Dans le blogue de la semaine dernière, j’ai mentionné que j’allais bientôt assister à un atelier sur « Composer avec les personnes difficiles ». Je me suis attardé à la question de savoir si ce sont les personnes qui sont difficiles, ou simplement leurs situations, ainsi qu’à la sagesse d’essayer d’éviter indéfiniment les difficultés, dans l’espoir que les choses s’améliorent d’elles-mêmes.
Cette semaine, j’étais à Toronto pour l’atelier, et il m’a fourni beaucoup d’excellents outils et d’idées que je vais certainement mettre à profit. L’une des leçons mémorables que j’en retiens est une chose qui était non seulement inattendue, mais, après l’avoir notée, je ne me souvenais même plus de ce qui avait amené l’animatrice à l’ajouter au tableau à feuilles mobiles au départ.
Ce dont je me souviens, c’est qu’au cours du retour sur un jeu de rôle que nous venions de faire, elle a écrit les mots « Courage et dignité » au gros marqueur noir. Quelque chose m’a poussé à noter ces mots sur la page que j’avais créée dans mon cartable pour les idées importantes dont je voulais me souvenir à l’avenir.
Nous avions travaillé sur l’idée qu’avant d’entamer une discussion qui risque d’être difficile, c’est habituellement une bonne idée de se préparer un peu. Quel est l’objectif, quelles émotions pourraient être suscitées, y a-t-il des enjeux d’identité qui pourraient entrer en jeu, ce genre de choses.
Mon point de vue était que, même s’il était certainement judicieux de se préparer, arriver avec une longue liste d’idées n’était pas la meilleure approche pour moi. À mon sens, résumer la préparation en quelques mots était une meilleure façon de guider mon approche.
Le mot qui m’a frappé était « courage ». Combien de fois vous êtes-vous trouvé dans une situation où votre cerveau savait qu’il y avait quelque chose d’important à aborder, mais où vous ne pouviez pas vous résoudre à prononcer les mots nécessaires pour mettre la question au grand jour?
Ma première leçon a donc été de me rappeler de trouver le courage nécessaire pour vraiment mettre les questions difficiles sur la table.
Et qu’en est-il de la dignité?
Quand nous soulevons des sujets difficiles, souvent, quelqu’un se retrouve sur la défensive. Nous voulons probablement éviter cela, ce qui explique sans doute pourquoi le sujet est resté si longtemps sans être abordé.
Mais tout comme il est possible d’être en désaccord sans être désagréable, il est possible d’avoir une discussion mature, sur à peu près n’importe quel sujet, en veillant à ce que chacun reparte avec sa dignité intacte.
Qu’est-ce que je veux dire par garder sa dignité intacte? Les gens n’aiment généralement pas avoir l’impression d’avoir été attaqués, et ils se sentent rarement bien lorsqu’ils ont l’impression d’avoir perdu quelque chose.
Il faut éviter à tout prix les attaques personnelles, tout comme les situations gagnant-perdant. Il faut une certaine maturité émotionnelle pour faire les choses de façon que tout le monde puisse sortir d’une discussion difficile la tête haute, mais c’est possible.
Dans une famille en affaires, les personnes qui doivent discuter de questions délicates sont souvent des proches, et elles appartiennent parfois à des générations différentes. Cette combinaison de familiarité et de hiérarchie intégrée peut rendre ces discussions très délicates.
Croyez-moi quand je dis que je comprends parfaitement pourquoi il est difficile pour le fiston de dire à papa qu’il faut apporter certains changements. Je suis passé par là.
Mais si le fiston arrive à trouver le courage et qu’il reste attentif à la dignité de papa, il a beaucoup plus de chances de réussir.
Et s’il n’y arrive pas seul, il devrait demander l’aide d’autres personnes, que ce soit au sein de la famille ou de l’extérieur.
Entrez avec courage, et veillez à ce que chacun reparte avec sa dignité. Bonne chance.