Family business and legacy adviser

Comment NE PAS gâter vos enfants avec l’argent

Comment NE PAS gâter vos enfants avec l’argent

Publié le 22 août 2025

Balado Let’s Talk Family Enterprise, épisode no 70

Animateur : Steve Legler
Invité : Mark Shiller

Dans cet épisode, Steve Legler s’entretient avec l’avocat américain spécialisé en planification successorale Mark Shiller au sujet de son livre, How to NOT Ruin Your Kids With Money: Navigating the Challenges of Transitioning Wealth in Families. Ensemble, ils abordent des questions liées au caractère, à la compétence et à la capacité, au processus de maturation et au caractère unique de chaque membre de la famille, avec une foule de conseils utiles pour les parents et les membres de la relève.



À retenir

Points clés à retenir

[:26] Steve Legler accueille Mark Shiller et lui demande de parler du cheminement qui l’a mené à écrire son livre.

[3:48] Les besoins liés à la minorité, à la maturation et à la maturité de toute personne influencent ses relations avec les autres et avec la richesse; Marc raconte une anecdote.

[6:16] La richesse amplifie et révèle le caractère; l’argent peut permettre aux gens de faire des dégâts.

[8:08] Mark explique pourquoi il est important de résister à l’envie de « régler les choses à leur place » lorsqu’on conseille des familles.

[12:08] Le système d’allocation de Mark, et comment il a à la fois fonctionné et échoué.

[14:52] Les conversations sur l’argent ne devraient pas être du tout ou rien; élever des enfants est un processus.

[16:34] À quoi servent les pommiers?

[19:02] La définition de la réussite en tant que parent ne devrait pas être imposée; faire participer la génération montante est une condition pour assurer la continuité de l’héritage.

[21:44] Prêcher par l’exemple pour assurer la réussite.

[22:47] À propos d’Al, de Brittany et de Carl, et de la différence entre valeur et vertu.

[26:45] La zone de danger et quelques conseils de Mark pour bien la traverser.

[29:32] La recommandation de lecture de Mark et ses conseils pour les conseillers.

[32:13] Steve remercie Mark Shiller d’avoir partagé sa sagesse et termine l’épisode en rappelant aux auditeurs d’évaluer le balado et de s’y abonner.

Transcription

Let’s Talk Family Enterprise explore des idées, des concepts et des modèles du monde entier qui aident les conseillers en entreprise familiale à mieux servir leurs familles clientes, une présentation de Family Enterprise

0:12
Canada. Les points de vue, les renseignements

0:15
et les opinions exprimés dans ce balado sont uniquement ceux des personnes concernées et ne représentent pas nécessairement ceux de Family Enterprise Canada.

0:25
Bonjour et bienvenue à un autre épisode du balado Let’s Talk Family Enterprise. Je m’appelle Steve Legler et j’ai le plaisir d’être votre animateur. Encore une fois ce mois-ci, nous allons aborder un sujet qui préoccupe beaucoup de parents, surtout ceux qui ont réussi à atteindre un certain niveau de richesse. Notre invité est Mark Schiller, que j’ai eu le plaisir de rencontrer récemment lors d’un webinaire qu’il a donné pour le Purposeful Planning Institute. Dès la fin de ce webinaire, j’ai commandé un exemplaire de son livre, et je l’ai vraiment aimé. Et nous voici donc. Ce livre s’intitule How to NOT Ruin Your Kids With Money. Et je pense que ça résume très bien la chose. Le sous-titre du livre est Navigating the Challenges of Transitioning Wealth in Families, et ces mots sont eux aussi bien choisis pour encadrer cette discussion. Il y a beaucoup à couvrir, comme d’habitude, alors plongeons tout de suite. Mark Schiller, bienvenue au balado Let’s Talk Family Enterprise. Je suis vraiment content d’être ici. Merci de m’avoir invité. Très bien, alors vous avez écrit un livre. Je suis toujours curieux, quand des gens écrivent un livre, de savoir combien de temps avant d’écrire le livre ils songeaient à l’écrire

1:30
C’est une bonne question. Je veux dire, d’une certaine façon, je suppose que, du moins dans ma façon de travailler, je ne sais pas si vous travaillez différemment, mais quand on explore de petites idées, on commence à se dire : eh bien, ceci mériterait un peu plus d’attention et de concentration pour l’étoffer. Et donc l’idée de : est-ce un livre, est-ce un plan, est-ce une présentation, est-ce ceci, cela ou autre chose? Ça trotte dans la tête. Mais je dirais que la première fois que j’ai vraiment commencé à penser à mettre quelque chose par écrit, c’était après une rencontre avec un groupe de propriétaires d’entreprise. C’était un genre de groupe de pairs, de type PDG, dans des industries non concurrentes, et c’était à St. Louis, et je me souviens qu’ils m’avaient demandé la journée entière, j’allais avoir toute la journée. Alors, d’accord, c’est ce que j’ai fait. Et le sujet ressemblait au genre de choses dont nous parlons, un peu plus large que ça. Mais vous savez, animer une journée complète, la première fois que vous animez une journée complète, c’est quelque chose qu’il faut bien réfléchir, surtout la première fois. Alors je m’étais beaucoup trop préparé, et j’ai passé à travers, je ne sais pas, même pas le tiers de mon matériel. Et après la fin, parce que certaines personnes devaient absolument partir à une heure précise, il y a eu 45 minutes de questions et réponses. Et j’ai réalisé : d’accord, on touche à quelque chose qui a un réel impact sur les gens. Alors on y prête attention, vous savez, on guette ce genre de choses, et pour vous aider vous-même dans votre rôle de conseiller, pour être en mesure d’aider les gens, ça aide de commencer à mettre certaines choses par écrit de façon structurée et logique, et simplement d’y réfléchir sérieusement. C’était il y a un bout de temps. C’était il y a un bon bout de temps,

3:14
D’accord, eh bien, après plusieurs décennies à servir ce genre de clients, on commence à avoir beaucoup de matériel pour remplir une journée et remplir un livre, et on a toutes les histoires qui vont avec, pour rendre les leçons vivantes. Je voulais donc commencer par l’endroit où vous parlez des phases de la vie. Vous savez, vous utilisez le mot, il est dans le titre du livre, mais vous parlez de la minorité, de la maturation, puis de la maturité. Pouvez-vous donner aux auditeurs un aperçu de ces trois étapes, de ce qu’elles représentent et du moment où elles surviennent habituellement?

3:47
Oui, eh bien, ce n’est pas sorcier. C’est, vous savez, simplement la façon dont nous nous développons en tant qu’êtres humains. Mais une des choses, depuis que j’en parle, je ne sais pas si je vais continuer, mais une des premières histoires que j’ai racontées, c’est quand je suis allé rendre visite à une femme dans la quatre-vingtaine qui n’en avait plus pour longtemps. J’y allais comme jeune associé d’un cabinet d’avocats, et mon travail était d’agir comme témoin pour les mises à jour, parce qu’elle ne pouvait pas se déplacer. Alors nous allons la voir, nous nous assoyons avec elle, nous avons une conversation charmante, mais à la fin, elle avait une question : elle a pris l’associé à part pour demander des fonds supplémentaires de la fiducie que son grand-père avait établie pour elle dans les années 1920 ou je ne sais plus quand. Et à ce moment-là, je l’ai vue redevenir comme la petite-fille qui demande de l’argent à grand-papa, elle semblait tout à coup beaucoup plus petite qu’avant. Alors regarder la cible, je pense que c’est utile, parce que les enfants ne sont pas la cible. Comme vous l’avez dit, nous élevons des adultes, et à bien des égards, je pense aussi qu’idéalement, nous ne cessons pas de réfléchir à l’éducation de la génération suivante à 18 ans ou à 25 ans ou peu importe l’âge, pour ensuite simplement nous arrêter et dire que nous avons terminé, ou que nous avons fait tout ce que nous pouvions. Je pense que nous voulons voir nos descendants solides sur leurs deux pieds dans la quatre-vingtaine et la quatre-vingt-dizaine, et élever eux-mêmes de bonnes générations suivantes, solides. Les étapes sont donc essentiellement, vous savez, la minorité, quand quelqu’un doit être impliqué, ils n’ont pas de droits légaux, pas le même genre de droits légaux. Peut-être qu’une fois rendus à 18 ans, il y a encore ce processus d’entrée dans le jeune âge adulte, cette période de maturation que j’appelle la zone de danger, parce que trop d’argent avant que le ciment ait pris peut créer beaucoup de distorsions, n’est-ce pas? C’est donc vraiment là que les gens doivent probablement être le plus prudents et réfléchis, tout en laissant de la place à la réussite. Et puis à un moment donné, pour l’essentiel, vous avez ce que vous avez, et c’est le niveau de maturité, quel qu’il soit, auquel vous en arrivez

6:00
Magnifique. D’accord, vous parlez aussi du fait que la richesse amplifie et révèle le caractère. Est-ce qu’elle amplifie le caractère, ou est-ce qu’elle amplifie les choses et révèle le caractère? Je ne savais pas trop comment l’interpréter.

6:15
Oui, je pense que c’est une combinaison, vous savez, parce que, surtout pendant cette période, cette période du jeune âge adulte où les choses se développent, on pourrait dire que la richesse amplifie les défauts et peut-être aussi les aspects vertueux du caractère, vous savez, donc elle accentue les choses. Si vous êtes dépensier et que vous n’avez que quelques dollars à la banque, eh bien, vous ne pourrez pas faire beaucoup de dégâts, mais si tout à coup une grosse somme d’argent vous tombe dessus, que ce soit à la loterie, par un héritage ou quelque chose du genre, vous découvrez soudainement à quel point vous êtes décentré, et c’est alors une tâche énorme et difficile de remonter la pente, habituellement d’autant plus qu’il y a d’argent en jeu. Et je pense que ça le révèle bien aussi, parce que bien souvent, si vous n’avez que quelques dollars à la banque, eh bien, vous ne voyez jamais vraiment ces aspects en jeu, ou pas de la façon dont on pourrait penser qu’ils se révèlent. Vous savez, parce qu’on peut avoir des problèmes d’argent avec beaucoup d’argent, et on peut avoir des problèmes d’argent sans beaucoup d’argent, mais quand vous pouvez dépenser beaucoup, eh bien, ce qui se passe à l’intérieur devient évident pour les gens de l’extérieur.

7:28

N’est-ce pas? Vous parlez du fait que les conseillers ne peuvent pas faire ce travail à votre place, que vous encouragez les parents à vraiment en prendre la responsabilité, et l’auditoire de ce balado est composé en grande partie de conseillers qui veulent vraiment travailler avec les familles, mais je pense, je pense qu’on apprécie tous quand les familles n’essaient pas de nous déléguer tout le travail. Alors comment les gens travaillent-ils avec les conseillers? Et comment les conseillers savent-ils respecter leurs propres limites quant à ce qu’ils devraient faire, et laisser le gros du travail aux parents?

8:07
Oui, je suis content que vous souleviez ce point, parce que ce n’est pas un sujet dont j’ai beaucoup parlé depuis la sortie du livre, mais en tant que conseiller, surtout au début, quand on essaie de trouver quelle est la valeur qu’on apporte, il y a un peu un chant des sirènes qui nous dit : eh bien, je m’en charge. Je vais régler ça pour vous, je peux m’en occuper. Mais il y a un élément où, vous savez, comme beaucoup de gens le diraient, je pense, vous savez, si je me soucie plus de vos enfants que vous, alors peu importe ce qu’on fait, ça ne fonctionnera pas, n’est-ce pas? Et ça m’est apparu un peu plus clairement quand on m’a engagé pour aider une famille avec laquelle je travaille encore, et ils cherchaient à élaborer un plan, et ils ont engagé quelqu’un pour préparer, disons, la vue d’ensemble du plan. Et dans ce cas-là, j’allais être davantage responsable de la mise en œuvre, mais la relation s’est développée à partir de là, et j’ai demandé : eh bien, qu’espériez-vous retirer de ce processus de planification? Et le mari a dit qu’il voulait avoir le plan, et qu’il voulait que l’institution en question explique le plan aux enfants, mais à mesure qu’on avance dans le plan, on se rend compte que, bon, c’est, oui, il y a des aspects techniques qui peuvent être expliqués, mais au fond, que se passe-t-il vraiment? C’est un dialogue personnel. Alors qu’est-ce que cette institution dit à vos enfants que vous ne devriez pas leur dire vous-même? Et ça aide à apporter un peu de clarté, parce que c’est ça, la conversation. Autrement, il peut y avoir de très grands décalages entre la façon dont le conseiller pourrait interpréter certaines choses et ce que la famille, la génération aînée ou qui que ce soit veut vraiment. Alors il faut avoir assez d’humilité pour reconnaître qu’on ne peut pas on ne peut pas régler les problèmes de la famille. On peut guider. On peut aider. On peut donner un petit coup de pouce quand ils sont peut-être un peu décentrés. On peut faciliter la communication quand les générations dérivent un peu sans s’en rendre compte, mais au bout du compte, c’est l’amour, l’attention, le respect, la bienveillance, la générosité, peu importe ce que c’est, de la famille qui va faire avancer la famille. Alors, vous savez, je pense qu’on ne veut pas non plus porter une trop grande part du fardeau, parce qu’on, on ne peut pas, on ne pourrait pas le porter de toute façon,

10:40
c’est ça? Exactement. Donc, donc reconnaître nos limites et et, comme conseillers, encourager et normaliser cela pour les parents, qu’ils doivent vraiment faire l’essentiel de leur de ce travail, comme vous l’avez dit, pour montrer la générosité et l’attention qui ne peuvent pas venir davantage des professionnels que

10:59
des autres membres de la famille. Ça ne fonctionne tout simplement pas, et c’est difficile d’avoir ces conversations, surtout si vous n’avez pas eu de modèles dans les générations précédentes, ou de modèles parmi vos amis, ou peu importe, ce qui n’est pas le cas de la plupart des gens. Donc non seulement le conseiller entend ce chant des sirènes qui l’invite à intervenir, mais les clients, je pense, entendent aussi un peu un chant des sirènes qui leur dit : eh bien, laissons-les faire. Après tout, c’est leur métier, n’est-ce pas,

11:26
n’est-ce pas? Oui, ils l’ont fait avec d’autres familles, donc ils ont plus de pratique, mais je n’ai pas plus de pratique avec votre famille. Exactement. On essaie de s’exercer sur eux. Vous parlez du caractère unique de chaque membre de la famille et de la façon dont, vous savez, toute cette histoire de parents qui essaient de, vous savez, de traiter tout le monde de la même façon, mais, mais ils ne sont pas pareils. Quiconque a plus d’un enfant sait qu’ils sont très différents. Et vous donnez même un exemple de votre propre famille et de la façon dont vous avez essayé d’établir certaines règles avec chacun de vos enfants sur la manière dont vous alliez gérer certaines questions d’argent. Pouvez-vous nous en parler un peu? Simplement pour mettre en lumière cette partie de l’histoire, vous

12:06
parlez de cette sorte de système d’allocation qu’on a utilisé, c’est oui, oui. Donc, en bricolant quelques idées venant d’amis, de clients, de nos propres expériences familiales, ma femme et moi avons en quelque sorte combiné nos sensibilités, et nous avons conçu un système qui, pensions-nous, amènerait nos enfants à apprendre divers aspects de la gestion de l’argent, à la fois sur le plan du caractère et sur le plan pratique, et tout ce genre de choses. Et essentiellement, l’idée était qu’en arrivant au secondaire, ils avaient certaines responsabilités pour leurs propres dépenses et leur propre budget pour certains postes, et à la fin du mois, pour obtenir le versement ou le montant du mois suivant, ils devaient simplement nous dire ce qu’ils avaient fait. Sans jugement, en quelque sorte. Vous pouvez nous demander si vous pensez avoir fait du bon travail, ou si vous auriez dû faire quelque chose de différent, ou peu importe. Eh bien, notre aînée est, vous savez, plutôt du genre à suivre les règles, comme beaucoup d’aînés, pas tous, mais on pensait avoir un excellent système. Et puis notre deuxième arrive, et lui, c’est plutôt celui qui brasse la cage, ce qui arrive souvent aussi avec le deuxième. Et il l’est plus que la plupart des gens que j’ai croisés. Il est motivé de l’intérieur, pas du tout motivé par l’extérieur. Donc il était aussi, c’est probablement le plus entrepreneur de nos enfants. Il trouvait des façons de gagner son propre argent. Alors s’il ne nous disait pas ce qu’il avait fait avec l’argent et qu’il manquait un mois, ou deux, ou trois, ça lui était égal. Donc le système n’accomplissait pas vraiment avec le deuxième ce qu’il avait accompli avec la première. Il y a bien des façons de voir ça. À bien des égards, voici un peu mon point de vue. Je ne sais pas si vous en avez un différent, mais j’ai eu l’impression que le système n’a pas fonctionné comme prévu, mais nos enfants ont quand même, malgré tout, tiré de l’expérience des leçons sur l’argent et une communication sur les valeurs liées à l’argent. Et ça a été vrai pour j’en ai quatre, et pour les deux autres ensuite, on a continué, un peu plus timidement, avec le système, et je suis content qu’on ait eu ces conversations, mais, mais ça n’a tout simplement pas le même effet sur tout le monde, parce qu’ils sont différents, pour une raison ou une autre, n’est-ce pas?

14:33
Et toute occasion d’avoir des conversations sur l’argent entre générations est importante à saisir, et c’est justement ce que tant de familles évitent parce qu’elles craignent que ça se passe mal, alors que ne pas avoir la conversation est rarement la meilleure

14:48
solution non plus. Oui, oui. Et on en fait un peu, on en fait aussi des conversations du genre tout ou rien, vous savez, genre, une fois qu’on commence à s’y mettre, il faut, il faut tout aborder. Eh bien, vous savez, ce n’est pas comme ça qu’on enseigne différentes choses à nos enfants. Vous savez, on les y amène progressivement, et c’est vrai aussi au début de l’âge adulte. Vous savez, il y a une période où l’on dévoile les valeurs, qui précède habituellement la discussion sur l’argent. La discussion sur l’argent est d’abord plus conceptuelle, puis elle devient plus concrète, avec des chiffres précis. Et puis, vous savez,

15:24
c’est parti. Il y a une évolution qui doit se faire, et c’est normal qu’elle se fasse sur des mois et des années, et pas en quelques minutes seulement. J’aime dire qu’il ne s’agit pas d’une conversation de 100 minutes. Ce sont 100 conversations d’une minute chacune, au fil des années et des mois. C’est comme ça qu’on élève nos enfants,

15:44
c’est certain, et c’est comme ça qu’on, d’une certaine façon, je pense, aide nos clients à vivre le processus qu’ils traversent. Parce que c’est une observation qu’on peut faire, à la fois sur nous-mêmes et sur nos clients : c’est un processus long, qui s’inscrit dans le temps, et nos clients le voient parfois comme, eh bien, c’est un projet. On en aura fini dans trois à six mois, n’est-ce pas? Ce n’est pas comme ça que ça se passe, mais on peut les aider avec ça, n’est-ce pas?

16:14
Ce n’est pas un événement. C’est un processus. Un des exemples que j’adore vraiment et que je n’ai entendu nulle part ailleurs. Alors je vais vous demander : quelle est la raison d’être des pommiers? Oui. Pouvez-vous nous raconter cette métaphore ou cette histoire? Oui.

16:31
Alors cette question, quelle est la raison d’être des pommiers? J’étais assis à l’église un dimanche, et le pasteur l’a posée dans le cadre de son sermon. Je ne me souviens pas vraiment du reste du sermon, mais cette question m’est restée. Et, vous savez, elle est restée en suspens un moment. Il l’a laissée en suspens. Et je pense que, comme la plupart des gens, ma première pensée a été : eh bien, la raison d’être des pommiers, c’est de produire des pommes. Et il avait une réponse différente, à savoir que la raison d’être des pommiers, c’est de produire des pommiers. Et dans ce sens, je pense que c’est un peu l’image de ce qu’on veut : élever de bons pommiers, qui élèveront à leur tour de bons pommiers, et ainsi de suite, et cet héritage de la façon dont on crée un sol fertile et les bonnes conditions. Vous savez, on ne veut pas trop arroser. On ne veut pas non plus pas assez arroser. On veut tailler là où il le faut et on veut laisser l’arbre s’épanouir là où il doit s’épanouir. Laisser s’épanouir, c’est vraiment le sens de tout cet exercice. Et il y a certaines limites horticoles à ma métaphore que j’ai apprises depuis, mais quoi qu’il en soit, l’idée que notre raison d’être n’est pas seulement ce qu’on fait ou qui on est sur le moment, mais les deux. Ça en fait partie, mais c’est aussi : quels sont les effets qui se répercutent à travers le temps, même si personne n’a la moindre idée de comment remonter jusqu’à vous ou moi.

18:07

Vous savez, imaginer ce que c’est? Est-ce de produire un très beau bol de pommes à court terme? Peut-être que ça en fait partie. Mais au bout du compte, donc il y a les différents horizons de temps. Et comme parents, notre vision de l’horizon de temps le plus important change à mesure que nos enfants grandissent et que nous vieillissons aussi. N’est-ce pas?

18:27
Parce que si vous avez un bol de pommes bien brillantes, c’est une expérience d’une semaine, deux semaines, avant qu’elles commencent à ramollir un peu et à brunir, n’est-ce pas? Mais le verger peut durer des siècles, en théorie.

18:41
Oui, le chapitre neuf, vous l’appelez « libérer la définition du succès ». Mais je pense que ça a beaucoup à voir avec, eh bien, est-ce que vous? Est-ce que vous? Est-ce que votre succès est jugé selon les pommes ou selon les pommiers? Oui, est-ce que, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur, sur le fait de libérer la définition du

19:00
succès? Je pense que. Je pense que ça en fait partie. Je veux dire, en vieillissant comme parent, vous prenez conscience de l’influence que vous avez, mais aussi des limites de cette influence, n’est-ce pas, et la mesure dans laquelle vous pouvez avoir une influence au-delà de votre propre expérience de vie, ou même au cours des 10 prochaines années, dans un milieu familial sain, il vaut probablement la peine de le préciser, va être limitée, et quand vous ne serez plus là, l’héritage que vous laisserez suscitera une réaction d’une manière ou d’une autre. Il pourra être accepté et poursuivi. Il pourra être rejeté en entier ou modifié. Si la définition du succès est quelque chose que vous essayez d’imposer aux générations suivantes, cela va souvent de pair avec soit un manque de confiance, soit un manque de considération envers la génération suivante. Et quand vous essayez de dire à un enfant, qu’il ait huit ans ou 58 ans, voici ce que tu vas faire, la plupart du temps, on résiste, et l’impact que nous pouvons avoir sur nos petits-enfants et arrière-petits-enfants est forcément moindre que celui que nos enfants ou petits-enfants peuvent avoir sur la génération qui suit. Donc, si vous essayez d’accomplir quelque chose sur un horizon multigénérationnel, vous devez tout simplement faire participer les différentes générations et réaliser que ce sont elles qui vont porter le flambeau. Et donc, si vous êtes le seul à élaborer la définition du succès, vous n’avez aucune garantie que ça va se poursuivre. Alors trouvez des façons d’engager une conversation sur ce que ce serait, et montrez l’exemple à la génération suivante, qui sera dans cette même position, où ce seront les petits-enfants qui l’accueilleront et le porteront plus loin, ou vers la gauche, ou vers la droite.

21:16
J’aime que vous souligniez l’importance de montrer l’exemple. Et plus tôt, vous y aviez fait allusion, mais quand vous n’avez pas de modèle et que vous êtes le premier à essayer de le faire, c’est beaucoup plus difficile. Mais quand vous êtes celui qui ouvre la voie et que vous pouvez montrer l’exemple, cette expérience, souhaitons-le, se transmettra aussi aux générations suivantes et permettra à chaque génération de recréer, ou de cocréer avec vous, sa propre définition du succès,

21:41
oui, et je pense aussi, d’une certaine façon, que pour la première génération qui mène ce projet, la tentative, c’est 90 % de l’exemple; le succès, d’une certaine façon, je veux dire, ce n’est pas sans importance, mais si vous y mettez vraiment tous vos efforts, alors vous affirmez que c’est important, et que je vais essayer. Je pourrais échouer, mais je veux que ça réussisse, et au bout du compte, je vais te le remettre, et je crois que tu vas réussir, et je pense que tu vas faire mieux que moi dans ce

22:17
projet. C’est la planification qui est importante. Ce n’est pas le plan qui en ressort. C’est l’action, l’intention et la confiance mutuelle, le fait que vous voulez que ce soit quelque chose sur lequel nous travaillons ensemble, en famille. J’aimerais vous poser une question sur l’exemple d’Al, Brittany et Carl, et ça rejoint le fait que chacun est un peu différent. Pouvez-vous nous faire un bref résumé de ces trois personnages du livre?

22:45
Alors, juste pour me rappeler comment j’ai nommé mes exemples, je pense que c’est celui où il y avait un nouveau projet d’affaires, ou un projet immobilier, ou quelque chose du genre.

22:56
C’était le père, et Britney fait tout avec eux, et puis ils veulent respirer vous je pense Vous

26:22
Vous Je Service. veulent le jeune frère Carl, qui a beaucoup moins d’aversion au risque, et ils ne comprennent pas pourquoi il ne veut pas simplement mettre de l’argent dans un stratagème facile pour en faire plus. Oui, la question de la tolérance

27:01
au risque, oui, c’est ça, oui. Alors, alors quand vous avez une famille entrepreneuriale ou une famille en affaires, l’entrepreneuriat est souvent une valeur très importante qui est projetée au sein de la famille, mais dans, dans toute, j’imagine, compréhension des

27:24
vertus et des valeurs, être un

27:27
entrepreneur ne fait pas de vous une meilleure personne que quelqu’un qui n’est pas entrepreneur, n’est-ce pas? Donc c’est une valeur, ce n’est pas une vertu, cette dernière étant quelque chose d’universellement louable, comme être travaillant; avoir une bonne éthique de travail serait quelque chose qu’on pourrait qualifier de vertu. Et donc, dans une foule de situations, j’ai vu des cas où un membre de la famille est placé dans une position où on lui demande d’être entrepreneur, ou quelque chose d’apparenté, et ce n’est pas son truc. Alors il traîne les pieds, il résiste, il esquive les occasions. Et ça peut être très frustrant pour les membres entrepreneurs de la famille, parce qu’ils peuvent y voir le rejet de quelque chose qu’ils essaient de faire de très positif pour lui. Et si l’entrepreneuriat était une vertu, ce serait vrai. Mais si vous n’êtes tout simplement pas comme ça, et que vous êtes mal à l’aise de prendre quelque risque que ce soit, ou simplement avec l’idée de faire quelque chose que vous ne comprenez pas ou pour lequel vous n’avez pas l’énergie, encore une fois, ça ne fait pas de vous quelqu’un de bon ou de mauvais, mais si vous êtes évalué là-dessus et jugé bon ou mauvais en fonction de ça, là vous avez des problèmes dans le système familial; alors comprendre quel étalon de mesure vous utilisez, c’est quelque chose que certaines familles doivent vraiment prendre le temps de faire avec du recul, de l’évaluer elles-mêmes, et peut-être de présenter des excuses ou de restructurer leur façon de faire, et de miser sur ces talents entrepreneuriaux, parce qu’ils sont importants pour bâtir un patrimoine, mais sans s’attendre à ce que tout le monde soit pareil, parce que, comme nous en avons parlé plus tôt, ils ne naissent pas pareils, et parfois ils sont des copies conformes assez fidèles, mais pas en général, et très souvent, dans la génération qui suit celle des créateurs de richesse, il y en a souvent un qui se dit : je vais prendre ce genre de chose, foncer avec, et souvent, l’amener au niveau supérieur. Mais à un moment donné, parce que vous n’avez pas l’expérience d’avoir fait passer quelque chose de zéro à quelque chose de gros, votre expérience de vie comporte ce sentiment d’urgence qui vous lance sur cette voie, et parfois c’est difficile d’arrêter de courir parce que vous ne savez pas comment arrêter d’écrire, n’est-ce pas? Et vous attendez que tout le monde vous rattrape, et eux se disent : personne ne nous poursuit. Alors pourquoi est-ce que je cours à 90 milles à l’heure? Exactement, 130 kilomètres à l’heure,

30:18
l’un des grands sujets dont vous parlez, c’est de traverser la zone de danger, et puis il y a un cycle qui se déroule ici. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la zone de danger, quand elle survient et comment les gens peuvent s’assurer d’y survivre?

30:32
Oui, la zone de danger, c’est cette idée, comme nous en avons parlé, de la période où vous êtes le plus à risque de subir l’influence de l’argent, ou même du fait de connaître l’existence de l’argent, sur le caractère personnel, la compétence, les philosophies de l’argent, les choix de vie qui viennent avec ça, beaucoup d’impacts différents qui peuvent survenir à ce moment-là. Je pense que le moment où elle survient est un peu

31:00
incertain. Ça varie. Ça varie. C’est différent.

31:04
En effet. Et je pense qu’il y a une certaine fluctuation. Alors ce que je dirais souvent, c’est que si vous aviez une sorte de courbe en cloche, 95 % des gens entrent dans la zone de danger et en sortent entre 25 et 35 ans, et si vous ajoutez un autre écart-type, c’est peut-être entre 22 et 40 ans, quelque chose comme ça, n’est-ce pas? Ce que je pense qui se passe, par contre, c’est qu’avec le niveau d’anxiété accru et les pressions économiques qui sont au moins un peu différentes pour notre relève, je pense qu’il y a des retards potentiels pour traverser cette période de zone de danger, et peut-être des retards pour y entrer. Alors nous ne pensons pas, je ne pense pas que nous ayons entièrement compris comment composer avec ce que ces changements sociétaux exigent pour nos jeunes dans la vingtaine, ou pour ceux qui traverseront cette période, mais nous devons faire attention à la façon dont ça touche chaque individu. Mais c’est, je pense, encore à peu près l’horizon de temps général que je suggérerais pour ça, et ça amène souvent les gens à se demander : eh bien, quand le dire aux enfants, n’est-ce pas, combien nous valons? C’est un peu comme : eh bien, en sont-ils complètement sortis? Et donc vous attendez ça. Eh bien, si vous attendez jusqu’à ce qu’ils aient, je veux dire, que le plus jeune ait 35 ou 40 ans, ou est-ce que ça s’étire et tout à coup, vous ne dites vraiment rien jusqu’à ce qu’ils soient dans la soixantaine, et ils n’ont jamais eu l’information. Et donc ça n’a jamais vraiment eu d’impact concret sur eux et sur leur planification, et peut-être que c’est bien, peut-être

32:49
pas exactement. Très bien, nous arrivons à la fin de notre temps ensemble, et c’était une excellente discussion, et nous aimons toujours terminer avec nos deux questions pour tous nos invités. La première, c’est une recommandation de livre, et je vais vous la demander dans une seconde. Puis la deuxième, c’est un conseil de la part de quelqu’un qui travaille avec des familles, pour les autres qui travaillent avec des familles et pour les familles elles-mêmes. Alors, pouvons-nous commencer par la recommandation de livre?

33:20
Oui, il y a tellement de livres en ce moment, je pense que celui qui me saute probablement aux yeux en ce moment, c’est How to Know a Person de David Brooks, qui, je pense, propose un ensemble intéressant de choses à méditer. Et je pense qu’il peut être très utile simplement pour avoir, je ne sais pas, la perspective presque d’un tête-à-tête, par opposition à l’importance, et sans minimiser l’importance des systèmes familiaux là-dedans, mais pour avoir aussi cet aspect individuel, de façon à avoir les deux, le macro et le micro. Et donc j’ai l’impression que ça m’a aidé à passer un peu à travers ces étapes

34:09
D’accord, bien. Nous mettrons un lien vers ce livre dans les notes de l’épisode, et pour conclure, un conseil que vous avez pour nos

34:19
auditeurs. Puis-je vous en donner deux? Le premier

34:23
se trouve un peu dans le livre, et c’est en gros : « Arrêtez de vous prendre au sérieux. » Je pense que si nous arrivons à ne pas trop nous prendre au sérieux, à ne pas trop nous croire importants, tout en ne nous sous-estimant pas, vous savez, je pense que nous pourrions être plus utiles. Le deuxième vient de mon expérience en improvisation. Je fais de l’impro depuis près de 25 ans maintenant, et l’une des choses qui sont ressorties… il y a toujours ces petites pépites qui ressortent du processus et qui touchent beaucoup à l’expérience humaine. Et la chose que je rumine depuis un moment, c’est quelque chose qui dit : « Dans le doute, simplifiez; en position de force, explorez. » Et je pense que lorsque nous travaillons avec des familles, nous les trouvons souvent dans des situations d’incertitude, à essayer de comprendre comment elles vont faire ceci, ou comment cette transition va se faire. Et il peut être très utile pour nous, autant pour nos familles que pour nous en tant que conseillers, je pense, de simplifier les enjeux, les questions, les conversations, puis, quand on arrive à une position de force, d’explorer et de trouver comment avancer et bâtir sur ce qu’on a. Donc je ne l’ai pas encore tout à fait intégré jusqu’à la moelle, mais j’ai l’impression qu’en le partageant, d’autres pourront s’en inspirer et aller plus loin avec ce petit conseil que j’ai entendu

35:52
récemment à son sujet, ou peut-être que c’est votre

35:56
prochain livre. Peut-être le septième. Peut-être

35:59
le septième. Mark Schiller, merci encore une fois de vous être joint à nous et d’avoir partagé votre sagesse avec notre auditoire. Merci beaucoup. Chers auditeurs, si vous n’êtes pas encore abonnés, faites-le pour ne jamais manquer aucun de ces épisodes mensuels. Merci encore d’avoir été avec nous. Ici Steve Legler, à la prochaine,

36:20
si vous avez aimé l’épisode d’aujourd’hui, vous pouvez vous abonner sur Spotify, Apple Podcasts ou toute autre application de balados, et n’oubliez pas de partager cet épisode avec votre famille, vos amis et vos collègues. Vous.

Work with Steve

Ready to start the conversation your family keeps putting off?

A free introductory call is a low pressure way to talk through where your family is and what could help.

Skip to Accessibility Panel