Cette semaine, j’ai assisté à la conférence sur la gestion de patrimoine du CFA Institute à Boston. C’est un événement annuel qui aura lieu à Los Angeles l’an prochain, mais puisque cette fois-ci c’était si près de Montréal, je me suis dit que ça valait les cinq heures de route pour entendre les excellents conférenciers qu’ils avaient réunis.
La conférence était vraiment bonne à bien des égards, et j’avais du mal à choisir laquelle des 12 présentations allait me servir d’inspiration pour le blogue de cette semaine.
Pendant que je rentrais à la maison en traversant les White Mountains du New Hampshire et les Green Mountains du Vermont, il s’est passé quelque chose qui m’a fait mettre les sujets de la conférence de côté.
Ce n’était pourtant pas quelque chose que j’ai vu. C’était quelque chose que j’ai entendu, à la radio. Quand j’ai un long trajet à faire, j’ai toujours peur de m’endormir au volant, même si c’est beaucoup moins un problème pour moi ces derniers temps, depuis que je dors mieux chaque nuit grâce à mon appareil CPAP.
Pour être certain de rester éveillé au volant, j’ai une nette préférence pour la radio parlée. Ma femme et mes enfants ne supportent pas la radio parlée, mais j’étais seul, alors c’était une belle occasion de me mettre à jour sur ce dont Rush Limbaugh et compagnie parlaient sur les ondes américaines.
Mais quand on traverse les montagnes en essayant d’écouter la radio, rester sur une même station plus de 15 minutes est souvent un défi. Ce qui finit par arriver, c’est qu’à toutes les quelques minutes, j’appuie sur le bouton de recherche jusqu’à ce qu’une station entre avec un signal assez fort.
Outre la radio parlée, l’autre chose qui me garde habituellement éveillé, c’est la musique country. Je ne peux pas dire que j’en suis un grand amateur, mais j’ai des goûts musicaux très éclectiques, et avec la musique country, les paroles sont généralement telles qu’on peut chanter n’importe quelle chanson même si on ne l’a jamais entendue.
C’est difficile de s’endormir quand on chante. Et s’il fallait choisir entre écouter la radio parlée ou m’écouter chanter dans la voiture, je peux vous dire que ma famille apprendrait sans doute à ADORER la radio parlée. Mais j’étais seul, alors ce serait la musique country, au moins pour une chanson ou deux.
C’est à ce moment que Stealing Cinderella a commencé à jouer. J’ai cru reconnaître la voix du chanteur, mais il s’avère qu’il ressemblait simplement à la plupart des autres chanteurs country, et je ne pourrais même pas vous dire son nom aujourd’hui sans le chercher sur Google. Mais les paroles m’ont vraiment touché.
Ça parle d’un gars qui se rend chez le père de sa blonde pour lui demander la permission de l’épouser. Est-ce que les gars font encore ça? Je ne sais pas, mais il y a un peu plus de 20 ans, je l’ai fait. La chanson a donc fait remonter instantanément des souvenirs, surtout la réaction de mon beau-père, qui m’avait souhaité bonne chance mais qui croyait (à tort) que sa fille n’était pas du genre à se marier.
Puis la chanson continue en décrivant les photos de famille placées partout dans le salon, dont plusieurs de la petite fille qui grandit, qui fait du vélo pour la première fois, qui saute sur le lit et, bien sûr, qui joue à Cendrillon.
Cette fois, c’était la corde sensible du père d’une fille de 11 ans qu’on venait toucher. Ouf, où diable le temps est-il passé?
En 30 secondes, je suis passé de revivre l’expérience d’avoir demandé le feu vert pour épouser la « Cendrillon » d’un homme à une avance rapide de je ne sais combien d’années, jusqu’au jour où un gars viendra essayer de voler MA Cendrillon.
Je sais, elle n’a que 11 ans, mais il y a dix ans, elle avait 1 an et j’ai l’impression que c’était hier. Et dans dix ans, elle en aura 21, et qui sait quel avenir l’attend.
Trop de choses à penser. Mieux vaut éviter les stations de musique country et m’en tenir à la radio parlée.