J’ai l’habitude de retourner les choses et de les regarder sous un angle différent de celui de la plupart des gens. Alors que bien des gens sont portés à penser en termes de trouver la réponse à une question, je préfère prendre du recul et remettre la question en question avant d’y répondre.
Cette habitude remonte à l’époque où je travaillais dans l’entreprise familiale, au début de la vingtaine. Quand nous devions embaucher quelqu’un pour combler un poste, la tâche de trouver de bons candidats finissait, je ne sais trop comment, par me revenir.
Je suppose que c’était parce que nous n’avions pas encore de responsable des RH à l’époque, alors le besoin occasionnel de combler un poste devenait un projet confié à « Steve Junior ». Je me retrouvais donc dans une position où je devais d’abord comprendre un certain nombre de choses avant même de pouvoir commencer.
La question du chef de service commençait par « Peux-tu trouver quelqu’un pour combler ce poste dans mon service? » Il y avait bien une réponse courte (« Oui, bien sûr »), mais ce qui devenait plus important, c’était la série de questions qui suivait rapidement. Quelle est la description de tâches, quel genre d’expérience recherchez-vous, quel est le salaire, etc.
J’ai pris l’habitude de poser beaucoup de questions, et je le fais encore beaucoup aujourd’hui. Comme pour bien des choses, plus on fait quelque chose, plus on devient à l’aise de le faire.
Parfois, en entrevue d’embauche, je demandais aux candidats : « Qu’est-ce qui est le plus important, connaître toutes les réponses ou connaître les bonnes questions? » Je peux vous dire que nous n’avons jamais embauché quelqu’un qui n’a pas frappé un coup de circuit sur celle-là.
Bien des gens passent une grande partie de leur temps à chercher des réponses, même s’ils n’ont peut-être pas pris le temps de s’assurer qu’ils répondent aux bonnes questions.
Curieusement, quand nous commençons à chercher des réponses, nous avons l’impression d’être sur la voie d’une solution, alors que réfléchir aux questions nous donne encore l’impression d’être au neutre et de ne pas avancer.
Bien des entreprises font appel à des consultants dans l’espoir de trouver « la réponse » à leur problème. Je crois que quiconque vous promet des réponses sans d’abord s’assurer que vous examinez les bonnes questions est une personne à éviter.
Je maintiens que si vous prenez le temps de poser toutes les bonnes questions, les réponses se règlent souvent d’elles-mêmes.
Une personne de l’extérieur peut souvent apporter une perspective différente sur votre situation, et le simple fait qu’elle doive poser beaucoup de questions peut vous amener à penser en des termes auxquels vous n’auriez peut-être pas pensé, ce qui peut à son tour vous aider tant avec les questions qu’avec les réponses.
N’ayez pas peur de poser des questions, mais essayez d’éviter les questions fermées (oui ou non). Apprenez à poser beaucoup de questions « pourquoi? », car entendre les réponses des gens à celles-ci est habituellement ce qui éclaire le plus.
Il va sans dire qu’écouter vraiment les réponses que vous obtenez est aussi très important.
De temps en temps, il est bon de se poser quelques grandes questions, parce que les réponses que vous y trouverez vous aideront à mettre bien des choses en perspective.
J’aime commencer par « Où essayons-nous d’aller? », puis « Comment comptons-nous y arriver? »
Elles sont très simples et assez générales, mais je pense que si plus de gens dans plus d’entreprises prenaient le temps de s’arrêter et de se poser ces deux questions simples, de façon régulière, ils seraient plus susceptibles de progresser et de garder le cap.
Alors, où essayez-vous d’aller? Et comment comptez-vous y arriver?