d’exclusion mutuelle?
Autrement dit, peut-on même être à la fois vulnérable et moralisateur en même temps, ou l’un exclut-il l’autre?
Pourraient-ils être les deux extrémités d’un continuum?
Comparaison : être curieux ou porter un jugement
Examinons la question en la comparant à une autre paire d’états d’être que certains considèrent aussi comme mutuellement exclusifs : la curiosité et le jugement.
J’ai entendu dire (et j’en suis venu à croire) qu’on ne peut pas être curieux et porter un jugement en même temps.
Essayez.
Faire preuve de curiosité empêche votre capacité à juger, du moins pour un moment.
Voir No Room for Judgment when Working with Families
Je propose donc qu’il en va de même pour la suffisance morale et la vulnérabilité
Peut-on être les deux simultanément? Je ne crois pas.
Qu’en pense M. Google?
Quand je traite de mots précis qui définissent un état d’être, j’aime toujours vérifier auprès de mon ami M. Google pour m’assurer d’être sur un terrain relativement solide.
Pour « moralisateur » (self-righteous), voici ce qu’il m’a donné :
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- Avoir la certitude d’avoir entièrement raison ou d’être moralement supérieur
- Une personne qui pense que ses croyances et sa morale sont meilleures que celles de tout le monde
Pour « vulnérable », il m’a donné :
- Susceptible d’être blessé physiquement ou émotionnellement
- Être dans une situation où l’on risque de subir un préjudice
Bon, je dois admettre que ce n’est pas aussi clair que je l’aurais souhaité, alors j’ai encore un peu de travail à faire ici.
Peut-être qu’en replaçant la question dans mon contexte de prédilection, les relations familiales, je pourrai me faire comprendre.
L’effet sur les relations familiales
Imaginons une réunion de famille où sont présents des membres d’au moins deux générations.
J’ai eu le privilège d’être présent dans de nombreuses situations de ce genre avec des familles autres que la mienne.
J’ai vu ma part de parents moralisateurs faire la leçon à leurs enfants.
Je les ai vus faire de grands efforts pour ne pas paraître moralisateurs.
Et pourtant, même sans être exprimée, elle est souvent bien là, à l’avant-plan, au point où c’est tout ce que les autres peuvent voir.
C’est le scénario classique du « dominant-dominé ».
Moi, je suis ici en haut, toi, tu es là en bas.
Miser plutôt sur la vulnérabilité
J’ai aussi été présent lorsque des parents ont raconté à leurs enfants des histoires vécues tirées de leur passé, des moments où ils n’étaient pas à leur meilleur.
Reconnaître ses échecs et ses faux pas, quand le parent montre son humanité (vous savez, les humains font des erreurs!), peut être un geste de vulnérabilité tellement désarmant.
J’essaie toujours de faire comprendre aux leaders familiaux avec qui je travaille que ce qu’ils devraient viser, c’est d’avoir des relations « d’adulte à adulte » avec leur relève.
Vous n’avez pas toujours raison, et ils le savent.
Alors, s’il vous plaît, cessez d’agir comme si c’était le cas.


