Family business and legacy adviser

« Moi » versus « nous » dans l’entreprise familiale

Notre famille regardait Shark Tank ensemble hier soir, et une des entreprises qui présentaient leur projet a fait quelque chose que je vois beaucoup trop souvent.

Deux femmes se tenaient devant les « requins » et, en réponse à une question, l’une d’elles répondait sans cesse « J’ai fait ceci… », « Je peux faire cela… », pendant que son associée restait là, comme si elle ne comptait pour rien.

Il est fort probable que la femme qui utilisait le pronom personnel de la première personne du singulier, « je », soit effectivement la seule propriétaire de leur entreprise, ou du moins celle qui se trouve au sommet de la hiérarchie.

Mais si c’est le cas, à quoi bon amener l’autre personne? Je vois quelque chose de semblable, beaucoup trop souvent, quand je magasine chez des détaillants locaux. Quand je demande à quelqu’un s’il a un article en particulier, on me répond parfois « J’en ai en arrière » ou « J’en reçois la semaine prochaine. »

Si la personne qui dit cela est propriétaire du magasin, je le comprends très bien, mais quand ça vient d’un adolescent dans une grande surface, je pense qu’on peut affirmer sans se tromper qu’il n’est pas propriétaire de l’endroit, et que l’article dont je parle n’est donc « à lui » d’aucune façon.

Dans le contexte d’une entreprise familiale, cela peut aussi être assez délicat. Si maman ou papa a lancé l’entreprise sans les enfants, on peut certainement leur pardonner de continuer à dire « je » plutôt que « nous ». Mais qu’est-ce qu’ils y gagnent?

C’est peut-être culturel, mais pour moi, cela sent une certaine forme de gratification de l’ego et le désir de se donner de l’importance. Mais encore une fois, qu’est-ce qu’on y gagne?

J’ose dire que dans la plupart des contextes, un client se sentirait plus rassuré de savoir qu’il fait affaire avec une entreprise composée de plusieurs personnes qui tiennent toutes à bien le servir, plutôt qu’avec une seule, surtout si cette personne n’est pas « le patron ».

Revenons au scénario familial : papa continue de dire « je » même quand les enfants ont assumé des rôles importants, ce n’est pas grave, non? Eh bien, pensez-y du point de vue de ces enfants : comment se sentent-ils? Au début, ce n’est pas vraiment un problème, mais qu’en est-il après 5 ans, ou 15, ou 25?

Pour illustrer, permettez-moi de vous raconter une histoire sur une question connexe : la façon dont les enfants appellent leurs parents. Enfant, j’appelais mon père « Daddy » (papounet). C’est bien quand on a 8 ans, mais à 28 ou à 38 ans, ça sonne plutôt enfantin. J’avais honte d’utiliser ce terme, alors je trouvais toujours un moyen d’éviter de l’appeler de quelque façon que ce soit. Après toutes ces années, passer à « Dad » (papa) ne me semblait pas naturel.

Avec mes propres enfants, je les ai laissés m’appeler « Daddy » pendant les deux ou trois premières années, puis j’ai insisté pour qu’ils m’appellent « Dad », et c’est ce qu’ils font depuis. (D’accord, j’avoue qu’ils m’appellent parfois Stevo, mais jamais Daddy)

Les vieilles habitudes sont difficiles à perdre, mais on peut s’en défaire. Il faut d’abord reconnaître qu’un changement est nécessaire, puis insister pour que ce changement soit fait. Ensuite, à force de répétition, et encore de répétition, le changement peut devenir permanent.

L’autre chose à souligner, c’est que plus vous commencez tôt, plus c’est facile.

Les mots précis que nous utilisons sont souvent plus importants que nous le pensons, et quand vous passez au « nous » plutôt qu’au « je », il s’agit rarement d’un simple changement de vocabulaire.

Le changement d’attitude qui accompagne le changement de vocabulaire est encore plus important. Et n’oubliez pas, il peut venir avant OU après.

Eh oui, vous pouvez changer d’attitude et décider de changer les mots que vous utilisez, OU vous pouvez changer les mots que vous utilisez, et votre attitude finira par changer elle aussi. Essayez-le.

Steve Legler « comprend » les familles en affaires.
 
Il comprend les enjeux auxquels les familles font face, ainsi que la façon dont chaque membre de la famille voit les choses selon son propre point de vue.
 
Il se spécialise dans l’accompagnement des familles en affaires à travers les zones délicates où la famille et l’entreprise se chevauchent, en écoutant les préoccupations et les idées de chacun. Il aide ensuite la famille à travailler ensemble pour combler les écarts en bâtissant des objectifs communs, fondés sur ses valeurs et sa vision partagées.
 
Son parcours en entreprise familiale, son expérience à la tête de son propre bureau familial (family office), ainsi que ses études et sa formation en coaching, en facilitation et en médiation, font de lui la personne tout indiquée pour conseiller les familles en affaires et les familles fortunées.
 
Il est l’auteur de Shift your Family Business (2014), il a obtenu son MBA de la Richard Ivey School of Business (UWO, 1991), il est titulaire du titre de CFA (CFA Institute, 2002), Family Enterprise Advisor (IFEA 2014), et il a reçu les accréditations ACFBA et CFWA (Family Firm Institute 2014-2015).
 
Il est fier de sa capacité à aider les familles à créer l’harmonie dont elles ont besoin pour soutenir l’héritage qu’elles souhaitent laisser. Pour savoir comment, commencez par vous abonner à son infolettre mensuelle et à ses billets de blogue hebdomadaires ici.

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