Samedi soir, 8 juin 2013. L’endroit où il fallait être : le Sheraton Conference Center à Toronto. L’occasion? Le gala annuel des prix Family Enterprise of the Year (FEYA) de CAFÉ.
CAFÉ (Canadian Association of Family Enterprise) célèbre son 30e anniversaire en 2013, et je m’y suis récemment joint à titre de membre affilié, vu mon intérêt renouvelé pour le domaine des entreprises familiales. Je ne savais pas que CAFÉ avait été fondée en 1983, mais j’ai trouvé cela intéressant, parce que ma participation précédente remontait au milieu des années 80, alors que l’association en était à ses débuts.
À l’époque, j’étais le fils de deuxième génération (G2) sur le point d’entrer dans l’entreprise familiale, et quelqu’un avait intéressé mon père à CAFÉ. C’est là qu’il a appris l’importance de faire participer davantage la famille, même ceux qui ne travaillaient pas dans l’entreprise.
Il a même organisé une retraite familiale, dont je me souviens surtout parce que c’est la seule que nous ayons jamais eue. Non pas qu’elle se soit mal passée, mais diriger l’entreprise était plus urgent, et personne ne s’est manifesté pour faire en sorte que l’événement devienne un rendez-vous régulier de notre calendrier.
Nous avons appris quelques choses de CAFÉ, qui n’ont pas toutes été appliquées, bien sûr. Je me souviens très bien de papa me disant qu’on y recommandait que les enfants travaillent ailleurs qu’à l’entreprise familiale pendant au moins 3 à 5 ans avant même d’être autorisés à y entrer. Cela me semblait logique, mais papa trouvait que cela ne s’appliquait pas à notre situation.
Revenons donc au gala FEYA de samedi. Le meilleur moment de tout rassemblement de CAFÉ, c’est le partage d’histoires. Les entreprises familiales sont toutes uniques, mais il y a toujours des choses à apprendre des autres, surtout sur la façon dont ils ont géré le point de rencontre entre la famille et l’entreprise.
Les trois familles finalistes étaient toutes présentes, chacune avec une douzaine de personnes environ, représentant deux ou trois générations. Chacune avait préparé un petit discours, ainsi qu’une superbe vidéo dans laquelle l’équipe de CAFÉ avait manifestement mis beaucoup d’efforts.
Sans surprise, les familles étaient toutes très reconnaissantes de s’être engagées dans CAFÉ, car les échanges les avaient aidées à comprendre certaines choses qu’elles n’auraient probablement apprises nulle part ailleurs. Les histoires étaient toutes très différentes, mais chacune était touchante à sa façon.
Un avantage clé pour les familles qui adhèrent est le réseau PAG (Personal Advisory Group). Mon père appelait le sien son « groupe de chums de CAFÉ ». Ils se réunissaient régulièrement, en alternant la famille ou l’entreprise dont ils discutaient. C’est devenu une sorte de conseil informel, où il pouvait partager des histoires, des idées et des problèmes avec d’autres qui vivaient bien des enjeux semblables.
Même après la vente de nos activités, il a continué à rencontrer son PAG. Après son décès, quelques-uns de ses anciens amis du PAG m’ont invité à leur rencontre annuelle de Noël, ce qui était vraiment chouette, car nous avons passé le temps à évoquer des souvenirs et à raconter des histoires à son sujet.
CAFÉ peut avoir beaucoup d’influence. Malheureusement, elle est loin d’en avoir autant qu’elle le pourrait. Ce n’est pas une insulte, car je sais que le conseil d’administration travaille fort pour que CAFÉ devienne une partie encore plus importante du milieu des entreprises familiales au Canada. Ses membres venaient de terminer des réunions du conseil et étaient très enthousiastes à propos de ce sur quoi ils travaillaient.
On a même un peu parlé du Québec et de son absence au sein de CAFÉ. Comment trouver des façons de s’y impliquer davantage? Apparemment, il y avait un nouveau membre du Québec qui tenait à aider à mobiliser les choses.
Ce serait moi. Si vous êtes au Québec et que vous êtes aussi intéressé par « une autre tournée de CAFÉ », communiquez avec moi, et voyons jusqu’où nous pouvons mener cela
J’imagine que mon prochain blogue sera en français et devrait toucher sur le même sujet, mais du point de vue québécois. À la semaine prochaine…