J’ai récemment eu le plaisir d’être juge à la deuxième édition annuelle du FECC, la Family Enterprise Case Competition tenue à Burlington, au Vermont, et organisée par la School of Business Administration de l’Université du Vermont (UVM). J’y ai été invité par Dann van der Vliet, l’un des cofondateurs de l’événement, qui dirige aussi la Family Business Initiative de l’Université.
Les compétitions de cas ont pris beaucoup d’ampleur au cours de la dernière décennie, alors vous serez peut-être surpris d’apprendre que l’événement de l’UVM est le seul sur la planète à porter exclusivement sur l’entreprise familiale. Quand je faisais mon MBA à Ivey (UWO), nous avons fait des centaines de cas, mais je ne me souviens d’aucun qui portait sur des entreprises familiales.
En arrivant au Hilton de Burlington, je pouvais sentir l’énergie nerveuse de dizaines de jeunes qui se préparaient à faire leurs présentations devant les jurys cet après-midi-là. Pour le premier cas, ils avaient eu une semaine pour se préparer, alors ce serait en fait le plus facile à résoudre. Le reste de la compétition allait être une course contre la montre, avec seulement 3 heures de préparation pour chaque cas.
Il y avait plusieurs équipes de premier cycle provenant d’établissements des États-Unis, du Canada et du Mexique, ainsi que des équipes du Chili, de la Malaisie et des Pays-Bas. La catégorie des cycles supérieurs (étudiants au MBA) ajoutait encore plus de saveur internationale, avec deux établissements américains face à des équipes de la Suède, de la Colombie et de l’Italie. Il y avait 19 équipes réparties en 5 divisions, et seules les meilleures équipes de chaque division passaient à la finale après 3 jours de pression intense.
Je n’étais juge que pour les présentations de cas de la première journée, le cas Mother Myricks’s Confectionary, qui a amené plusieurs juges à se demander à voix haute pourquoi il avait été choisi pour une compétition de cas en entreprise familiale, puisqu’il s’agissait d’une entreprise ne comptant que le mari et la femme, sans enfants dans l’entreprise.
La division de premier cycle que j’évaluais regroupait des établissements du Canada (2), du Mexique et des Pays-Bas. Je peux vous dire que j’ai été très impressionné par tous les étudiants. Si mes enfants peuvent présenter comme ça quand ils arriveront à l’université, je serai certainement fier.
Chaque équipe n’avait que 30 minutes pour expliquer ses recommandations, incluant 10 minutes de questions et réponses à la fin. Ils entraient et se présentaient aux juges, nous nous présentions à eux, puis ils se lançaient avec leurs diapositives PowerPoint et leurs présentations bien préparées. Ils se passaient la parole sans accroc et s’assuraient que chacun avait à peu près le même temps de parole.
La période de questions était la meilleure partie, puisqu’elle nous donnait l’occasion de creuser les choses sous un angle différent de celui qu’ils avaient préparé. On nous avait demandé d’y aller doucement la première journée (quelque chose comme ne pas vouloir faire pleurer qui que ce soit), mais la dernière équipe que nous avons vue a fait un si bon travail que je n’ai pas pu résister à l’envie de poser une question difficile, parce qu’il était clair qu’elle obtiendrait la première place ce jour-là de toute façon.
Pendant la rétroaction à cette équipe, j’ai mentionné que je m’étais senti à l’aise de lui poser une question difficile, ce à quoi l’étudiant qui y avait répondu a répliqué : « Laquelle était la question difficile? » Je n’ai pas été surpris d’apprendre que cette équipe s’est rendue en finale, mais qu’elle a terminé hors du podium.
Les gagnants de premier cycle venaient de l’École de gestion John-Molson de l’Université Concordia à Montréal, tandis que les gagnants des cycles supérieurs venaient de l’Université de Jönköping en Suède.
J’espère en faire partie de nouveau l’an prochain.