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Quelques mots à éviter dans les discussions familiales
Quand on me questionne sur mon travail, je réponds habituellement en parlant d’emblée du type de familles avec lesquelles je travaille, parce que ce contexte est très important.
Même si presque toutes les familles pourraient profiter d’un certain soutien dans les domaines où j’aide, les familles entrepreneuriales sont celles qui ont le plus à y gagner, parce que les enjeux sont beaucoup plus grands.
J’explique que ces familles ont toujours des sujets dont elles doivent discuter ensemble, et qu’en fait, elles savent toutes très bien qu’elles devraient consacrer du temps et des efforts à ces conversations.
Et pourtant, même si tous sont conscients de la nécessité de faire ce travail important et d’avoir ces conversations importantes, laissées à elles-mêmes, elles n’arrivent tout simplement pas à progresser sur ce plan.
Tenir l’espace et montrer la voie
Une très grande partie de mon rôle auprès des familles consiste à tenir l’espace pendant les importantes réunions régulières où ces discussions ont lieu.
Faire en sorte que chacun se sente en sécurité pour exprimer ce qu’il pense, et aussi ce qu’il ressent, est une grande partie du rôle d’un facilitateur.
C’est tellement important qu’une personne neutre, de l’extérieur, joue le rôle d’animer ces réunions, parce que quiconque a un intérêt réel dans le résultat est automatiquement biaisé dès le départ.
Le facilitateur est responsable du processus, y compris de qui parle et quand, et de s’assurer que les voix plus discrètes sont entendues.
Voir Apporter la météo (et un jeu de cartes) et Plonger dans un système familial sans faire d’éclaboussures
Mais en plus de tenir l’espace, il y a aussi la partie qui consiste à montrer la voie, ou à incarner le type de comportements que nous recherchons.
Les appels de coaching entre les réunions
Souvent, une grande partie des progrès que j’aide les familles à faire ne se produit pas pendant leurs moments ensemble, mais plutôt pendant les appels de coaching individuels que nous avons entre les réunions.
Ce sont d’excellentes occasions pour moi de créer un lien avec chaque membre de la famille afin qu’il voie que je suis là pour tout le monde, et pas seulement pour ceux « du haut », qui sont ceux qui me paient.
C’est aussi une merveilleuse occasion pour moi de leur parler de leur façon d’interagir les uns avec les autres, de manière plus discrète.
« J’apprécie la façon dont tu m’as partagé ça, mais est-ce de cette façon que tu comptes le partager avec un tel? », pourrais-je demander.
« Tu as tort », et ce que ça signifie aussi
Nous arrivons donc enfin au sujet que j’ai annoncé dans le titre, à propos des « torts ».
Dans une famille, il y a parfois des gens qui ont l’impression que leur façon de voir les choses est la seule possible, et que tout autre point de vue est donc dans le tort.
La difficulté, c’est qu’une telle attitude s’accompagne normalement de décennies de preuves que la personne qui l’adopte a effectivement eu « raison » la plupart du temps.
Quand j’entends des leaders familiaux parler de cette façon, ça devient rapidement le premier problème que je dois aborder, mais le faire dans une conversation en tête-à-tête passe mieux que si je tente de le faire en groupe.
Quand un membre de la famille entend qu’il a « tort », ça peut être reçu comme « personne ne se soucie de ce que je pense ».
« Qu’est-ce qui ne va pas chez toi? » – à éviter aussi
Le deuxième tort que je veux ajouter au mélange n’est heureusement pas si courant, mais il refait quand même surface à l’occasion et ne doit pas être ignoré.
Rappelons que lorsque je travaille avec des familles, nous essayons presque toujours de passer d’un environnement de prise de décision plutôt autocratique et descendant à un environnement plus démocratique, où les opinions et les idées de chacun peuvent au moins être entendues.
Quand une discussion dégénère au point où quelqu’un dit quelque chose comme « Qu’est-ce qui ne va pas chez toi? », je sais que je dois intervenir.
Dans ces cas-là, il faut s’adresser à deux personnes : celle qui a prononcé ces mots, et celle qui les a reçus.
Composer avec la « personne difficile désignée »
Bien des familles ont un « mouton noir » ou une « personne difficile désignée », et cette personne peut devenir le bouc émissaire de tout ce qui ne se passe pas comme les leaders de la famille le voudraient.
Au moment où j’entre dans le système, ces lignes sont habituellement tracées à l’encre indélébile, ce qui rend mon travail plus difficile.
Comme je viens d’une formation en coaching qui considère chaque personne comme naturellement créative, débrouillarde et entière, encourager cette personne à s’engager peut être un défi, mais c’est un défi que je ne fuis pas.
Amener la famille à comprendre que personne n’a tort, et que personne n’a besoin d’être « réparé », est toujours mon objectif.
S’il vous plaît, évitez les accusations qui contiennent le mot « tort ».


