La communication est un sujet qui revient souvent quand on discute de ce que les entreprises familiales doivent améliorer. Avec les technologies de communication omniprésentes d’aujourd’hui, on pourrait croire qu’un sujet comme la communication a cessé d’être un enjeu; après tout, tout le monde est toujours joignable, n’est-ce pas? Si seulement c’était aussi facile.
Dans une famille en affaires, un problème difficile à régler est la communication qui ne va que dans une seule direction, du haut vers le bas. Après tout, si les parents ont élevé leurs enfants en leur disant simplement quoi faire, pourquoi les choses seraient-elles différentes quand ils travaillent ensemble?
L’un des problèmes de ce style, c’est que lorsque les messages ne circulent que dans une seule direction, ils finissent parfois par tomber dans l’oreille d’un sourd. Comme on dit, le plus grand problème de la communication, c’est l’illusion qu’elle a eu lieu. C’est déjà assez difficile à gérer dans les meilleures situations, mais quand ça arrive parce qu’on a cessé d’écouter celui qui parle, c’est le symptôme de problèmes beaucoup plus importants.
Je sais que dans ma situation avec mon père, les choses ont évolué avec le temps en ce qui concerne la circulation de la communication. Je crois sincèrement que, comme beaucoup de parents, il voulait écouter ce que ses enfants avaient à dire, mais qu’il lui a fallu beaucoup de temps pour se rendre compte que ce que nous avions à dire était non seulement valable et pertinent, mais qu’il était dans l’intérêt de toute la famille de travailler ensemble de façon plus collaborative.
Je n’aime pas qu’on me dise quoi faire, et je pense que la plupart des gens ressentent la même chose. Les styles de gestion ont heureusement beaucoup évolué, et la manière autocratique de crier après les gens semble bien dépassée aujourd’hui.
Mais même si vous pouvez suggérer aux gens qu’il est plus important d’écouter les autres que de parler, ça ne veut pas dire qu’ils vont tous se mettre soudainement à le faire. Apprendre à vraiment écouter demande beaucoup de pratique, mais ça s’apprend. Certaines personnes semblent simplement prendre plus de temps à comprendre qu’elles devraient écouter les autres.
Une entreprise familiale est un environnement délicat en raison du croisement entre la famille et l’entreprise, et malheureusement, certains styles parentaux et styles de gestion à l’ancienne persistent. La plupart des parents de la génération plus âgée finissent par comprendre, mais d’autres ne comprennent jamais, au point de concevoir des moyens de continuer à tout contrôler, même d’outre-tombe.
Ces situations peuvent être très frustrantes pour les successeurs de la relève. Dans ces situations, il peut être utile que les frères et sœurs se réunissent et commencent à travailler sur leur propre communication, en partant du principe qu’ils survivront très probablement à leurs parents et qu’ils devront donc, un jour, s’entendre sans l’aide ni l’ingérence de la génération aînée.
Parfois, les frères et sœurs commencent à se rencontrer, s’entendent mieux et dégagent un consensus sur la façon dont les choses seront éventuellement gérées après le décès de leurs parents. Parfois, les parents deviennent intrigués lorsqu’ils entendent parler de ces rencontres et demandent à y être invités.
Je ne pouvais pas terminer ce billet sans mentionner The 7 Habits of Highly Effective People (Les 7 habitudes des gens efficaces) de Stephen R. Covey, que j’ai lu il y a de nombreuses années. Mon habitude préférée, que certains ont qualifiée de sa plus grande citation :
Habitude 5 : « Cherchez d’abord à comprendre, puis à être compris. »
Si vous pouvez en faire une habitude, vous n’aurez pas d’autre choix que d’écouter plus attentivement. Si d’autres ont du mal à le faire, plus ils vous verront donner l’exemple de ce comportement, plus il est probable qu’ils finiront eux aussi par l’adopter.
Ça vaut certainement l’effort. Ensuite, si vous pouvez non seulement écouter, mais aussi apprendre à écouter sans jugement, vous verrez que vous tenez vraiment quelque chose, mais c’est là le sujet d’un autre billet.