Ma famille et moi revenons tout juste de ma ville américaine préférée, Chicago, où nous avons passé 72 heures effrénées qu’on appellera désormais le « voyage des 50 ans de papa », même si mon anniversaire avait eu lieu quelques jours avant notre départ.
Nous avons fait tous les arrêts, du Navy Pier au zoo de Lincoln Park, de la visite architecturale sur la rivière Chicago à l’observatoire de la John Hancock Tower, et nous sommes même allés au Soldier Field pour un match préparatoire des Bears le vendredi soir. Et bien sûr, nous avons goûté à la pizza à croûte épaisse de Chicago.
Mais ce que je n’oublierai pas de sitôt, c’est le match des Cubs au Wrigley Field, que nous avons regardé du Skybox on Sheffield, l’un des nombreux endroits apparus ces dernières années de l’autre côté de la rue du stade où les Cubs jouent leurs matchs à domicile.
J’avais toujours dit : « Un jour, je veux voir un match d’un de ces endroits », alors ce voyage est devenu « un jour ». Le match n’a toutefois pas été mémorable pour ce qui s’est passé sur le terrain, les Rays de Tampa ayant gagné 4-0. Il a été mémorable à cause des conversations que j’ai eues avec ma fille de 13 ans.
J’assiste à beaucoup d’événements sportifs, surtout avec mon fils, et seulement à l’occasion avec elle. Elle n’avait jamais vu de baseball en personne et m’a demandé de le lui expliquer. « Génial », me suis-je dit, « ça devrait être amusant ».
La première chose qui m’a frappé, c’est que la terminologie peut être assez déroutante pour ceux qui n’en connaissent pas les nuances. Pour elle, des mots comme « lancer » et « tirer » étaient interchangeables, et quiconque attrapait une balle était un « receveur », plutôt qu’un joueur de champ.
Exactement comme dans l’entreprise familiale, me suis-je dit, où la planification de la relève et le leadership peuvent devenir déroutants pour différentes personnes occupant différents postes et ayant différents niveaux de « connaissances d’initié ».
Pendant que j’expliquais les quatre balles pour un but sur balles, trois prises et t’es retiré, etc., je me suis aussi rendu compte que chacun a une capacité limitée à absorber de nouvelles informations d’un seul coup. Après quelques manches, les explications sont devenues moins fréquentes.
La prochaine fois que nous regarderons un match de baseball à la télé, je sais que je pourrai lui en expliquer un peu plus, puisque ce que je l’ai aidée à apprendre samedi aura fait son chemin et formé une base (sans jeu de mots), et nous aurons quelque chose sur quoi bâtir, petit à petit.
Une étape à la fois est habituellement ma façon préférée de faire les choses, et quand vous faites participer davantage votre famille à vos affaires, ou que vous la mettez au courant de la façon dont vous dirigez votre entreprise et de la place qu’occupe la famille dans le portrait, c’est généralement une bonne idée d’y aller lentement et d’ajouter de l’information avec le temps.
Le parallèle le plus important que j’ai ressenti, c’est que passer du temps avec ceux qu’on aime, en les aidant à apprendre et à comprendre quelque chose que l’on connaît et qui nous tient à cœur, est à peu près la chose la plus gratifiante à laquelle on puisse consacrer du temps.
Adolescent, j’ai joué au baseball, j’ai été entraîneur de baseball et j’ai été arbitre de baseball. Le départ des Expos pour Washington il y a dix ans m’a brisé le cœur, car j’étais un partisan et j’espérais emmener mes enfants aux matchs. Mon fils comprend le jeu, et je l’ai emmené voir des matchs au Fenway Park, au Camden Yards, à Philadelphie et à Washington, mais je sais que si nous avions encore une équipe de la MLB ici, je n’aurais pas attendu aussi longtemps pour expliquer le jeu à ma fille.
Si vous avez une entreprise familiale, n’attendez pas pour expliquer les choses à ceux que vous aimez; commencez dès qu’ils montrent de l’intérêt. Allez-y lentement, puis laissez-les décider s’ils veulent s’impliquer davantage et à quel moment, et s’il vous plaît, ne les poussez pas.
Je sais que ma fille a appris pas mal de choses sur le baseball, mais je suis à peu près certain qu’elle a préféré le concert de Katy Perry au United Center le jeudi au match des Cubs. Et j’étais heureux d’être là avec elle aussi.