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Retour sur certains inconvénients du « à ma façon »
Une grande partie de mon temps de travail est consacrée à réfléchir et à parler de la façon d’accompagner les familles dans les transitions intergénérationnelles de toutes sortes.
Ces familles ont atteint un certain niveau de richesse et de réussite, et l’espoir est que l’une et l’autre continueront de bien servir la famille pendant les générations à venir.
Bien des gens sous-estiment la complexité qui survient lorsque les relations familiales et la richesse financière se rencontrent, et croient qu’une combinaison de création de richesse supplémentaire et de protection de celle-ci dans de bonnes structures va tout régler.
Les lecteurs réguliers et les collègues d’expérience reconnaîtront l’erreur de ces conclusions.
Il y a des enjeux qui n’apparaissent peut-être pas dans les états financiers ou les documents juridiques, mais qui ressortent plutôt sur un génogramme, et qui peuvent faire trébucher une famille en cours de route.
Un enchaînement de rencontres en une journée
Il arrive que mon agenda finisse par créer des enchaînements d’événements non prévus qui mettent en lumière un sujet en particulier, et c’est ce qui s’est produit récemment, une journée.
Le matin, un collègue et moi avons eu un appel de suivi attendu depuis longtemps avec un couple client, au cours duquel nous avons discuté des endroits où leur famille était encore coincée dans certains schémas qui ne fonctionnaient pas pour eux, et de la façon dont nous pourrions les aider à s’en libérer.
Le midi, j’étais invité à un webinaire avec un autre conseiller, où nous avons abordé plusieurs sujets liés aux responsabilités et aux droits des membres de la relève.
Puis, en fin d’après-midi, j’ai eu un appel avec la matriarche d’une famille cliente avec qui je travaille depuis quelques années maintenant, et certains des mêmes enjeux que plus tôt ont été abordés de nouveau.
Le fort désir de souveraineté
En réfléchissant à tout cela, je me suis souvenu d’un billet que j’ai écrit il y a quelques années, La souveraineté particulière de la G1.
La souveraineté, comme nous l’avions vu à l’époque, c’est « l’autorité de se gouverner soi-même », qu’il s’agisse de sa propre vie ou de la vie de sa famille.
Alors que la génération qui se prépare à transmettre son patrimoine le long de son arbre généalogique veut généralement garder le contrôle le plus longtemps possible et garder les choses unies, ceux qui finiront par recevoir ce patrimoine ont souvent un point de vue différent sur ces questions.
Il peut y avoir un tir à la corde entre ces groupes, pendant que les plus jeunes tentent d’exercer leurs « droits » et que les plus âgés veulent d’abord voir la preuve d’un sens des responsabilités suffisant.
Gérer ces tensions peut être difficile, ce qui fait qu’il faut parfois des experts extérieurs à la famille pour aider à faciliter les conversations nécessaires afin de les surmonter
Quand la vertu moralisatrice fait obstacle
Ayant participé à de telles conversations avec diverses familles au fil des ans, je suis en mesure de partager cette expérience, tant avec mes clients familiaux qu’avec les lecteurs d’ici chaque semaine.
Les rencontres que j’ai eues cette journée-là avaient un peu un fil conducteur commun, et elles touchent un sujet délicat qu’il n’est pas facile d’aborder avec des clients.
C’est beaucoup plus facile pour moi d’écrire là-dessus, en espérant que cela me donne un meilleur angle pour aborder la question avec les clients!
Le titre de ce billet devrait rendre la chose évidente, tandis que le fait que j’aie repoussé le sujet à la dernière partie de ce billet laisse deviner à quel point il est difficile ne serait-ce que de le nommer.
Disons simplement que si vous espérez avoir une bonne relation avec vos enfants adultes, réduire au minimum sa propre vertu moralisatrice est une excellente idée.
Votre complexe de supériorité paraît
Ce serait une chose si les parents se contentaient de partager ce qu’ils pensent de leur progéniture lorsqu’ils me rencontrent seuls, pour se vider le cœur.
Cela fait partie du rôle que jouent les conseillers, permettre à leurs clients de la génération aînée de décompresser et de se plaindre des autres membres de la famille.
Croyez-moi, ça fonctionne dans les deux sens, et écouter les membres de la relève lorsqu’ils me confient leurs frustrations à propos de leurs parents fait aussi partie de mon rôle.
Mais certains d’entre eux se retiennent à peine quand nous sommes tous réunis, et ça me surprend parfois.
Lorsque des parents agissent comme s’ils étaient moralement supérieurs à leurs enfants et que le jugement se sent dans la pièce, tout le monde est mal à l’aise.
Voyons-nous! Désolés, on est occupés
Quand ces mêmes parents déplorent ensuite que la famille ne passe pas souvent de temps ensemble, il m’arrive de hocher la tête, perplexe.
Vous avez atteint une grande richesse et une grande réussite, et vous avez élevé des adultes matures et responsables; essayez simplement d’en profiter ensemble, sans jugement moral inutile et non désiré.


