83 : Au-delà du bilan : Jessica McGawley sur la préparation de la relève
6 octobre 2026
L’animateur Steve Legler reçoit Jessica McGawley, fondatrice de Dallington, une firme-boutique londonienne qui accompagne les familles dans les dimensions développementales et relationnelles d’un patrimoine important. Depuis une décennie, Jessica et son équipe travaillent exclusivement avec des adolescents et des jeunes dans la vingtaine issus de familles entrepreneuriales, une génération souvent tenue à l’écart des conversations qui façonneront son avenir.
S’appuyant sur son récent article paru dans le Financial Times, Jessica explique pourquoi des gestionnaires de patrimoine, des avocats et des fiduciaires bien intentionnés peuvent parfois franchir des limites professionnelles avec les membres plus jeunes de la famille, et pourquoi un conseiller qui sert les parents depuis des décennies n’est peut-être pas une présence neutre dans la vie d’un enfant.
Jessica et Steve abordent aussi la confidentialité et les attentes culturelles, la préparation des jeunes aux attitudes du public à l’égard de la richesse, et la façon dont son programme Rising Gen aide les frères et sœurs et les cousins à explorer les différentes voies que leur entreprise familiale pourrait emprunter, et ce que chacune pourrait signifier pour leurs relations et leurs responsabilités.
Jessica conclut avec une suggestion de lecture pour les parents et les conseillers, et en rappelant que des chefs d’entreprise et des créateurs de richesse exceptionnels peuvent avoir besoin de plus de soutien comme parents qu’on le suppose parfois.
Recommandation : publication de The Atlantic, Russell Shaw https://www.theatlantic.com/newsletters/2026/08/how-raise-resilient-children/688449/<https://url.avanan.click/v2/r03/___https://www.theatlantic.com/newsletters/2026/08/how-raise-resilient-children/688449/___.YXYyYzpmYW1pbHllbnRlcnByaXNlOmE6bzo3ZDgzYzQ2ZWM3MTFhZmRmMWQ1NTM1NTNhYmQ3ZGU5ZTo3OjkyYzI6OWE1NWU4ODBjMmEwY2VjMTk2ZjEwZmI2OTQ2NzU0YWM3Mjg3NTU1ZmZlZmVjMTRhNWM1ODE0ZDdiNTc3OGFhOTpoOlQ6Tg>
Les points de vue, renseignements et opinions exprimés dans ce balado sont uniquement ceux des personnes concernées et ne représentent pas nécessairement ceux de Family Enterprise Canada.
Biographie de l’invitée
Jessica McGawley a fondé Dallington en 2016, après de nombreuses années de travail auprès de familles et de bureaux familiaux (family offices) partout dans le monde. Elle a suivi une formation en consultation psychodynamique et systémique au Tavistock and Portman NHS Foundation Trust et est également médiatrice accréditée. Son travail applique la pensée systémique-psychodynamique et systémique aux défis particuliers auxquels fait face la relève des familles fortunées et des entreprises familiales.
Jessica aide les membres de la relève issus de familles UHNW à entrer dans l’âge adulte avec confiance, avec un sens du but et avec des dynamiques familiales plus saines. Elle travaille aux côtés de conseillers à la clientèle privée, de gestionnaires de patrimoine, de fiduciaires et d’équipes de bureaux familiaux pour approfondir les conversations sur la dynamique familiale, la communication et la préparation de la relève, au moyen de services de consultation, de cofacilitation, de formation et de retraites-conseils sur mesure.
Pour en savoir plus sur Jessica McGawley, consultez son site Web, le site Web de Dallington et son profil LinkedIn.
Points clés à retenir
Points clés à retenir
[:22] Steve Legler accueille Jessica McGawley, fondatrice et consultante principale chez Dallington, et lui demande d’expliquer sur quoi porte principalement son travail auprès de la relève.
[1:54] La notion de relève peut englober une vaste tranche d’âges, et Jessica choisit de se concentrer sur la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte.
[2:39] Jessica raconte le moment de sa carrière qui a fait naître son intérêt pour ce sous-groupe particulier des familles entrepreneuriales.
[3:42] Inclure les adolescents et les jeunes adultes dans des conversations qui les toucheront directement dans un avenir proche, c’est leur offrir des occasions d’apprentissage et de croissance.
[4:38] Jessica parle de la malléabilité intellectuelle de ces années formatrices et de leur importance pour acquérir des compétences et des connaissances.
[5:40] Dans quelle mesure les parents UHNW sont-ils ouverts à l’idée d’inclure leurs enfants?
[6:49] La collaboration et la proximité sont de plus en plus populaires, mais elles comportent des pièges; Jessica décrit les problèmes possibles, surtout pour les adolescents et les jeunes adultes.
[9:47] Jessica aborde la question de savoir à qui revient la responsabilité de maintenir les limites professionnelles et comment évaluer le degré de relation personnelle approprié pour un conseiller.
[11:16] Même si la collaboration est importante, Jessica souligne à quel point il est essentiel de rester dans son champ de spécialité lorsqu’on conseille.
[13:05] Pourquoi la neutralité peut sauver des relations.
[14:41] Établir des paramètres de confidentialité avec la relève peut vous éviter certaines situations complexes à l’avenir.
[15:42] Certaines cultures voient la confidentialité différemment; Jessica raconte une expérience et décrit les moments de la vie où les chocs culturels sont plus susceptibles de survenir.
[18:25] Jessica explique comment elle prépare la relève à faire face à la diabolisation. Elle parle aussi d’une expérience personnelle négative avec les médias.
[23:00] Il y a une ligne mince entre laisser votre connaissance d’un système familial éclairer vos décisions en tant que conseiller et la laisser diriger votre travail de conseil.
[24:28] Jessica raconte des moments où son travail de conseil a surpris ses clients.
[27:25] L’héritage des relations est une étape importante à gérer.
[29:01] Jessica partage sa recommandation de livre ainsi que ses conseils aux conseillers.
[30:58] Steve remercie Jessica McGawley d’avoir partagé une si grande part de son expertise et invite les auditeurs à s’abonner.
Si vous avez aimé l’épisode d’aujourd’hui, vous pouvez vous abonner à Let’s Talk Family Enterprise sur Spotify, Apple Podcasts et d’autres applications de balados. N’oubliez pas de partager cet épisode avec votre famille, vos amis et vos collègues.
Faites-nous part de vos réflexions à fea@familyenterprise.ca.
Points clés à retenir
Points clés à retenir
[:22] Steve Legler accueille Jessica McGawley, fondatrice et consultante principale chez Dallington, et lui demande d’expliquer sur quoi porte principalement son travail auprès de la relève.
[1:54] La notion de relève peut englober une vaste tranche d’âges, et Jessica choisit de se concentrer sur la fin de l’adolescence et le début de l’âge adulte.
[2:39] Jessica raconte le moment de sa carrière qui a fait naître son intérêt pour ce sous-groupe particulier des familles entrepreneuriales.
[3:42] Inclure les adolescents et les jeunes adultes dans des conversations qui les toucheront directement dans un avenir proche, c’est leur offrir des occasions d’apprentissage et de croissance.
[4:38] Jessica parle de la malléabilité intellectuelle de ces années formatrices et de leur importance pour acquérir des compétences et des connaissances.
[5:40] Dans quelle mesure les parents UHNW sont-ils ouverts à l’idée d’inclure leurs enfants?
[6:49] La collaboration et la proximité sont de plus en plus populaires, mais elles comportent des pièges; Jessica décrit les problèmes possibles, surtout pour les adolescents et les jeunes adultes.
[9:47] Jessica aborde la question de savoir à qui revient la responsabilité de maintenir les limites professionnelles et comment évaluer le degré de relation personnelle approprié pour un conseiller.
[11:16] Même si la collaboration est importante, Jessica souligne à quel point il est essentiel de rester dans son champ de spécialité lorsqu’on conseille.
[13:05] Pourquoi la neutralité peut sauver des relations.
[14:41] Établir des paramètres de confidentialité avec la relève peut vous éviter certaines situations complexes à l’avenir.
[15:42] Certaines cultures voient la confidentialité différemment; Jessica raconte une expérience et décrit les moments de la vie où les chocs culturels sont plus susceptibles de survenir.
[18:25] Jessica explique comment elle prépare la relève à faire face à la diabolisation. Elle parle aussi d’une expérience personnelle négative avec les médias.
[23:00] Il y a une ligne mince entre laisser votre connaissance d’un système familial éclairer vos décisions en tant que conseiller et la laisser diriger votre travail de conseil.
[24:28] Jessica raconte des moments où son travail de conseil a surpris ses clients.
[27:25] L’héritage des relations est une étape importante à gérer.
[29:01] Jessica partage sa recommandation de livre ainsi que ses conseils aux conseillers.
[30:58] Steve remercie Jessica McGawley d’avoir partagé une si grande part de son expertise et invite les auditeurs à s’abonner.
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Transcription
Vous écoutez le balado Let’s Talk Family Enterprise, destiné à toute la communauté des entreprises familiales : familles, conseillers et leaders d’opinion qui partagent des idées pour aider les familles entrepreneuriales à prospérer de génération en génération. Une présentation de Family Enterprise Canada.
0:23
Bonjour et bienvenue à un nouvel épisode du balado Let’s Talk Family Enterprise. Je m’appelle Steve Legler, et je suis ravi d’être encore une fois votre animateur.
0:31
Ce mois-ci, nous recevons une invitée spéciale du Royaume-Uni qui nous fera part de ses réflexions sur quelques sujets liés aux professionnels qui servent les familles, et nous repartirons tous, je l’espère, avec des idées utiles, que nous soyons conseillers ou membres de la famille. Notre invitée est Jessica McGawley, fondatrice de Dallington, une firme-boutique établie à Londres qui accompagne les familles dans les aspects développementaux et relationnels d’un patrimoine important.
0:59
J’ai rencontré Jessica l’an dernier lors d’un atelier en petit groupe au congrès du Family Firm Institute à Boston, puis je suis tombé sur un article qu’elle a écrit pour le Financial Times plus tôt cette année.
1:10
Nous allons essayer de couvrir les points clés de ces deux sujets pendant notre conversation aujourd’hui. Nous avons beaucoup de choses à aborder, alors permettez-moi d’accueillir notre invitée, Jessica McGawley. Bienvenue au balado Let’s Talk Family Enterprise.
1:21
Bonjour, Steve. Merci beaucoup de me recevoir. C’est formidable d’être enfin ici avec vous.
1:27
Oui, j’avais hâte. Je regardais votre profil LinkedIn la semaine dernière, et je vois que vous vous présentez comme une experte de la relève. Et si je me souviens bien, votre présentation à Boston portait sur un sous-groupe particulier de la relève, plutôt du côté des plus jeunes. Pouvez-vous nous expliquer sur quoi vous vous concentrez habituellement?
1:52
Absolument. Vous savez, je suis tout à fait consciente que Jay Hughes, qui a inventé l’expression « rising gen », n’associe vraiment la génération montante à aucun groupe d’âge en particulier, et qu’on peut faire partie de la génération montante à, vous savez, 60 ou 70 ans. Mais c’est peut-être parce que c’est un peu moins connu au Royaume-Uni : j’allais constamment à des réunions où les gens confondaient sans cesse « next » et « rising », et nous travaillons principalement avec des adolescents et des jeunes dans la vingtaine qui sont vraiment en pleine ascension, si on pense à cette image, dans bien des aspects de leur vie. Alors, quand j’utilise le mot « montante », c’est vraiment dans le contexte de la fin de l’adolescence et du début de l’âge adulte. Et comment vous êtes-vous spécialisée dans ce groupe? Je suis curieux de connaître l’origine de cette concentration sur ce sous-groupe. Absolument, c’est exclusivement ce que nous faisons depuis 10 ans chez Dallington. Mais pour en arriver là, j’ai travaillé pour un cabinet-conseil en bureaux familiaux à Mayfair, à Londres, pendant près de 10 ans auparavant. Et ce que je voyais constamment et qui me frustrait, ce qui est sûrement pareil pour beaucoup de vos auditeurs (c’est une excellente raison de démarrer une entreprise quand quelque chose vous frustre), c’est que cette jeune génération, ces adolescents et ces jeunes dans la vingtaine, étaient tenus à l’écart de conversations très importantes qui les touchaient ou qui allaient avoir des répercussions sur eux dans un avenir proche. J’avais donc proposé à cette firme, à l’époque : pourrait-on les inclure? Et ce n’était tout simplement pas une priorité. Alors je me suis dit que j’allais le faire moi-même.
3:22
Eh bien, c’est intéressant, parce que je pense qu’en tant que conseiller auprès des familles, j’entends souvent la question : « À quel âge devrions-nous commencer à inclure nos enfants dans ces conversations? » Et ma réponse est habituellement : « Le plus tôt est généralement le mieux. » Alors, je suppose que c’est la même chose que vous avez constatée, et vous avez réussi à trouver une façon de vraiment servir ces personnes. Absolument. Et je pense, vous savez, qu’il y a tellement de peur entourant le patrimoine et l’entreprise familiale. Je suis sûre que vous avez, et que beaucoup de philosophes ont, la même expérience : bon nombre de ces réunions sont entourées de nos peurs quant à ce que l’argent, ou l’entreprise, ou l’héritage va faire, au lieu de penser à quel point cela pourrait être stimulant, inspirant et joyeux. Et j’espère que beaucoup de vos auditeurs se souviendront que leur adolescence a été une série de hauts et de bas, beaucoup de choses excitantes, beaucoup de choses qui, vous savez, rendaient nerveux, mais, vous savez, on prenait les choses comme elles venaient. Et je voyais constamment, encore et encore, qu’ils n’étaient pas inclus dans des choses dont ils pourraient en fait beaucoup retirer et beaucoup apprendre. Et à un si jeune âge, ce sont des éponges et ils veulent apprendre, mais la plupart des familles ne leur donnent pas l’espace ni la place à la table. Est-ce ce que vous constatez?
4:37
Ce n’est pas seulement ça non plus. La plupart d’entre eux poursuivent une forme d’études, que ce soit l’école, le secondaire, l’université, peut-être une maîtrise. Ils sont donc déjà dans des environnements où ils sont habitués à recevoir de l’information, vous savez, à en débattre, à la remettre en question. Ne voulons-nous pas cela pour cette relève? Ne voulons-nous pas les rejoindre à ce stade de leur vie où ils le peuvent? Ce n’est peut-être pas la réponse pour tout le monde, mais nous avons constaté que, moi, j’aimerais bien mieux apprendre une nouvelle langue, ou à skier, ou à conduire à l’adolescence que dans la quarantaine. En partie parce qu’on est un peu plus réceptif, un peu moins craintif et un peu moins gêné. C’est l’analogie que j’aime bien utiliser.
5:23
Alors, je suppose que vous êtes bien reçue par les jeunes que vous voulez servir, mais que le plus grand défi est probablement de les rejoindre par l’intermédiaire de leurs parents. Est-ce vrai que les parents hésitent davantage à commencer à parler du patrimoine de la famille quand leurs enfants sont encore jeunes?
5:41
Vous savez quoi, Steve? C’est une très bonne question, mais j’ai en fait constaté que les gens qui nous trouvent, ou qui ont déjà des conversations avec le type de conseillers, que ce soit sur le plan juridique ou financier, qui nous recommandent, sont déjà assez ouverts à cette idée et le souhaitent. L’une de mes règles, certainement ces dernières années, c’est que si je me retrouve un jour dans une réunion à devoir convaincre un parent de l’importance de cela, ce n’est pas mon client.
6:08
D’accord. Donc, ce que j’ai dit au sujet des parents réticents existe bel et bien, mais ce ne sont pas les gens à qui vous avez l’occasion de parler. Vous recevez déjà ceux qui sont présélectionnés et qui sont au courant. Et vous avez aussi mentionné, alors permettez-moi d’enchaîner sur l’article que vous avez écrit au sujet des différents professionnels qui servent les familles, dont certains vous recommandent aux familles pour les aider à avoir ces conversations importantes avec tout le monde. Je pense que les gens deviennent plus multidisciplinaires. Il y a beaucoup plus de collaboration, et c’est généralement une bonne chose, mais ça peut parfois devenir une mauvaise chose.
6:50
Je suis tout à fait d’accord que la collaboration est essentielle. Je veux dire, même, vous savez, au FFI, où nous nous sommes rencontrés, on, vous savez, on a toutes ces disciplines différentes dans une même salle, et dans les ateliers, les gens ne font pas que du réseautage et du bavardage. Ils parlent du travail, de ce qu’ils voient au quotidien dans leurs bureaux, et c’est fabuleux. Le problème, c’est que nous pouvons tous collaborer tout en maintenant des limites professionnelles entre ce qui relève de notre champ et ce qui relève de celui d’un autre. Alors je pense, vous savez, que l’article que j’ai écrit et auquel vous faites référence est encore une fois un peu né d’une certaine frustration : voir plusieurs de nos clients de la relève, dans la tranche des 16 ans à, disons, 25 ans environ, dire : vous savez, je me suis vraiment confié au gestionnaire de patrimoine de notre famille, ou à mon fiduciaire, et maintenant j’ai honte, et je ne pense pas pouvoir aller à la prochaine réunion. Ou : nous sommes allés à une journée sur circuit de course, ou prendre un verre. Pour moi, ce n’est, vous savez, pas vraiment ça.
7:53
Ça va bien au-delà.
7:55
D’accord. Donc des conseillers bien intentionnés, qui veulent bien faire et servir leurs clients, franchissent parfois une limite par inadvertance. Oui, parce qu’aussi, à l’adolescence et dans la vingtaine, comment faire la différence entre quelqu’un qui est un conseiller professionnel, dont vous avez peut-être entendu parler parce que votre famille en a parlé, et un ami? Parce que, comme on le sait, le monde financier et juridique évolue assez rapidement. Les gens ne restent pas dans les mêmes firmes; certains oui, mais dans l’ensemble, ils ne restent peut-être pas dans une firme pendant toute leur carrière. Et c’est arrivé deux fois l’an dernier : mon client, la personne que j’accompagnais comme mentor, croyait avoir bâti une relation très solide avec son gestionnaire de patrimoine, pour se présenter la semaine suivante et découvrir qu’il avait changé de firme, et c’était tout. C’était la fin de la relation. Du point de vue du conseiller, du conseiller financier, bien sûr, ils ne le sont pas. Vous savez, c’est comme ça que ça fonctionne. Mais si vous avez 17 ans, comment donner un sens à ça?
8:54
D’accord. J’aimerais lire un petit extrait de cet article, parce que j’ai surligné certains passages ce matin. Le rôle de conseiller est devenu plus proche, plus chaleureux, plus vaste, et dans l’ensemble, c’est une bonne chose. Il y a toutefois un problème qui doit être réglé. Il concerne les limites professionnelles. Il s’avère qu’elles sont assez importantes. Ce sont des gens qui ont été présents lors des grands moments : la vente de l’entreprise, le divorce, le décès du patriarche. Alors c’est naturel, et les gens qui ont suivi le programme FEA ici au Canada, et nous sommes maintenant plusieurs centaines, suivent ce programme et apprennent qu’il est important de développer ces relations sur le plan humain avec nos clients.
9:37
Mais il y a ensuite une pente glissante, un manque de clarté. Est-ce que c’est, est-ce que ça fait partie du problème? Le manque de clarté sur le rôle que nous sommes censés jouer? Définitivement, je pense. Eh bien, je pense qu’il revient au conseiller d’expliquer dès le départ ce qui relève de son mandat. Cela ne veut pas dire qu’il ne devrait pas être chaleureux et vouloir sincèrement comprendre le client et ce qui l’intéresse, vous savez, les passions qu’il a, par comparaison avec ses parents. Il n’y a rien de plus frustrant et, vous savez, de plus rabaissant que d’entrer dans une réunion, disons, technique, où on vous parle avec condescendance comme au fils ou à la fille de X. Personne ne veut ça, alors il est important d’apprendre à les connaître en tant qu’individus. En même temps, les parents ont fait leurs vérifications, ont probablement magasiné et comparé les firmes au fil des ans pour se dire : « Je choisis cette personne parce qu’elle pourra répondre à mes besoins à ce moment-ci de ma vie. » La génération suivante, la relève dont nous parlons, n’a pas vécu ça. Elle n’a pas fait cette exploration. Elle hérite de cette relation dans une certaine mesure, et il revient donc au conseiller de repartir à zéro et de dire, comme si on se rencontrait pour la première fois : voici ce que nous faisons comme firme. Voici ce que je fais. Voici comment j’aide votre famille.
10:54
Et donc vous les aidez, comme je l’ai dit en ouverture, avec les aspects développementaux et relationnels du patrimoine, et vous ne les conseillez pas sur la façon d’investir leur argent ou de structurer leurs fiducies, et vous vous demandez pourquoi ceux qui font ces métiers trouvent parfois si facile de s’aventurer du côté relationnel. Absolument. Écoutez, ça ne veut pas dire que je ne lis pas le FT tous les matins et que je ne pourrais pas tenir une conversation sur ce qui se passe sur les marchés. Et c’est important, en fait, que si quelque chose d’important s’est produit ce jour-là, vous savez, que nous puissions en discuter. Jamais je ne penserais que c’est mon rôle ou mon devoir de conseiller ou, vous savez, de suggérer comment ils devraient gérer leurs finances personnelles, leurs affaires juridiques ou fiscales. Et je ne sais pas si c’est peut-être lié à certains aspects réglementaires. Vous savez, certainement au Royaume-Uni, les institutions financières et le milieu juridique sont beaucoup plus réglementés que, malheureusement, la dynamique familiale et le volet psychologique. Je ne suis pas. Est-ce la même chose chez vous? Oui, à peu près. Oui. Oui. Alors je pense qu’il y a là des limites floues, où il est peut-être un peu plus facile pour les gens du côté technique de glisser vers l’émotionnel. Mais le problème, pour tout conseiller qui nous écoute et dont le rôle relève davantage du financier, du juridique, du fiscal ou du fiduciaire.
12:19
Je pense qu’il faut se rappeler que vous jouez. Nous voulons jouer sur le long terme avec ces familles. Nous voulons vraiment être là, vous savez, pour les aider et aider toute leur famille. Et si, en fait, vous mettez cette relation en péril parce qu’un jeune se montre trop vulnérable avec vous au sujet de quelque chose pour lequel vous ne pouvez pas l’aider, alors, vous savez, cette relation pourrait ne pas survivre.
12:41
D’accord, et les parents ont le choix des personnes avec qui ils font affaire, mais leurs enfants n’ont pas nécessairement le choix, et c’est là que je lis une autre phrase ici. Un conseiller qui gère les actifs des parents depuis 20 ans n’est pas, aussi bien intentionné soit-il, une présence neutre dans la vie de l’enfant. Alors, pouvons-nous passer une minute ou deux sur cette neutralité et sur la raison pour laquelle elle est importante? Absolument. Je veux dire, des jeunes que j’accompagne comme mentor m’ont décrit le fait d’aller voir leur fiduciaire comme d’aller voir, vous savez, les RH de votre bureau familial, ou, vous savez, vous ne voulez tout simplement pas être entièrement transparent parce que, vous savez, tout va remonter jusqu’à la tête, et la tête, c’est votre parent. Et ça peut aller dans l’enfance et plus tard dans la vie, mais avez-vous déjà voulu plus d’indépendance et plus, vous savez, d’intimité qu’à l’adolescence et dans la vingtaine?
13:35
Donc je pense que la neutralité est vraiment, vraiment importante, et ce que je constate, c’est que les conseillers qui ne font pas attention à cette limite se retrouveront dans une situation où, lorsque ce membre de la relève aura plus d’autorité et plus de contrôle, il risque de partir.
13:52
Il faut simplement avoir cette indépendance.
13:54
Donc la neutralité dont vous parlez… vous avez employé à quelques reprises le mot « mentoré ». Vous vous positionnez donc comme mentor auprès de ces jeunes clients. Eh bien, en réalité, à la base, je suis consultante en psychologie, et Farah, qui est mon bras droit, c’est la Dre Farah Shabi, dont toute la thèse portait sur la formation de l’identité chez les adolescents issus de milieux aisés. C’est donc très pointu, mais, vous savez, au fond, nous sommes une consultante et une psychologue, mais quand on a 16 ans, une relation mentor-mentoré semble beaucoup plus acceptable, je pense.
14:28
D’accord, et donc je suppose que l’une des choses clés que vous offrez à ces personnes, c’est un espace sûr et une personne de confiance à qui elles peuvent se confier, en sachant que ce ne sera pas ensuite rapporté à leurs parents.
14:42
Oui, je pense qu’au début de la relation, il faut avoir une conversation ouverte avec les parents et avec la relève pour dire où sont les paramètres, dans quels cas on briserait la confidentialité, et c’est correct aussi. Nous le faisons si nous avons, vous savez, des jeunes qui risquent d’être exploités financièrement ou émotionnellement. S’il y a des problèmes de dépendance, de drogues, d’alcool, ce genre de choses, nous leur disons dès le début : « Avons-nous votre permission d’en parler à votre parent? » Et dans l’ensemble, ils disent oui, parce qu’ils ne croient pas qu’une telle situation pourrait arriver.
15:19
D’accord. J’ai vécu la même chose avec des parents qui faisaient appel à moi et qui me demandaient, vous savez, comment allez-vous nous tenir au courant des progrès que vous faites avec nos enfants? Et c’est du genre : non, c’est à eux de vous le dire.
15:33
Ce n’est pas à moi. Il y a donc une certaine dose de discernement dans ce qui peut être partagé et ce qui ne peut pas l’être, et le plus souvent, c’est non. C’est exactement ce qui peut l’être, et c’est le cas. Je ne nommerai pas la nationalité en question, mais j’ai eu quelques familles au fil des ans où c’est tout simplement beaucoup plus courant, et ce n’est pas à moi de juger. C’est simplement une façon différente de faire. Mais là où, si vous confiez quelque chose à votre médecin de famille, cela serait immédiatement communiqué à vos parents, peu importe votre âge. C’est simplement beaucoup plus acceptable culturellement que si vous avez un médecin de famille et que l’information est partagée. Alors, quand je les ai rencontrés pour la première fois, ces jeunes de ces familles m’ont dit : « Et je suppose que vous allez envoyer un rapport à mes parents chaque semaine. »
16:21
Ce à quoi j’ai répondu : « D’accord, non, non, non, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. »
16:26
Intéressant. Donc oui, je suppose que la dimension culturelle est un tout autre élément ici, et vous êtes au Royaume-Uni, qui est très cosmopolite, et le Canada compte aussi de nombreuses cultures différentes.
16:39
Est-ce que ça entre parfois en ligne de compte, parce que souvent, je suppose, la génération plus âgée a encore la culture du pays d’où elle vient peut-être, alors que les plus jeunes avec qui vous travaillez sont nés dans la société occidentale, et donc à quelle fréquence cela devient-il un point de friction?
Intervenant 2 0:13
Vous savez, je trouve que le plus gros point de friction, pour ainsi dire, survient après le collège ou l’université, selon la façon dont on le décrit. Donc, la famille d’origine est peut-être encore là. Elle est peut-être multigénérationnelle, mais tous envoient leurs enfants dans des universités occidentales, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, peut-être dans d’autres pays européens. Ils y sont pendant trois ans, à une période très influençable de notre vie, où toute votre tribu, pour ainsi dire, devient vos pairs avec qui vous partagez une maison ou un appartement, puis les parents sont contrariés quand ils reviennent à la maison avec une vision des choses très différente. Et mon conseil aux parents, c’est qu’avant de les pousser à faire ces examens, à fréquenter ces très bons collèges, oui, absolument, vous savez, soyez aussi conscients de ce qui vient avec.
Intervenant 1 1:07
Et je me demande… J’y pensais en me préparant. J’ai l’impression que les familles riches ou les gens riches sont comme le dernier groupe que tout le monde peut encore diaboliser. On ne peut pas parler de l’orientation sexuelle des gens, de leur race ou de quoi que ce soit, mais dès qu’il s’agit de milliardaires, tout à coup, tout le monde a le droit de dire à quel point ils sont mauvais. Est-ce quelque chose que vous constatez chez les gens qui grandissent dans ces familles et qui, sans que ce soit leur faute, se font mettre dans le même sac?
Intervenant 2 1:40
C’est une énorme partie du travail, Steve. C’est vraiment, vraiment important aussi, parce que vous avez tout à fait raison. C’est le dernier domaine où c’est en quelque sorte la saison de la chasse ouverte. On peut dire tout ce qu’on veut, et d’une façon ou d’une autre, c’est acceptable. Malheureusement, les médias n’aident pas. Vous savez, la majeure partie du monde occidental et au-delà éprouve à la fois une fascination et de la haine envers les gens fortunés et, vous savez, qui ont d’importantes ressources, et puis il y a des séries comme Succession, Billions, The White Lotus et The Perfect Couple qui perpétuent toutes cette image d’eux, qui, comme vous et moi le savons, ne correspond pas du tout à la réalité la plupart du temps. Maintenant, nous abordons cela de deux ou trois façons. D’abord, nous pensons qu’il est important de préparer les familles à cela beaucoup plus tôt. Les parents, eux, auront grandi sans portable, sans téléphone cellulaire, vous savez, sans médias sociaux, alors ils auront, comme un rite de passage normal et malheureux, reçu des critiques négatives au cours de leur vie, mais pas avec l’accès instantané et au niveau auquel mes clients les reçoivent. Alors nous leur disons qu’il faut vraiment commencer dès un jeune âge à les préparer à répondre à cela d’une façon à la fois, vous savez, élégante et efficace, respectueuse, sans devenir agressive ou défensive, parce que malheureusement, cela ne ferait que perpétuer cette idée. Nous avons donc en fait une gamme de scénarios que nous les aidons à répéter, qui vont de « Votre opinion m’intéresse », à « J’ai l’impression de pouvoir en parler davantage et apporter un éclairage supplémentaire », ou encore « Non, merci. Je ne laisserai pas manquer de respect à ma famille de cette façon, la conversation s’arrête ici. » Il y a donc tout cela, mais je ne sais pas si vous avez vu ça plus tôt cette année. En mai, nous avons la Sunday Times Rich List annuelle. Je ne sais pas si vous avez la même chose.
Intervenant 1 3:35
Nous avons des choses semblables ici. Oui,
Intervenant 2 3:36
et il y a eu un grand reportage sur Dallington, sur moi et sur Farah, et le journal nous avait approchées pour faire cela comme, vous savez, un article d’opinion basé sur le grand transfert du patrimoine et visant à comprendre la psychologie des jeunes adultes qui grandissent dans la richesse. Ce qui a été écrit était légèrement différent, et j’ai appris, j’ai appris peut-être à la dure, mais ce qui m’a étonnée, c’est de voir comment des adultes, vous savez, des employés, des employeurs, des fondateurs, peuvent écrire sur des plateformes publiques comme LinkedIn, Instagram ou Facebook à quel point ils détestent ce groupe de la société alors qu’ils ont un emploi, parce qu’on peut voir sur LinkedIn où les gens travaillent, et certains d’entre eux sont employés par les clients dont je m’occupe, et très bien payés. Ça a donc été un véritable avant-goût, de première main, de ce que ça doit être pour eux. Alors j’ai encore plus d’empathie.
Intervenant 1 4:41
Alors, vous dites que pour cet article paru en mai, vous vous attendiez à une chose, mais quand vous avez vu le résultat final, c’était complètement différent?
Intervenant 2 4:49
Oui. Pour être juste envers la journaliste, j’étais complètement naïve, en ce sens que je ne m’étais pas rendu compte, vous le savez peut-être, et d’autres aussi, que la personne qui écrit l’article, celle qui le commercialise, celle qui en fait la promotion et celle qui rédige les titres font toutes partie de services différents.
Intervenant 1 5:05
Ah, donc toute nuance que vous aviez peut-être apportée et tenue pour acquise s’est perdue quelque part en cours de route, comme au téléphone arabe, avant la publication.
Intervenant 2 5:15
Alors laissez-moi vous le présenter ainsi, Steve. Ce qui était, vous savez, la psychologie des adolescents issus de milieux aisés est devenu « la chuchoteuse des nepo babies », parce que ça générera plus de clics.
Intervenant 1 5:28
Bien sûr. Oui, et je suppose que ça ne vous a pas donné le résultat que vous auriez espéré, mais vous en avez tiré une leçon
Intervenant 2 5:36
- Eh bien, non seulement ça, mais le résultat vraiment positif, c’est aussi que ça a lancé un bon gros débat, et je l’ai très bien accueilli, parce que, malheureusement pour eux, la plupart des gens qui ont écrit des commentaires négatifs sur ma clientèle n’ont fait que prouver le point que nous faisions valoir.
Intervenant 1 5:54
Ah ha! D’accord.
Intervenant 3 5:56
Oui.
Intervenant 1 5:56
Il y a une phrase dans l’article que j’ai cité : « La conscience psychologique devrait ancrer le travail de conseil, et non le diriger ni le définir. » Et j’aimerais m’attarder une minute ou deux sur ce que vous voulez dire par « elle devrait l’ancrer, mais non le diriger ni le définir ».
Intervenant 2 6:13
Alors, là-dedans, bien sûr, je fais encore référence aux conseils plus techniques : financiers, juridiques, fiscaux, etc. Et il est très important d’avoir une bonne compréhension de base du fonctionnement de cette famille. Par exemple, s’il y a eu un divorce, s’il y a eu des problèmes de santé mentale ou de dépendance, etc., ces facteurs influenceront la façon dont ils pensent et agissent sur les plans financier et juridique. Il est donc important d’en connaître une partie et d’être conscient sur le plan psychologique de la façon dont cela peut influencer leurs décisions. En même temps, est-ce que cela devrait changer toutes vos années d’expérience et vos qualifications? Je pense que cela devrait absolument les éclairer, et dans certains cas, cela aura probablement une plus grande influence, mais il faut s’en servir de façon à éclairer le travail, sans le diriger.
Intervenant 1 7:06
D’accord. Donc il ne faut pas supposer qu’on est expert dans un domaine où l’on n’a aucune formation simplement parce qu’on a découvert quelque chose au sujet d’une famille, qu’on est curieux et qu’on se dit : « Eh bien, je veux qu’ils m’aiment, alors je vais les aider. » Et parfois, essayer d’aider ne donne pas ce qu’on espère.
Intervenant 2 7:24
Exactement.
Intervenant 1 7:26
D’accord. J’aimerais prendre quelques minutes simplement pour. Pourrais-tu nous raconter quelques histoires qui illustrent comment tu as été utile à une famille d’une façon qui a surpris les parents ou la personne accompagnée?
Intervenant 2 7:42
Absolument. D’accord. Alors, parmi nos programmes, nous en offrons trois. L’un d’eux est un programme pour la relève, et il s’adresse exclusivement et spécifiquement aux frères et sœurs et aux cousins issus de familles propriétaires d’entreprises familiales. Encore une fois, ils s’inscrivent dans notre groupe d’environ 16 à, mais plutôt jusqu’à 30 pour ce groupe en particulier, mais il y a toujours six frères et sœurs et cousins. Le groupe peut compter de quatre à 20 personnes environ. Bien souvent, la famille pense qu’elle fait appel à nous parce qu’elle veut que la relève soit mieux informée sur tous les aspects techniques, et nous lui répondons : absolument, vous en avez besoin. Ce n’est pas nous. Nous pouvons vous recommander des gens formidables. Je suis sûre que vous avez d’ailleurs beaucoup de ces compétences à l’interne, au sein de votre bureau familial (family office) et dans l’entreprise. Nous pouvons vous aider à les mettre à profit. Mais ce sont eux, les bonnes personnes pour ça. Ce que nous constatons, et pour donner un exemple parfait, c’est que nous disons toujours aux parents, la génération actuelle qui nous embauche à proprement parler : il n’y a jamais que trois options pour votre entreprise familiale. Elle demeure détenue et dirigée par la famille, ce qui exige quelque chose de vous et quelque chose d’eux. Elle demeure détenue par la famille, mais dirigée par des professionnels, ce qui exige qu’ils deviennent des propriétaires. Et être un propriétaire responsable n’est pas une position passive. Ou elle est vendue. C’est la troisième option, et tout le monde pense : « Oh, c’est la voie facile, et nous allons toucher beaucoup, vous savez, beaucoup d’argent. » Mais comme nous le savons, cela pose beaucoup de problèmes. Aider la relève à comprendre à quoi ressemblent ces trois voies pour elle, à la fois sur le plan technique, avec les bons conseils, mais aussi sur le plan relationnel. Si un ou deux d’entre vous doivent travailler dans l’entreprise familiale, qu’est-ce que ça signifie pour les autres et pour vos relations? Si en fait personne n’y travaille et qu’une direction professionnelle prend le relais, y a-t-il du ressentiment? Est-ce que l’un de vous voulait y travailler? Et si vous devenez tous propriétaires ou actionnaires? Savez-vous quelles en sont les responsabilités et les droits, et à quoi ressemble un bon actionnaire? Et en fait, si l’entreprise familiale est vendue et que vous touchez tous beaucoup d’argent, qu’est-ce qui garde cette famille unie? Les relations sont-elles assez solides? Ainsi, en faisant appel à nous pour une chose, ils ont souvent découvert qu’ils devaient aborder tout cela ensemble, et bien sûr, nous donnons toujours la priorité à la famille, à la relation d’abord, et nous disons que ces deux choses doivent se faire. Vous devez vous occuper de la famille. Vous devez aussi faire la partie technique.
Intervenant 1 10:07
Alors la partie technique, oui, j’adore quand les gens disent : « Oh, il faut, vous savez, de la littératie financière », comme si c’était suffisant. Comme si, une fois qu’ils savent lire un bilan, tout allait bien. Mais il y a tellement plus, et donc vous ne faites même pas cette partie-là. Vous vous en tenez uniquement à la relation, à rencontrer une cohorte de membres de la famille et à les aider à avoir ces conversations importantes et à apprendre quelles pourraient être leurs responsabilités futures.
Intervenant 2 10:38
Absolument, et une partie de ça, c’est aussi d’hériter de relations avec des conseillers qui relèvent de cette partie technique. Donc l’aspect que nous touchons quand même, et qui, encore une fois, se fait en collaboration avec le volet technique, c’est quand nos familles ont un bureau familial, comme c’est souvent le cas. Nous mettons un, vous savez, un point d’honneur à apprendre à connaître ces gens, parce que nous serons là pendant quelques années, pas pour toujours, mais pendant quelques années. C’est vraiment important que vous nous connaissiez, que vous compreniez pourquoi nous sommes là. Si nous vous demandons d’animer une séance d’introduction aux fiducies, ou sur la façon dont le patrimoine circule dans cette famille, ce serait formidable que nous puissions y assister. Si vous nous le permettez, ce serait utile, parce que nous pouvons voir, en observant ce groupe, comment c’est reçu, lesquels sont dépassés et lesquels sont plutôt enthousiastes, etc.
Intervenant 1 11:28
C’est étonnant, les différences qu’on observe, même au sein d’une fratrie, n’est-ce pas? Quand on travaille avec des membres d’une famille ensemble, certains sont tellement intéressés et comprennent vite, et d’autres sont tellement désintéressés, et pourtant les parents les voient habituellement tous de la même façon : ce sont tous mes enfants, et je les aime tous. Alors ils les mettent en quelque sorte tous au même niveau, alors qu’ils ne le sont pas. Et c’est parfois difficile pour eux, même, de l’exprimer à leurs parents.
Intervenant 4 11:53
Oui,
Intervenant 1 11:54
Jessica, c’était fascinant, et malheureusement, nous devons bientôt commencer à conclure. J’ai donc deux dernières demandes que nous faisons habituellement à nos invités avant de partir. La première est une recommandation de livre, et la deuxième, un conseil pour nos auditeurs. Peut-on commencer par le livre qui, selon toi, vaudrait la peine pour ceux qui s’intéressent aux sujets dont nous avons parlé aujourd’hui?
Intervenant 2 12:16
D’accord, alors j’y ai longuement réfléchi d’avance, parce que j’étais convaincue que tout votre auditoire connaîtrait tous les principaux livres que j’allais recommander. Alors, en fait, ce que j’aimerais recommander s’adresse à ceux qui lisent la publication The Atlantic. Il y a une série fantastique sur le rôle de parent signée Russell Shaw, en six ou neuf parties, je crois, mais elle est vraiment réfléchie. C’est, vous savez, cinq minutes de lecture par page, et que vous soyez parent ou conseiller, vous la trouverez vraiment utile.
Intervenant 1 12:51
D’accord, excellent. Nous trouverons un lien et nous l’ajouterons aux notes de l’épisode. Enfin, un conseil que tu pourrais nous laisser pour ceux qui conseillent des familles ou qui font partie de familles entrepreneuriales ou fortunées.
Intervenant 2 13:04
D’accord, alors je ne dirais pas que c’est un conseil controversé, mais il est important de le dire, et ça ne plaît pas à tout le monde. Le fondateur, la matriarche ou le patriarche, bref, les personnes qui excellent à bâtir des entreprises et à créer de la richesse ne sont pas toujours les plus à l’aise quand il s’agit d’élever leurs enfants. Ce n’est pas pour minimiser tout ce qu’ils font et ce qu’ils essaient de faire, mais je les ai parfois entendus dire carrément : « Quand je franchis le seuil de la maison plutôt que celui du bureau, je sais où j’ai le plus l’impression d’avoir ma place. » Alors mon conseil, c’est : quand vous regardez votre client, s’il est parent, voyez-le simplement comme ça, comme un parent. C’est peut-être un fondateur, c’est peut-être un grand créateur de richesse, mais il pourrait avoir besoin d’un peu de soutien, de plus de soutien que vous le pensez du côté parental. Et notre rôle, je pense, est de réduire la honte qui y est associée. De dire : vous savez quoi, c’est difficile. Chaque famille est unique. Ce dont vous avez besoin, c’est peut-être X, Y, Z, et je suis là pour vous soutenir là-dedans.
Intervenant 1 14:10
Excellent, fantastique. Le temps a filé, comme toujours. Jessica, merci encore de t’être jointe à nous et d’avoir partagé ton expertise avec notre auditoire.
Intervenant 2 14:18
Merci beaucoup de m’avoir reçue, Steve. Ce fut un réel plaisir.
Intervenant 1 14:21
Chers auditeurs, si vous n’êtes pas encore abonnés, faites-le. Assurez-vous de ne manquer aucun de ces épisodes mensuels. Merci encore de vous être joints à nous avec Steve Legler. À la prochaine. Si
Intervenant 5 14:34
vous avez aimé l’épisode d’aujourd’hui, vous pouvez vous abonner sur Spotify, Apple Podcasts ou toute autre application de balados. Et n’oubliez pas de partager cet épisode avec votre famille, vos amis et vos collègues.
Transcrit par https://otter.ai
Transcription
Vous écoutez le balado Let’s Talk Family Enterprise, destiné à toute la communauté de l’entreprise familiale : familles, conseillers et leaders d’opinion qui partagent des idées pour aider les familles entrepreneuriales à prospérer de génération en génération. Une présentation de Family Enterprise Canada.
0:23
Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode du balado Let’s Talk Family Enterprise. Je m’appelle Steve Legler, et je suis ravi d’être encore une fois votre animateur.
0:31
Ce mois-ci, nous recevons une invitée spéciale du Royaume-Uni, qui nous fera part de quelques réflexions sur deux ou trois sujets liés aux professionnels qui servent les familles, et nous repartirons tous, je l’espère, avec des éclairages utiles, que nous soyons conseillers ou membres de la famille. Notre invitée est Jessica McGawley, fondatrice de Dallington, une firme-boutique établie à Londres qui accompagne les familles dans les aspects développementaux et relationnels d’un patrimoine important.
0:59
J’ai rencontré Jessica l’an dernier lors d’une séance en petit groupe au congrès du Family Firm Institute à Boston, puis je suis tombé sur un article qu’elle a écrit pour le Financial Times plus tôt cette année.
1:10
Nous essaierons de couvrir les points clés de ces deux éléments au cours de notre conversation d’aujourd’hui. Nous avons beaucoup de choses à aborder, alors permettez-moi d’accueillir notre invitée, Jessica McGawley. Bienvenue au balado Let’s Talk Family Enterprise.
1:21
Bonjour, Steve. Merci beaucoup de me recevoir. C’est formidable d’être enfin ici avec toi.
1:27
Oui, j’avais hâte. Et je regardais ton profil LinkedIn la semaine dernière, et je vois que tu te présentes comme une experte de la relève. Et si je me souviens bien, ta présentation à Boston portait sur un sous-groupe particulier de la relève, plutôt du côté des plus jeunes. Peux-tu nous expliquer sur quoi tu te concentres habituellement?
1:52
Absolument. Vous savez, je suis tout à fait consciente que Jay Hughes, qui a inventé le terme « rising gen », n’associe vraiment la relève à aucun groupe d’âge en particulier, et qu’on peut faire partie de la relève à, vous savez, 60 ou 70 ans, mais c’est peut-être parce que c’est un peu moins connu au Royaume-Uni. Mais j’assistais sans cesse à des réunions où les gens confondaient constamment « next » et « rising », et nous travaillons principalement avec des adolescents et des jeunes dans la vingtaine qui sont vraiment en pleine ascension, si on pense à cette image, dans de nombreux aspects de leur vie. Alors quand j’utilise le mot « rising », c’est vraiment dans le contexte de la fin de l’adolescence et du début de l’âge adulte. Et comment vous êtes-vous spécialisée auprès de ce groupe? Je suis curieux de connaître l’histoire à l’origine de cette concentration sur ce sous-groupe. Absolument, c’est tout ce que nous faisons, exclusivement, depuis 10 ans chez Dallington. Mais pour en arriver là, j’ai travaillé auparavant pendant près de 10 ans pour un cabinet de conseil en bureau familial (family office) à Mayfair, à Londres. Et ce que je voyais sans cesse et qui me frustrait, et je suis sûre que c’est la même chose pour beaucoup de vos auditeurs, c’est d’ailleurs une excellente raison de lancer une entreprise quand on voit quelque chose qui nous frustre, c’est que cette jeune génération, ces adolescents et ces jeunes dans la vingtaine, étaient exclus de conversations très importantes qui les touchaient ou qui allaient les toucher dans un avenir proche. J’avais donc proposé à ce cabinet à l’époque : pourrions-nous les inclure? Et ce n’était tout simplement pas la priorité. Alors je me suis dit que j’allais le faire moi-même.
3:22
Eh bien, c’est intéressant, parce que je pense qu’en tant que conseiller auprès des familles, j’entends souvent la question : « À quel âge devrions-nous commencer à inclure nos enfants dans ces conversations? » Et ma réponse est habituellement : « Plus tôt, c’est généralement mieux que plus tard. » Alors je suppose que c’est la même chose que vous avez constatée, et que vous avez réussi à trouver une façon de vraiment servir ces gens. Absolument. Et je pense, vous savez, qu’il y a tellement de peur entourant le patrimoine et l’entreprise familiale. Je suis sûre que vous avez, et que beaucoup de philosophes ont, la même expérience : beaucoup de ces réunions sont entourées de nos peurs au sujet de ce que l’argent, ou l’entreprise, ou l’héritage va faire, au lieu de réfléchir à quel point cela pourrait être stimulant, inspirant et joyeux. Et j’espère que beaucoup de vos auditeurs se souviendront que leur adolescence a été une série de hauts et de bas, beaucoup de choses enthousiasmantes, beaucoup de choses qui rendaient, vous savez, nerveux, mais, vous savez, qu’ils ont pris tout ça avec calme. Et je voyais sans cesse, encore et encore, qu’ils n’étaient pas inclus dans des choses dont ils pourraient en fait beaucoup tirer et beaucoup apprendre. Et à un si jeune âge, ce sont des éponges et ils veulent apprendre, mais la plupart des familles ne leur donnent pas l’espace ni la place à la table. C’est ce que vous constatez?
4:37
Ce n’est pas seulement ça. La plupart d’entre eux poursuivent une forme d’études, que ce soit à l’école, à l’école secondaire, à l’université, peut-être une maîtrise. Ils sont donc déjà dans des milieux où ils ont l’habitude de devoir recevoir de l’information, vous savez, en débattre, la remettre en question. Ne voulons-nous pas cela pour cette relève? Ne voulons-nous pas les rejoindre à ce stade de leur vie où ils le peuvent? Ce n’est peut-être pas la réponse pour certaines personnes, mais nous avons constaté que, pour ma part, je préférerais de loin apprendre une nouvelle langue, ou à skier ou à conduire, à l’adolescence plutôt que dans la quarantaine. En partie parce qu’on est un peu plus réceptif, un peu moins craintif et un peu moins gêné. C’est l’analogie que j’aime bien utiliser.
5:23
Alors je suppose que vous êtes bien reçue par les jeunes que vous voulez servir, mais que les rejoindre par l’entremise de leurs parents est probablement le plus grand défi. Est-ce vrai que les parents hésitent davantage à commencer à parler du patrimoine de la famille quand leurs enfants sont encore jeunes?
5:41
Vous savez quoi, Steve? C’est une très bonne question, mais j’ai en fait constaté que les gens qui nous trouvent, ou qui ont déjà des conversations avec le genre de conseillers, juridiques ou financiers, qui nous recommandent, sont déjà assez ouverts à cette idée et le souhaitent. Une de mes règles, certainement ces dernières années, c’est que si je me retrouve dans une réunion à devoir convaincre un parent de l’importance de la chose, ce n’est pas mon client.
6:08
D’accord. Donc ce que j’ai dit sur la réticence des parents existe bel et bien, mais ce ne sont pas des gens à qui vous avez l’occasion de parler. Vous recevez déjà ceux qui sont présélectionnés et qui sont au courant. Et vous avez aussi mentionné maintenant, et alors permettez-moi de faire la transition vers l’article que vous avez écrit sur les différents professionnels qui servent les familles, dont certains vous recommandent aux familles pour les aider à avoir ces conversations importantes qui impliquent tout le monde. Je pense que les gens deviennent plus multidisciplinaires. La collaboration se fait beaucoup plus, et c’est généralement une bonne chose, mais ça peut parfois devenir une mauvaise chose.
6:50
Je suis tout à fait d’accord que la collaboration est essentielle. Je veux dire, même, vous savez, au FFI, où nous nous sommes rencontrés, nous, vous savez, on a toutes ces disciplines différentes dans une même salle, et dans les ateliers, les gens ne font pas que du réseautage et du bavardage. Ils parlent du travail, de ce qu’ils voient dans leurs bureaux au quotidien, et c’est fabuleux. Le problème, c’est que nous pouvons tous collaborer tout en maintenant des limites professionnelles entre ce qui relève de notre champ et ce qui relève de celui d’un autre. Alors je pense, vous savez, que l’article que j’ai écrit et dont vous parlez est encore une fois né en partie d’une certaine frustration : voir plusieurs de nos clients de la relève, qui sont dans la tranche des 16 à, disons, 25 ans environ, dire, vous savez : je me suis vraiment confié au gestionnaire de patrimoine de notre famille, ou à mon fiduciaire, et maintenant je suis gêné et je ne pense pas pouvoir aller à la prochaine réunion. Ou encore : nous sommes allés à une journée sur circuit, ou prendre un verre. Pour moi, ce n’est, vous savez, pas vraiment ça.
7:53
Ça va bien au-delà.
7:55
D’accord. Donc des conseillers bien intentionnés, qui veulent bien faire et servir leurs clients, franchissent parfois une limite par inadvertance. Oui, parce qu’en plus, à l’adolescence et dans la vingtaine, comment faire la différence entre qui est un conseiller professionnel, celui dont on a peut-être entendu parler et dont la famille a parlé, et qui est un ami? Parce que, comme nous le savons, le monde financier et juridique bouge relativement vite. Les gens ne restent pas dans les cabinets; certains le font, mais dans l’ensemble, ils ne restent peut-être pas dans le même cabinet pendant toute leur carrière. Et c’est arrivé deux fois l’an dernier : ma cliente, ma mentorée, pensait avoir bâti une relation vraiment solide avec son gestionnaire de patrimoine, pour découvrir la semaine suivante qu’il avait changé de cabinet, et c’était tout. C’était la fin de la relation. Bon, du point de vue du conseiller, du conseiller financier, bien sûr, ce n’est pas. Vous savez, c’est comme ça que ça fonctionne. Mais quand on a 17 ans, comment donner un sens à ça?
8:54
D’accord. Je veux juste lire un petit extrait de cet article, parce que j’ai, j’ai surligné certains passages ce matin. Le rôle du conseiller est devenu plus proche, plus chaleureux, plus vaste, et dans l’ensemble, c’est une bonne chose. Il y a toutefois un problème qu’il faut régler. Il concerne les limites professionnelles. Il s’avère qu’elles sont plutôt importantes. Ce sont des personnes qui ont été présentes lors des grands moments : la vente de l’entreprise, le divorce, le décès du patriarche. C’est donc naturel, et les gens qui ont suivi le programme FEA ici au Canada, et nous sommes maintenant plusieurs centaines, nous suivons ce programme et apprenons qu’il est important de développer ces relations sur le plan humain avec nos clients.
9:37
Mais il y a ensuite une pente glissante, celle du manque de clarté, est-ce, est-ce que ça fait partie du problème? Le manque de clarté du rôle que nous sommes censés jouer. Certainement, je pense. Eh bien, je pense qu’il revient au conseiller d’expliquer dès le départ ce qui relève de son mandat. Ça ne veut pas dire qu’il ne devrait pas être chaleureux et vouloir sincèrement comprendre le client et ce qui l’intéresse, ce que, vous savez, quelles passions il a par rapport à ses parents. Il n’y a rien de plus frustrant et, vous savez, de plus dévalorisant que d’entrer dans une réunion, disons technique, où l’on vous parle avec condescendance comme au fils ou à la fille de X. Personne ne veut ça, alors il est important d’apprendre à les connaître en tant qu’individus. En même temps, les parents ont fait leurs vérifications, ont probablement fait le tour des cabinets et les ont mis à l’épreuve au fil des ans avant de dire : « Je choisis cette personne parce qu’elle pourra répondre à mes besoins à ce moment-ci de ma vie. » La génération suivante, la relève dont nous parlons, n’a pas vécu ça. Elle n’a pas fait cette exploration. Elle hérite de cette relation dans une certaine mesure, et il revient donc au conseiller de repartir à zéro et de dire, comme si nous nous rencontrions pour la première fois : voici ce que nous faisons en tant que cabinet. Voici ce que je fais. Voici ce que, comment j’aide votre famille.
10:54
Et donc vous les aidez, comme je l’ai dit en ouverture, avec les aspects développementaux et relationnels de la richesse, et vous ne les conseillez pas sur la façon d’investir leur argent ou de structurer leurs fiducies, et vous vous demandez pourquoi ceux qui font ces métiers trouvent parfois si facile de s’aventurer du côté relationnel. Absolument. Écoutez, ça ne veut pas dire que je ne lis pas le FT tous les matins, ni que je ne pourrais pas tenir une conversation sur ce qui se passe sur les marchés. Et c’est important, en fait, que s’il s’est passé quelque chose d’important ce jour-là, vous savez, que nous soyons capables d’en discuter. Mais jamais je ne penserais que c’est mon rôle ou mon devoir de conseiller, ou, vous savez, de suggérer comment gérer leurs finances personnelles, leurs questions juridiques ou fiscales, et je ne sais pas si c’est peut-être en partie à cause des aspects réglementaires. Vous savez, certainement au Royaume-Uni, les institutions financières et le milieu juridique sont bien plus réglementés que, malheureusement, la dynamique familiale et le domaine psychologique. Je ne suis pas. Est-ce la même chose chez vous? Oui, à peu près. Oui. Oui. Donc je pense qu’il y a des frontières floues à cet endroit, où c’est peut-être un peu plus facile pour les gens du côté technique de glisser dans l’émotionnel. Mais le problème, pour tout conseiller qui nous écoute et qui exerce plutôt ce genre de rôle financier, juridique, fiscal ou de fiduciaire.
12:19
Je pense qu’il faut se rappeler qu’on joue. On veut jouer sur le long terme avec ces familles. On veut vraiment être là, vous savez, pour les aider et aider toute leur famille. Et si vous mettez en fait cette relation en péril parce qu’un jeune se montre trop vulnérable avec vous à propos de quelque chose pour lequel vous ne pouvez pas l’aider, alors, vous savez, cette relation pourrait ne pas survivre.
12:41
C’est vrai, et les parents ont le choix des personnes avec qui ils font affaire, mais leurs enfants n’ont pas nécessairement le choix, et c’est là que je lis une autre phrase ici. Un conseiller qui gère les actifs des parents depuis 20 ans n’est pas, malgré toutes ses bonnes intentions, une présence neutre dans la vie de l’enfant. Alors, pouvons-nous prendre une minute ou deux sur cette neutralité et sur la raison pour laquelle elle est importante? Absolument. Je veux dire, des jeunes que j’accompagne en mentorat m’ont décrit le fait d’aller voir leur fiduciaire comme aller voir, vous savez, les RH de votre bureau familial; ou, vous savez, vous ne voulez tout simplement pas être entièrement transparent, parce que vous savez que tout va remonter à la tête, et la tête, c’est votre parent, et ça peut aller dans l’enfance et plus tard dans la vie, mais n’avez-vous jamais voulu plus d’indépendance et plus, vous savez, d’intimité qu’à l’adolescence et dans la vingtaine?
13:35
Alors je pense que cette neutralité est vraiment, vraiment importante, et ce que je constate, c’est que les conseillers qui ne font pas attention à cette frontière se retrouveront dans une situation où, quand ce membre de la relève aura plus d’autorité et plus de contrôle, il risque de partir.
13:52
Simplement pour avoir cette indépendance.
13:54
Donc la neutralité dont vous parlez, vous avez dit à quelques reprises, vous utilisez le mot mentoré. Donc vous vous positionnez comme mentore auprès de ces jeunes clients. Eh bien, en réalité, chez nous, je suis consultante en psychologie, et Varah, qui est mon bras droit, c’est la Dre Fara Shabi, dont toute la thèse portait sur la formation de l’identité chez les adolescents aisés. Donc très pointu, mais, vous savez, au fond, nous sommes une consultante et une psychologue, mais si vous avez 16 ans, une relation mentor-mentoré semble beaucoup plus, je pense, acceptable.
14:28
C’est vrai, et donc je suppose qu’une des choses clés que vous offrez à ces personnes, c’est un espace sûr et une personne de confiance avec qui elles peuvent partager des choses, en sachant que cela ne sera pas ensuite transmis à leurs parents.
14:42
Oui, je pense qu’au début de la relation, il faut avoir une conversation ouverte avec les parents et avec la relève pour dire où sont les limites, dans quels cas vous briseriez la confidentialité, et c’est correct aussi. Nous le faisons si nous avons, vous savez, des jeunes qui risquent d’être exploités financièrement ou émotionnellement. S’il y a des problèmes de dépendance, de drogues, d’alcool, ou quoi que ce soit du genre, nous leur disons dès le début : « Avons-nous votre permission de le dire à votre parent? » Et dans l’ensemble, ils répondent oui, parce qu’ils ne croient pas qu’une telle situation pourrait se produire.
15:19
C’est vrai. J’ai vécu la même chose avec des parents qui faisaient appel à moi et me demandaient : vous savez, comment allez-vous nous tenir informés des progrès que vous faites avec nos enfants? Et c’est du genre : non, ça, c’est à eux de vous le dire.
15:33
Ce n’est pas à moi. Donc il y a un certain discernement à exercer sur ce qui peut être partagé et ce qui ne peut pas l’être, et le plus souvent, non. C’est ce qui peut l’être, exactement, et c’est le cas. Je ne nommerai pas la nationalité en question, mais j’ai eu quelques familles au fil des ans où c’est tout simplement beaucoup plus courant, et ce n’est pas à moi de juger. C’est simplement une façon différente de faire. Mais où, si vous confiez quelque chose à votre médecin de famille, votre médecin, ce serait immédiatement communiqué à vos parents, peu importe votre âge. C’est simplement beaucoup plus acceptable culturellement que si vous avez un médecin de famille, l’information soit partagée. Alors quand je les ai rencontrées la première fois, ces personnes issues de ces familles m’ont dit : et je suppose que vous enverrez un rapport à mes parents chaque semaine.
16:21
Ce à quoi j’ai répondu : bon, non, non, non, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.
16:26
Intéressant. Alors oui, je suppose que la dimension culturelle est un tout autre élément ici, et vous êtes au Royaume-Uni, qui est très cosmopolite, et le Canada compte lui aussi de nombreuses cultures différentes.
16:39
Est-ce que ça entre parfois en ligne de compte, parce que souvent, je suppose, la génération plus âgée reste culturellement ancrée dans le lieu d’où elle vient peut-être, et les plus jeunes avec qui vous travaillez sont nés dans la société occidentale; alors, à quelle fréquence est-ce que ça devient un point de friction?
Intervenant 2 0:13
Vous savez, je trouve que le plus grand point de friction, pour ainsi dire, survient après le cégep ou l’université, selon la façon dont on le décrit. Donc, la famille d’origine est peut-être encore là. Elle est peut-être multigénérationnelle, mais ils envoient tous leurs enfants dans des universités occidentales, au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, peut-être dans d’autres pays européens. Ils y passent trois ans à une période très influençable de la vie, où toute votre tribu, pour ainsi dire, devient vos pairs avec qui vous partagez une maison ou un appartement, et ensuite les parents sont contrariés quand ils reviennent à la maison avec une vision des choses très différente. Et mon conseil aux parents, c’est : avant de les pousser à passer ces examens, à aller dans ces très bons établissements, oui, absolument, vous savez, soyez aussi conscients de ce qui vient avec.
Intervenant 1 1:07
Et je me demande. J’y pensais pendant que je me préparais. J’ai l’impression que les familles fortunées ou les gens fortunés sont comme le dernier groupe que tout le monde peut encore diaboliser. On ne peut pas parler de l’orientation sexuelle des gens, de leur race ou de quoi que ce soit, mais s’il s’agit de milliardaires, tout à coup, tout le monde a le droit de dire à quel point ils sont mauvais. Est-ce quelque chose auquel vous faites face avec les personnes qui grandissent dans ces familles et qui, sans que ce soit leur faute, se font mettre dans le même panier?
Intervenant 2 1:40
C’est une grande partie du travail, Steve. C’est vraiment, vraiment important aussi, parce que vous avez tout à fait raison. C’est le dernier domaine où c’est une sorte de chasse ouverte. On peut dire ce qu’on veut, et d’une certaine façon, c’est acceptable. Malheureusement, les médias n’aident pas. Vous savez, la plus grande partie du monde occidental et au-delà éprouve à la fois de la fascination et de la haine envers les gens qui ont de la richesse et, vous savez, de grandes ressources, et puis il y a des séries comme Succession, Billions, The White Lotus et The Perfect Couple, qui perpétuent toutes en quelque sorte cette image d’eux, ce qui, comme vous et moi le savons, n’est pas du tout le cas la plupart du temps. Maintenant, nous abordons cela de deux façons. Premièrement, nous pensons qu’il est important de préparer les familles beaucoup plus tôt à cela. Les parents, eux, auront grandi sans cellulaire, vous savez, sans médias sociaux, donc ils auront, comme rite de passage normal et malheureux, essuyé certaines critiques au cours de leur vie, mais pas avec l’accès instantané et au niveau auquel mes clients les reçoivent. Alors nous leur disons : vous devez vraiment commencer dès un plus jeune âge à les préparer à répondre à cela d’une façon à la fois, vous savez, élégante et, vous savez, efficace, respectueuse, sans devenir agressifs ou défensifs, parce que malheureusement, cela ne ferait que perpétuer cette idée. Nous avons donc toute une gamme de répliques que nous les aidons à pratiquer, qui vont de « Votre opinion m’intéresse », « J’ai l’impression que je peux en parler davantage et apporter un peu plus d’éclairage », ou « Non, merci. Je n’accepterai pas qu’on manque de respect à ma famille de cette façon, et la conversation s’arrête là. » Donc il y a tout cela, mais je ne sais pas si vous avez vu ceci plus tôt dans l’année. En en mai, nous avons la Sunday Times Rich List annuelle. Je ne sais pas si vous avez la même chose.
Intervenant 1 3:35
Nous avons des choses semblables ici. Oui,
Intervenant 2 3:36
et il y avait un grand article sur Dallington, sur moi et sur Farah, et le journal nous avait approchées pour faire cela comme, vous savez, un texte d’opinion basé sur le Grand transfert du patrimoine, en essayant de comprendre la psychologie des jeunes adultes qui grandissent dans la richesse. Ce qui a été écrit était légèrement différent, et j’ai appris, j’ai appris peut-être à la dure, mais ce qui m’a étonnée, c’est de voir comment des adultes, vous savez, des employés, des employeurs, des fondateurs, peuvent écrire sur des plateformes publiques comme LinkedIn, comme Instagram, comme Facebook, à quel point ils détestent ce groupe de la société alors qu’ils sont employés, parce qu’on peut voir sur LinkedIn où les gens travaillent, et certains d’entre eux sont employés, et très bien, par les clients dont je m’occupe. Ça a donc été un véritable avant-goût direct de ce que ça doit être pour eux. Alors j’ai encore plus d’empathie.
Intervenant 1 4:41
Donc, vous dites que cet article paru en mai, vous vous attendiez à une chose, mais quand vous avez vu le texte final, c’était tout à fait différent?
Intervenant 2 4:49
Oui. Pour être juste envers l’auteur, j’étais complètement naïve, en ce sens que je ne m’étais pas rendu compte (peut-être que toi, tu le sais, et d’autres aussi) que la personne qui écrit l’article, celle qui le met en marché, celle qui en fait la promotion et celle qui rédige les titres font toutes partie de services différents.
Intervenant 1 5:05
Ah, donc toute nuance que tu aurais pu avoir et tenir pour acquise s’est perdue quelque part en cours de route, comme au téléphone arabe, pendant la diffusion.
Intervenant 2 5:15
Alors laisse-moi, laisse-moi te le présenter ainsi, Steve. Ce qui était, vous savez, la psychologie des adolescents issus de milieux aisés est devenu « la confidente des enfants de riches », parce que ça va générer plus de clics.
Intervenant 1 5:28
Bien sûr. Oui, et j’imagine que ça ne t’a pas donné le résultat que tu aurais espéré, mais tu en as tout de même tiré une leçon
Intervenant 2 5:36
- Eh bien, pas seulement ça, mais le résultat vraiment positif, c’est aussi que ça a lancé tout un débat, et je l’ai très bien accueilli parce que, malheureusement pour eux, la plupart des gens qui ont écrit des commentaires négatifs sur ma clientèle n’ont fait que prouver ce que nous avancions.
Intervenant 1 5:54
Ah! D’accord.
Intervenant 3 5:56
Oui.
Intervenant 1 5:56
Il y a une phrase dans l’article que je cite : « La conscience psychologique devrait ancrer le travail de conseil, et non le diriger ni le définir. » Et j’aimerais prendre une minute ou deux sur, sur ce que tu veux dire par le fait qu’elle devrait l’ancrer, mais pas le diriger ni le définir.
Intervenant 2 6:13
Là-dessus, bien sûr, je fais encore référence aux conseils plus techniques, financiers, juridiques, fiscaux, etc. Et il est très important d’avoir une bonne compréhension de base du fonctionnement de cette famille. Par exemple, s’il y a un divorce, s’il y a eu des problèmes de santé mentale ou de dépendance, etc., ces facteurs auront une incidence sur leur façon de penser et d’agir sur les plans financier et juridique. Il est donc important que vous connaissiez une partie de ces éléments et que vous soyez conscient, sur le plan psychologique, de la façon dont ils peuvent influencer leurs décisions. En même temps, est-ce que ça devrait changer toutes vos années d’expérience et de qualifications? Je pense que ça devrait absolument les éclairer, et dans certains cas, ça aura probablement une incidence plus grande, mais il faut l’utiliser de manière à éclairer le travail, sans le diriger.
Intervenant 1 7:06
D’accord. Donc ne supposez pas que vous êtes expert dans un domaine où vous n’avez aucune formation simplement parce que vous avez découvert quelque chose au sujet d’une famille, que vous êtes curieux et que vous vous dites : bon, je veux qu’ils m’apprécient, alors je vais aider. Et parfois, essayer d’aider ne donne pas ce que nous espérons.
Intervenant 2 7:24
Exactement.
Intervenant 1 7:26
D’accord. J’aimerais prendre quelques minutes simplement pour. Pourrais-tu nous raconter quelques histoires qui illustrent comment tu as été utile à une famille d’une façon qui a surpris les parents ou la personne accompagnée?
Intervenant 2 7:42
Absolument. D’accord. Alors, parmi nos programmes, nous en offrons trois. L’un d’eux est un programme pour la relève, et il s’adresse exclusivement et spécifiquement aux frères et sœurs et aux cousins issus de familles propriétaires d’entreprises familiales. Encore une fois, ils s’inscrivent dans notre groupe d’environ 16 à, mais plutôt jusqu’à 30 pour ce groupe en particulier, mais il y a toujours six frères et sœurs et cousins. Le groupe peut compter de quatre à 20 personnes environ. Bien souvent, la famille pense qu’elle fait appel à nous parce qu’elle veut que la relève soit mieux informée sur tous les aspects techniques, et nous lui répondons : absolument, vous en avez besoin. Ce n’est pas nous. Nous pouvons vous recommander des gens formidables. Je suis sûre que vous avez d’ailleurs beaucoup de ces compétences à l’interne, au sein de votre bureau familial (family office) et dans l’entreprise. Nous pouvons vous aider à les mettre à profit. Mais ce sont eux, les bonnes personnes pour ça. Ce que nous constatons, et pour donner un exemple parfait, c’est que nous disons toujours aux parents, la génération actuelle qui nous embauche à proprement parler : il n’y a jamais que trois options pour votre entreprise familiale. Elle demeure détenue et dirigée par la famille, ce qui exige quelque chose de vous et quelque chose d’eux. Elle demeure détenue par la famille, mais dirigée par des professionnels, ce qui exige qu’ils deviennent des propriétaires. Et être un propriétaire responsable n’est pas une position passive. Ou elle est vendue. C’est la troisième option, et tout le monde pense : « Oh, c’est la voie facile, et nous allons toucher beaucoup, vous savez, beaucoup d’argent. » Mais comme nous le savons, cela pose beaucoup de problèmes. Aider la relève à comprendre à quoi ressemblent ces trois voies pour elle, à la fois sur le plan technique, avec les bons conseils, mais aussi sur le plan relationnel. Si un ou deux d’entre vous doivent travailler dans l’entreprise familiale, qu’est-ce que ça signifie pour les autres et pour vos relations? Si en fait personne n’y travaille et qu’une direction professionnelle prend le relais, y a-t-il du ressentiment? Est-ce que l’un de vous voulait y travailler? Et si vous devenez tous propriétaires ou actionnaires? Savez-vous quelles en sont les responsabilités et les droits, et à quoi ressemble un bon actionnaire? Et en fait, si l’entreprise familiale est vendue et que vous touchez tous beaucoup d’argent, qu’est-ce qui garde cette famille unie? Les relations sont-elles assez solides? Ainsi, en faisant appel à nous pour une chose, ils ont souvent découvert qu’ils devaient aborder tout cela ensemble, et bien sûr, nous donnons toujours la priorité à la famille, à la relation d’abord, et nous disons que ces deux choses doivent se faire. Vous devez vous occuper de la famille. Vous devez aussi faire la partie technique.
Intervenant 1 10:07
Alors la partie technique, oui, j’adore quand les gens disent : « Oh, il faut, vous savez, de la littératie financière », comme si c’était suffisant. Comme si, une fois qu’ils savent lire un bilan, tout allait bien. Mais il y a tellement plus, et donc vous ne faites même pas cette partie-là. Vous vous en tenez uniquement à la relation, à rencontrer une cohorte de membres de la famille et à les aider à avoir ces conversations importantes et à apprendre quelles pourraient être leurs responsabilités futures.
Intervenant 2 10:38
Absolument, et une partie de ça, c’est aussi d’hériter de relations avec des conseillers qui relèvent de cette partie technique. Donc l’aspect que nous touchons quand même, et qui, encore une fois, se fait en collaboration avec le volet technique, c’est quand nos familles ont un bureau familial, comme c’est souvent le cas. Nous mettons un, vous savez, un point d’honneur à apprendre à connaître ces gens, parce que nous serons là pendant quelques années, pas pour toujours, mais pendant quelques années. C’est vraiment important que vous nous connaissiez, que vous compreniez pourquoi nous sommes là. Si nous vous demandons d’animer une séance d’introduction aux fiducies, ou sur la façon dont le patrimoine circule dans cette famille, ce serait formidable que nous puissions y assister. Si vous nous le permettez, ce serait utile, parce que nous pouvons voir, en observant ce groupe, comment c’est reçu, lesquels sont dépassés et lesquels sont plutôt enthousiastes, etc.
Intervenant 1 11:28
C’est étonnant, les différences qu’on observe, même au sein d’une fratrie, n’est-ce pas? Quand on travaille avec des membres d’une famille ensemble, certains sont tellement intéressés et comprennent vite, et d’autres sont tellement désintéressés, et pourtant les parents les voient habituellement tous de la même façon : ce sont tous mes enfants, et je les aime tous. Alors ils les mettent en quelque sorte tous au même niveau, alors qu’ils ne le sont pas. Et c’est parfois difficile pour eux, même, de l’exprimer à leurs parents.
Intervenant 4 11:53
Oui,
Intervenant 1 11:54
Jessica, c’était fascinant, et malheureusement, nous devons bientôt commencer à conclure. J’ai donc deux dernières demandes que nous faisons habituellement à nos invités avant de partir. La première est une recommandation de livre, et la deuxième, un conseil pour nos auditeurs. Peut-on commencer par le livre qui, selon toi, vaudrait la peine pour ceux qui s’intéressent aux sujets dont nous avons parlé aujourd’hui?
Intervenant 2 12:16
D’accord, alors j’y ai longuement réfléchi d’avance, parce que j’étais convaincue que tout votre auditoire connaîtrait tous les principaux livres que j’allais recommander. Alors, en fait, ce que j’aimerais recommander s’adresse à ceux qui lisent la publication The Atlantic. Il y a une série fantastique sur le rôle de parent signée Russell Shaw, en six ou neuf parties, je crois, mais elle est vraiment réfléchie. C’est, vous savez, cinq minutes de lecture par page, et que vous soyez parent ou conseiller, vous la trouverez vraiment utile.
Intervenant 1 12:51
D’accord, excellent. Nous trouverons un lien et nous l’ajouterons aux notes de l’épisode. Enfin, un conseil que tu pourrais nous laisser pour ceux qui conseillent des familles ou qui font partie de familles entrepreneuriales ou fortunées.
Intervenant 2 13:04
D’accord, alors je ne dirais pas que c’est un conseil controversé, mais il est important de le dire, et ça ne plaît pas à tout le monde. Le fondateur, la matriarche ou le patriarche, bref, les personnes qui excellent à bâtir des entreprises et à créer de la richesse ne sont pas toujours les plus à l’aise quand il s’agit d’élever leurs enfants. Ce n’est pas pour minimiser tout ce qu’ils font et ce qu’ils essaient de faire, mais je les ai parfois entendus dire carrément : « Quand je franchis le seuil de la maison plutôt que celui du bureau, je sais où j’ai le plus l’impression d’avoir ma place. » Alors mon conseil, c’est : quand vous regardez votre client, s’il est parent, voyez-le simplement comme ça, comme un parent. C’est peut-être un fondateur, c’est peut-être un grand créateur de richesse, mais il pourrait avoir besoin d’un peu de soutien, de plus de soutien que vous le pensez du côté parental. Et notre rôle, je pense, est de réduire la honte qui y est associée. De dire : vous savez quoi, c’est difficile. Chaque famille est unique. Ce dont vous avez besoin, c’est peut-être X, Y, Z, et je suis là pour vous soutenir là-dedans.
Intervenant 1 14:10
Excellent, fantastique. Le temps a filé, comme toujours. Jessica, merci encore de t’être jointe à nous et d’avoir partagé ton expertise avec notre auditoire.
Intervenant 2 14:18
Merci beaucoup de m’avoir reçue, Steve. Ce fut un réel plaisir.
Intervenant 1 14:21
Chers auditeurs, si vous n’êtes pas encore abonnés, faites-le. Assurez-vous de ne manquer aucun de ces épisodes mensuels. Merci encore de vous être joints à nous avec Steve Legler. À la prochaine. Si
Intervenant 5 14:34
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Transcrit par https://otter.ai
