|
Getting your Trinity Audio player ready...
|
Le bilinguisme peut nous enseigner des leçons inattendues
Il m’arrive de tenir pour acquis la chance que j’ai d’être né dans un endroit où parler plus d’une langue est la norme et non l’exception.
Être le fils d’immigrants qui n’ont pas eu d’autre choix que d’apprendre de nouvelles langues à l’adolescence fait aussi partie de mon contexte familial, alors il n’y avait jamais d’excuse non plus.
Les lecteurs de longue date se souviendront peut-être de billets passés où j’ai raconté des anecdotes intéressantes découlant du fait que des mots semblables ont des sens différents en anglais et en français, ou de la façon dont réfléchir à un sujet dans plus d’une langue peut révéler de petites perles de sagesse cachées.
Si vous aimez ce genre de choses, poursuivez votre lecture. Sinon, poursuivez-la quand même, à moins que vous ayez peur d’apprendre quelque chose de nouveau.

Un rassemblement local de pairs pour les Fêtes
Même si 99 % du contenu que je produis ici est en anglais, je parle bel et bien français tous les jours, parce que je vis dans la partie du Canada où c’est la langue de la majorité, et parce que j’en suis capable.
Les aspects culturels de la langue ne sont pas négligeables, et les réalités de ceux dont la langue et la culture premières sont canadiennes-françaises sont assez différentes de celles de la majeure partie du reste de l’Amérique du Nord.
Même si la plus grande partie de mon réseau de pairs n’est pas locale, j’entretiens aussi de merveilleux liens près de chez moi, mais surtout « en français ».
Lors d’un rassemblement de ce réseau en décembre, un vétéran du domaine félicitait les organisateurs d’avoir réuni des professionnels de divers domaines, afin que nous puissions nous rencontrer et créer des liens avec d’autres personnes qui travaillent avec le même type de clients, c’est-à-dire des familles entrepreneuriales.
En français, « confiance » veut aussi dire « trust »
Il a souligné qu’un élément clé à cultiver entre professionnels est « la confiance », ce qui, sans surprise, se traduit en anglais par « confidence », c’est-à-dire l’assurance.
Et oui, quand quelqu’un a de l’assurance, son message a tendance à être reçu plus positivement.
Mais « confiance » est aussi le mot que les francophones utilisent pour dire « trust », et c’est à cela qu’il faisait référence.
Pour que personne n’ait de doute, je suis rapidement intervenu et lui ai demandé de préciser qu’il parlait en fait du fait que les professionnels doivent se faire confiance mutuellement, et que ce n’était pas l’assurance qu’il évoquait.
Il a acquiescé et m’a remercié de lui avoir donné l’occasion de préciser sa pensée.
Un retour en arrière pour moi
En écrivant ces mots, je revis intérieurement un souvenir de mes débuts dans l’écriture de ces billets de blogue, il y a plus d’une douzaine d’années.
Mes enfants étaient alors de jeunes adolescents, et en voyant leur père écrire un billet de blogue chaque fin de semaine, ils se sont demandé, et m’ont demandé : « Qui lit ça? », avec le scepticisme propre aux adolescents.
Je leur ai répondu que pour l’instant, c’était probablement un nombre limité de personnes qui, je l’espérais, allait augmenter, mais que je savais que personne ne m’embaucherait jamais sans me faire confiance, et qu’on ne pourrait jamais me faire confiance sans me connaître.
C’est toujours pour cette raison que je continue de partager mes réflexions ici chaque semaine, en écrivant avec ma tête et avec mon cœur, sur les difficultés que vivent les familles, ainsi que sur les défis auxquels font face les conseillers qui les servent.
Vous remarquerez que la même dynamique du « connaître quelqu’un avant de lui faire confiance » existe aussi entre professionnels.
Les nombreux sens de « trust »
Nous savons donc que le mot français pour « trust » est « confiance », mais comment appelle-t-on un « trust », cette structure et entité juridique si répandue dans notre travail, dans la langue de Molière?
Je suis content que vous posiez la question.
Parce qu’un « trust », en français, c’est une « fiducie ».
N’est-ce pas intéressant? Le nom français du « trust » évoque certainement des idées qui ont aussi leur place dans la façon dont les professionnels abordent ce travail avec les familles.
Nous avons besoin que nos clients nous fassent confiance, et ce serait bien que tous ceux qui servent une famille puissent agir en tant que fiduciaires.
Le fiduciaire de confiance : la boucle est bouclée
À mesure que les professionnels qui servent les familles apprennent à se connaître, dans l’espoir de collaborer un jour, comprendre dans quelle mesure nos collègues sont à l’aise avec une norme fiduciaire peut être éclairant.
Je sais déjà à quel point je tiens à mes relations avec mes clients; avant d’accepter de travailler avec d’autres, j’ai donc besoin de sentir que leur engagement sera à la hauteur du mien.
J’aime bien quand ils semblent avoir de l’assurance, mais ce n’est qu’après avoir su que je peux leur faire confiance que nous pouvons commencer à bien travailler ensemble.

