Récemment, en déjeunant avec une collègue coach, je lui ai appris que j’étais inscrit à un atelier à venir intitulé « Composer avec les personnes difficiles ».
Elle était presque consternée qu’à notre époque, une organisation utilise le terme « personnes difficiles » dans le titre d’un cours qu’elle offre. « Hum », me suis-je dit, elle a peut-être raison. Une fois qu’une personne est étiquetée comme « difficile », bon nombre de ses problèmes deviennent souvent encore plus difficiles à surmonter à cause de ce terme.
Peut-être que le nom du cours n’a pas évolué avec le temps, ou peut-être qu’un terme plus politiquement correct n’attirerait pas autant de participants, mais le sujet des personnes difficiles, des situations difficiles et des conversations difficiles me préoccupe beaucoup ces derniers temps.
Parfois, nous dépensons beaucoup d’énergie à faire tout ce que nous pouvons pour éviter d’aborder des sujets qui nous mettent mal à l’aise. D’autres fois, nous sommes à l’aise avec une question, mais nous craignons que la personne à qui nous voulons transmettre un message le prenne mal, et il est donc plus facile de l’éviter.
Si quelqu’un a vraiment besoin de comprendre quelque chose d’important, mais que personne n’est prêt à l’aider à ouvrir les yeux, ou à l’aider à se voir comme les autres le voient, est-il vraiment préférable de continuer comme si de rien n’était et de ne pas essayer de l’aider, simplement parce que cela pourrait être difficile?
Lorsqu’il s’agit de communiquer avec les autres sur des sujets délicats, la plupart d’entre nous ont déjà entendu l’expression « on peut être en désaccord sans être désagréable ». Je parle à peu près de la même chose ici.
Je dis souvent à mes enfants que ce que l’on dit est important, mais que la FAÇON de le dire l’est encore plus.
Aborder des sujets difficiles exige du tact, de la maturité émotionnelle, de l’empathie et la capacité d’écouter les gens sans les juger.
Dans un contexte d’entreprise familiale, ce genre de scénario se répète sans cesse. Et parce que les membres de la famille ont tellement d’histoire commune, bien des choses sont traînées comme des bagages en trop, beaucoup trop longtemps.
Parfois, les situations s’enveniment et, au bout du compte, une conversation difficile ne peut plus être évitée. C’est généralement seulement après que cette discussion a eu lieu que de réels progrès peuvent se produire. Les membres de la famille se rappellent parfois, avec le recul, que la confrontation difficile qu’ils essayaient d’éviter était en fait la clé pour aller de l’avant.
Donc, non seulement éviter les difficultés n’est pas toujours facile, mais ce n’est pas toujours recommandé. Il faut parfois du courage pour entamer des discussions qui doivent avoir lieu, mais ce courage est souvent récompensé.
Un regard neuf et objectif peut être tellement utile pour la personne qui doit apporter certains changements, mais qui n’a pas vu l’urgence d’agir.
Personne n’est « difficile » en soi. Chacun mérite la chance de donner le meilleur de lui-même, surtout dans une entreprise familiale.
L’un des plus grands obstacles au bonheur dans les familles en affaires est une mauvaise communication, qui entraîne de la confusion quant aux rôles, de l’ambiguïté au sujet des objectifs futurs et des suppositions que chacun fait sur la place qu’il occupe, maintenant et à l’avenir.
Clarifier ces choses passe par la communication, et une grande partie de cette communication prend la forme de conversations, et ce sont souvent des conversations difficiles.
Mais plus on repousse ces conversations difficiles, plus la confusion, l’ambiguïté et les fausses suppositions s’enracinent, et vous risquez alors que certains membres de la famille deviennent des « personnes difficiles ».
Les gens ne sont pas difficiles. Les situations peuvent l’être. Changez les étiquettes, regardez les choses de façon réaliste, amorcez les conversations en douceur, écoutez les autres sans les juger, et allez de l’avant.
Personne n’a jamais dit que ce serait facile.