Quand on travaille avec des familles en affaires, il y a toujours des terrains propices aux conflits. Je sais que j’ai certains traits qui se prêtent bien à la diplomatie, mais je n’avais jamais suivi un seul cours portant expressément sur le règlement des différends.
Depuis plus d’un an, je voulais combler cette lacune et, au cours des deux dernières semaines, je me suis plongé assez profondément dans le domaine en suivant 2 cours, ou ateliers, de 4 jours chacun.
Les cours que j’ai suivis étaient donnés par le Stitt-Feld-Handy-Group, de Toronto. En raison de l’horaire et du moment, je me suis inscrit à leurs ateliers à Ottawa, où j’ai suivi à la fois leur ADR Workshop et leur Advanced ADR Workshop.
Avant de partir pour le cours, j’ai décidé de dire à mes enfants que j’allais suivre un cours sur les modes alternatifs de règlement des conflits (MARC, ou ADR en anglais), en espérant qu’ils me demandent « Alternatifs à quoi? », parce que lorsque j’ai entendu ce terme pour la première fois il y a des années, c’était ma première question. Malheureusement, ils ne semblaient pas assez intéressés pour poser la question, et ils n’ont même pas semblé enchantés quand j’y ai répondu pour eux.
Bien sûr, l’expression est née du désir de trouver un moyen d’éviter les tribunaux; les MARC sont donc apparus comme une solution de rechange à la façon longue et coûteuse de régler les différends par les voies juridiques traditionnelles.
Dans l’univers de l’entreprise familiale, les différends qui se rendent jusqu’aux tribunaux sont relativement rares, mais ils font de belles histoires, quoique presque toujours très tristes, que la plupart des familles voudraient éviter. Mon grand-père avait apparemment l’habitude de dire que la pire solution négociée vaut mieux que le meilleur jugement d’un tribunal.
Si je dis « apparemment », c’est que je n’ai jamais vraiment entendu ces mots de sa bouche, mais je ne saurais vous dire combien de fois mon père m’a transmis cette sagesse. À mon tour, j’essaie de transmettre autant de sagesse à mes enfants, et j’aime croire qu’une partie passe, même s’ils semblent souvent désintéressés.
Une chose que j’ai apprise jusqu’ici, c’est que MARC n’est souvent qu’un acronyme qui désigne la médiation sous une forme ou une autre. Le premier cours a commencé par de nombreux exercices de négociation parce que, comme on nous l’a souligné, une médiation n’est le plus souvent rien de plus qu’une négociation facilitée.
J’ai trouvé ça plutôt génial, parce que j’adore la négociation, et j’aime croire que j’ai certaines compétences en facilitation. En fait, vers la fin du deuxième atelier, les exercices sont allés bien au-delà du face-à-face avec un médiateur, et ont plutôt fait intervenir des comédiateurs et des scénarios à plusieurs parties.
Dans la plupart des situations familiales, lorsqu’on arrive de l’extérieur, les compétences sur lesquelles un conseiller doit s’appuyer sont la facilitation, le coaching et la médiation. La facilitation consiste surtout à animer des réunions, à améliorer la communication et à se concentrer sur les relations. Le coaching est davantage un processus « individuel », qui aide les gens à trouver de nouvelles perspectives et de nouvelles façons de contribuer à l’ensemble. La médiation n’est pas toujours nécessaire, surtout lorsqu’il n’y a pas de conflit manifeste, mais les compétences en médiation sont certainement utiles dans bien des situations touchant de grandes familles.
Ce à quoi les ateliers m’ont aussi fait réfléchir, c’est que de nombreuses familles ne réfléchissent pas assez à cette question connexe : « Quelle est l’alternative au fait de NE PAS régler le différend? » S’il y a un différend, vaut-il mieux le laisser s’envenimer en espérant qu’il disparaisse, ou devriez-vous au moins essayer de régler la question?
Éviter le conflit n’est pas toujours la meilleure solution, même quand elle semble la plus évidente et la plus facile.
Mais si l’on considère la question du moment, il vaut habituellement mieux tenter de régler les problèmes quand on n’a pas le couteau sur la gorge, parce que lorsque le temps devient l’une des contraintes, l’éventail des options se referme généralement très vite. Dans ces cas, les MARC peuvent être votre meilleur choix.