Dans un billet de blogue il y a quelques mois, j’ai mentionné que LinkedIn devenait une très bonne ressource pour moi. Il continue d’être une mine d’informations et de contacts.
J’ai récemment découvert un groupe LinkedIn appelé « Business Succession Planning Group ». Je m’y suis joint, et il n’a pas fallu longtemps pour que cela porte ses fruits. Un membre du groupe de Minneapolis, Daniel Kurth de Human Performance LLC, a publié dans le groupe un message qui a attiré mon attention.
Je vais utiliser le point clé de son message comme point de départ de mon billet cette semaine. Il nous présente les « trois P des propriétaires en transition ».
Sans plus tarder, les voici : la Paie, le Propos (la raison d’être) et la Place. La thèse de Kurth est que le propriétaire sortant ne quittera volontiers l’entreprise qu’une fois qu’il aura pu remplacer ces trois P que l’entreprise lui procurait.
Quiconque a déjà travaillé dans une entreprise où le propriétaire ne semble pas prêt, ni même disposé, à envisager l’idée de la retraite peut probablement reconnaître qu’au moins un de ces P joue un rôle majeur dans son hésitation.
Si l’entreprise est prospère depuis plusieurs années, la paie devrait être assez facile à remplacer. Il existe toute une industrie de conseillers financiers et de représentants en produits d’assurance qui se feront un plaisir d’aider le futur retraité à s’assurer que son revenu mensuel à dépenser est remplacé de façon satisfaisante.
Passons directement au dernier P, la Place. Garder un bureau, en installer un nouveau ailleurs, ou simplement prendre une nouvelle habitude de retrouver régulièrement des amis et des collègues quelque part : ce sont toutes des façons dont les gens s’assurent de « sortir de la maison » après la retraite.
Je pense vraiment que le P le plus difficile à remplacer après avoir vendu ou transmis une entreprise, ou même après avoir pris sa retraite de n’importe quel emploi, c’est le Propos, la raison d’être.
Je me souviens d’amis de mes parents qui avaient des emplois de 9 à 5 et qui disaient avoir hâte de prendre leur retraite, mais une fois rendus là, ça les a presque rendus fous. Faire la grasse matinée, lire le journal, aller marcher, etc., ça ne suffit qu’un certain temps.
Pour les personnalités de « type A », comme la plupart des propriétaires d’entreprise et des entrepreneurs, je ne leur donnerais pas plus d’une semaine ou deux avant qu’ils commencent à tourner en rond. Si les gens qui n’aimaient pas leur emploi ont hâte de prendre leur retraite et de quitter la « routine », et qu’ils ont quand même de la difficulté, imaginez ceux qui ont une entreprise qu’ils ont bâtie et qui les inspire chaque matin à leur réveil.
Leur entreprise est souvent la raison d’être qui motive tout, et ce, depuis longtemps. On ne peut pas simplement l’éteindre du jour au lendemain. On ne peut pas s’attendre à ce que ça fonctionne ainsi. En théorie, bien sûr; en pratique, non.
Alors, à tous ceux qui veulent encourager quelqu’un à penser à prendre sa retraite un jour, le plus tôt possible, je suggère de l’aider à remplacer ce P, le sentiment de raison d’être que lui procure l’entreprise.
Que vous soyez la génération suivante qui attend de prendre la relève, ou le conjoint qui préférerait passer plus de temps ensemble ou prendre de plus longues vacances, c’est là qu’il faut concentrer vos efforts.
Mais ne vous attendez pas à ce que les choses se fassent rapidement. Commencez tôt et essayez de l’aider à trouver des passe-temps, des causes, des organismes qui en valent la peine, des conseils d’administration, tout ce qui peut l’enthousiasmer et où il peut mettre à profit ses compétences, son énergie et sa volonté.
Il existe sûrement d’autres raisons d’être qui peuvent, lentement mais sûrement, prendre de plus en plus d’importance dans sa vie et finir par lui permettre de quitter l’entreprise parce qu’il aura trouvé une nouvelle raison d’être. S’il n’y arrive pas, il risque de rester là pour toujours.